Cabanon socio : l’absentéisme en entreprise (Marseille, 6 juin 2019)

Venez à notre rencontre pour ce quatrième cabanon socio autour de la thématique : l’absentéisme en entreprise.

Les cabanons socio sont des moments d’échange proposés par l’APSE à Marseille autour d’une situation concrète en entreprise, dans une ambiance conviviale et avec un nombre de participants limité, afin de confronter les pratiques, questionnements et méthodes d’intervention mobilisant la sociologie de l’entreprise.

Au cours de cette session, Jean-Michel BARDET présentera le cas de son entreprise qui ambitionne de réduire l’absentéisme au travail de son personnel.
L’objectif visé est de passer en dessous de la barre de 8 jours par an et par agent. En 2018 nous sommes à 14,1 jours.

Peut-on réduire l’absentéisme ? En quoi l’entreprise peut-elle agir sur les absences, les arrêts maladies de son personnel ?
Comment réduire l’absentéisme ? Quels sont les déterminants de l’absentéisme ? Pourquoi les salariés s’absentent-ils de leur travail ? Qu’est ce qui conduit un agent à s’absenter, à ne pas se présenter à son travail ?
Comment mobiliser les directions, les différents niveaux de management sur ce sujet ? Comment traiter ce sujet avec les partenaires sociaux ? Et avec les agents ?
Les nouveaux modèles managériaux ont-ils un impact sur l’absentéisme ? Qu’en est-il de l’influence des tendances actuelles en matière d’aménagements des espaces de travail (open space, flex office) ?

Que peut apporter la sociologie d’entreprise sur cette thématique, au plan des concepts, des méthodes et de la posture d’intervention ?

Ce cabanon sera aussi l’occasion de découvrir une méthode d’animation des échanges et de travail en groupe, basé sur un protocole proche du co-développement.

Une synthèse sera formalisée sous forme de mind-mapping.

Animation : Blaise Barbance, vice-président de l’APSE.

Jeudi 6 juin 2019 18h-20h

Ecomotiv
2 Place des Marseillaises
13001 Marseille
au pied des escaliers de la Gare St Charles
Espace coworking 1er étage

Attention le nombre de places est limité (10 personnes maxi), l’inscription en ligne est nécessaire.

Pour les prochains cabanons socio de l’APSE, si vous souhaitez proposer un sujet (problème, préoccupation, projet) sous la forme de cas d’entreprise, merci de contacter Blaise Barbance (blaise.barbance@univ-amu.fr).

Inscription en ligne :Cliquer ici

Quand les sociologues répondent à la commande : de nécessité faire vertu (Paris, 14 mai 2019)

En janvier 2017 la revue Sociologies Pratiques lançait un appel à articles sur la question : « Quelles demandes pour quelles sociologies au XXIème siècle ? ».
Cet appel s’était donné comme objectif d’apporter un éclairage sur la situation contemporaine de la sociologie et sur son rapport à la société en partant de la demande sociale et des commandes auxquelles elle peut donner lieu.
Devant l’abondance et la qualité des intentions d’articles reçues, le comité de rédaction de la revue avait décidé de leur consacrer les deux numéros à paraître en 2018.

Le premier, le numéro 36, a permis de faire un point sur la demande de sociologie en tant que telle :

  • Existe-t-elle bien ?
  • Sur quoi porte-t-elle ?
  • S’adresse-t-elle vraiment à ce qu’est la sociologie ?
  • Quels sont les différents registres de réponse mobilisés par les sociologues ?
  • Comment font-ils pour tenir leur posture professionnelle analytique face à certaines commandes (souvent instrumentales, orientées par des logiques gestionnaires ou managériales et « l’esprit de calcul ») ?
  • Ces dernières ne sont-elles pas aussi mâtinées d’une demande croissante d’explication et de compréhension ? La sociologie critique y a-t-elle encore sa place ? 

Le deuxième, le numéro 37, est plus particulièrement centré sur le traitement concret des commandes, avec ce qui peut en ressortir :

  • types de résultats,
  • pratiques et méthodes innovantes (tendant notamment à inclure de plus en plus les acteurs du terrain dans une démarche collaborative et par leur mise en réflexivité),
  • retours pour la discipline,
  • liens entre sociologues et terrains de recherche ou d’intervention (pouvant aller jusqu’à l’engagement) ainsi qu’entre sociologues et « publics » (pour la diffusion des résultats).

Le paysage qui ressort de ces deux numéros est celui d’une discipline en mutation ; à la fois plus inclusive, collaborative, pluridisciplinaire… et plus que jamais lucide sur ses fragilités.
Celui d’une discipline plus ouverte à des formes d’hybridations entre production, traduction et application du savoir ; d’alliances inédites entre acteurs dans la co-construction des interprétations sociologiques ; d’une plus grande porosité entre sociologie praticienne et sociologie académique etc.

Celui, aussi, d’une discipline qui s’expose parfois à des déconvenues et à la mauvaise conscience, quand la société se méfie des sociologues ou les renvoie à des rôles « d’acceptologues » à des fins utilitaristes, pour reprendre les mots d’un auteur. 

Face aux terrains, les sociologues innovent et donnent à voir dans ce numéro les coulisses de leurs pratiques professionnelles ordinaires et la réflexivité qui s’y exerce, autrement dit leurs compétences.
Et ils semblent innover davantage sous la pression de facteurs exogènes qu’endogènes, parfois à marche forcée, et en premier lieu sous la pression des commandes explicites (solvables) et des demandes implicites (informulées) qui leur sont adressées en ce début de 21ème siècle.
En ce qui concerne les premières, tout l’enjeu semble alors de faire de nécessité vertu pour satisfaire des attentes dont l’imprécision et l’ambivalence sont autant d’interstices pour exercer les fondamentaux de la discipline, parfois même à l’insu des commanditaires.
Les ruses de la mise en œuvre, révélées par la sociologie du guichet dans les services publics, s’appliqueraient aussi aux sociologues !
Quant aux deuxièmes, elles représentent un continent encore largement inexploré.

Avec la présence de certains des auteurs et des coordonnateurs de ces numéros, cette rencontre-débat sera l’occasion d’échanger sur la fabrique de la sociologie en mode plus ou moins contraint par des commandes aux logiques variées, et d’explorer ce que cela engendre pour la discipline.

Mais, après tout, n’est-ce pas ainsi que la discipline est en train de réinventer de nouvelles manières de faire, de plus en plus en prise avec la réalité, ni crédules ou complaisantes, ni repliées sur elles-mêmes au nom du refus total de toute compromission ?

Peut-être même un nouveau « genre sociologique » pour reprendre une expression de Sylvie Monchatre ?
Ce questionnement amène à appliquer un regard sociologique sur la sociologie en actes et à contribuer à la production d’une réflexivité sur les pratiques, qu’on peut lire comme la marque d’une forme de maturité et de professionnalisation… et une manière de s’armer intellectuellement face au défi permanent de la réceptivité du discours sociologique.

Avec la participation d’auteurs de ces deux numéros :

  • Agathe Devaux, Sociologue, Quadrant Conseil & Centre Emile Durkheim, UMR, CNRS 5116,
  • Sandrine Garcia, Sociologue, professeur en sciences de l’éducation, IREDU (Institut de Recherche sur l’Education), Université de Bourgogne, 
  • Elsa Lagier, Docteur en sociologie, chercheure associée au laboratoire DynamE (Dynamique Européennes) UMR 7367 – Université de Strasbourg,
  • Denis Salles, Directeur de recherches, (IRSTEA) Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, Bordeaux

Cette rencontre-débat sera co-animée par les coordonnateurs de ces deux numéros :

  • Laurence Ould Ferhat, Sociologue évaluatrice, ADEME et Laboratoire « Printemps » UVSQ,
  • Pascal Thobois, Sociologue intervenant et chargé d’enseignement à Sciences Po. Paris,
  • Pierre Moisset, Sociologue intervenant,
  • François Granier, Sociologue, Chercheur associé, CNRS-LISE.

Cet évènement est gratuit et ouvert à toutes et tous, mais l’inscription préalable avant le 7 mai est obligatoire, une pièce d’identité sera demandée à l’entrée.

Vous pouvez vous procurer ces deux numéros :

Pour soutenir la revue Sociologies Pratiques, l’APSE vous invite à vous abonner sur le site des Presses de Sciences Po, vous recevrez ainsi directement chez vous les prochains numéros.

mardi 14 mai 2019 de 18h30 à 20h30

Université Paris III
salle 218 A (2e étage du bâtiment central)
13 rue Santeuil
75005 PARIS
Métro Censier-Daubenton ou Bus 91 Saint-Marcel Jeanne d’Arc

Attention : une pièce d’identité sera demandée à l’entrée, l’inscription préalable est obligatoire

Inscription en ligne :Cliquer ici

Prochain Socio sur Seine le 24 mai 2019 (Paris)

Socio sur Seine est un rendez-vous régulier pour discuter de manière décontractée, à l’occasion d’un déjeuner en bord de Seine, autour de la sociologie en entreprise.

Socio sur Seine

L’occasion d’échanger et de découvrir d’autres personnes intéressées par l’utilisation de la sociologie dans le monde professionnel.

Venez à notre rencontre et parlez de ce qui vous tient à coeur : vos projets, vos interrogations, vos lectures, vos chantiers d’intervention, votre pratique de la sociologie dans votre environnement professionnel… dans une ambiance conviviale et dans un lieu favorisant des rencontres ouvertes et dynamiques.

Une bonne occasion également pour tisser des liens professionnels avec d’autres adhérents et sympathisants de l’APSE !

L’inscription est obligatoire et les places limitées pour favoriser la convivialité lors du repas.

Après votre inscription, nous vous recontacterons par mail pour vous indiquer le lieu de RDV dans un restaurant du bord de Seine à Paris.

L’évènement est gratuit, chacun paie son repas auprès du restaurateur qui nous accueille (selon la consommation, compter de 15 à 25 euros par personne).

Inscription en ligne :Cliquer ici

Le tour de France de l’APSE reprend… si vous nous aidez un peu !

En 2018, en préparation des 20 ans de l’association, nous avions commencé un tour de France de l’APSE pour aller à la rencontre de nos adhérents et sympathisants.

Notre récente enquête en ligne montre que beaucoup d’entre vous souhaitez voir l’APSE organiser plus régulièrement des activités en régions… nous avons donc décidé de reprendre ce tour de France, pour tisser de nouveaux liens.

Après Toulouse, Marseille, Lyon, Grenoble, bientôt Nantes… quelle pourrait être notre prochaine étape ?

Pour cela nous avons besoin de vous !

Si vous souhaitez que nous organisions une rencontre APSE près de chez vous, contactez-nous ! Vous pourrez nous aider à trouver un lieu agréable (café, restaurant…), une date qui vous convienne, et nous nous chargeons de diffuser l’annonce sur le réseau APSE. L’occasion de rencontrer d’autres professionnels intéressés par les usages de la sociologie et des sciences sociales en entreprise. Un membre du conseil d’administration de l’APSE viendra vous épauler pour animer les premiers échanges, présenter l’APSE et nos activités. Et pourquoi pas vous aider à installer par la suite une antenne locale de l’APSE pour des évènements plus réguliers autour de la sociologie appliquée en entreprise !

Vous êtes intéressé(e) ? Ecrivez-nous en cliquant ici.

Travail libertaire et utopies concrètes (11 avril 2019, Marseille)

L’APSE est partenaire de l’Atelier de recherche Travail et Libertés (ArTLib) à l’IMéRA (Université Aix-Marseille). ArTLib est un groupe interdisciplinaire et international qui vise à discuter et diffuser d’une façon innovante des idées et des pratiques liées aux transformations profondes engendrées par le travail contemporain dans la sphère des libertés personnelles et collectives des individus.

A l’occasion du cycle de conférences “Travail et Libertés aujourd’hui”, ArTLib organise sa seconde session publique d’échanges autour des travaux de Michel Lallement, sociologue (CNAM, Paris), auteur de L’Âge du faire, Hacking, travail, anarchie (2015) et coauteur de Makers – Enquête sur les laboratoires du changement social (2018).

Aux marges du système économique dominant, des utopistes bricolent depuis longtemps des formes alternatives de travail, dont l’ambition est d’émanciper ceux qui les pratiquent des dominations de toutes sortes. En opérant une plongée anthropologique au cœur d’expérimentations sociales concrètes d’hier et aujourd’hui, en France et aux États-Unis, il s’agira de brosser le tableau de ce que l’on pourrait nommer un «travail libertaire», de repérer les promesses dont celui-ci est porteur et d’évoquer quelques interrogations pour notre futur que celui-ci suscite.

Venez nombreux échanger le jeudi 11 avril, 17h30, à l’IMéRA, Maison des Astronomes – 2 place Le Verrier, 13004 MARSEILLE.

La conférence est ouverte à toutes et tous, sans inscription préalable.

Dialogue(s) en entreprise – Retour sur la rencontre du 7 février 2019

C’est le 7 février dernier qu’a eu lieu un après-midi de rencontre-débat dans le cadre du cycle de rencontres de l’APSE sur le thème du dialogue en entreprise.

Construite autour de deux témoignages suivis de discussions en petits groupes puis de mise en commun et débat en plénière, cette rencontre a proposé d’interroger l’émergence de nouvelles formes de dialogue au travail. Dans cette perspective, une quarantaine de personnes – principalement consultants et acteurs du monde l’entreprise – ont pris le temps, de 14h à 18h, pour des échanges et des discussions nourris tant par les témoignages que par l’expérience de chacun.

Dans un contexte d’incertitude généralisée et de changement permanent et en accélération quelle place peut être faite en entreprise à la mise en commun de sens qui caractérise le dialogue ? Quel rôle peut jouer la sociologie de l’entreprise et d’autres approches en sciences humaines et sociales pour des dialogues qui soient une ressource stratégique adaptée aux transformations contemporaines ?

Le premier témoignage, par Catherine Boucher, intervenante Cyrcée, et Claire Rueff-Escoubes, intervenante Agasp, a porté sur la mise en place dans le département d’un grand groupe du secteur assurances d’un dispositif méthodologique d’expression et de concertation. Visant à développer la qualité de vie au travail, le dispositif s’appuie sur les travaux de Gérard Mendel en psycho-sociologie.

Le 2nd a porté sur une action collective de développement du leadership dans un département d’un grand organisme de recherche publique. Les témoins, chercheurs de ce département, étaient May Balabane – Parent du Châtelet, à l’époque co-conceptrice/animatrice de cette action basée sur les concepts et méthodes de la sociologie de l’entreprise et Guy Richard, à l’époque chef du département.

Les réflexions en groupes animés par des membres du conseil d’administration de l’association et les échanges en plénière ont mis en exergue quelques-unes des dimensions d’un dialogue qui loin de toute banalisation de la parole et de l’échange pourrait constituer une ressource stratégique dans l’entreprise.

« Le temps, le temps, le temps et rien d’autre ! ». Le temps d’un tel dialogue est aussi un temps pour élaborer, concrètement, conjointement, au plus près de l’activité et du travail réels.

Comment créer les conditions pour que la parole soit possible ? C’est cette question qui s’invite au cœur de la problématique. Des garants bien identifiés d’une règle du jeu explicite et partagée, une direction engagée à répondre à ce qui ressort du dialogue, la conscience de scènes où l’on est dans la parole et de scènes où l’on donne à voir ce qui s’élabore par le dialogue : autant d’incontournables. Le rôle des méthodologies d’intervention apparaît central.

Ouvrir par le dialogue un espace de partage et de débat, malgré les dissonances et surtout avec elles, s’aborde différemment selon les identités collectives. Le choix de méthode est contexte-dépendant.

Que le dialogue s’initie dans un cas sur fond de crise et dans l’autre à partir d’une envie de progresser, le renvoi d’image sur les deux témoignages est qu’il y a bien un « avant » et un « après ».

Sans tension, pas d’enjeux ! Dialoguer pour retrouver du pouvoir d’agir ? Pouvoir se protéger si la représentation du dialogue est celle d’une injonction à discuter ? Cette ouverture du champ en forme de dilemme a émergé vers la fin de notre rencontre. Elle nous semble ouvrir la voie à des réflexions et rencontres futures intéressant la sociologie de l’entreprise dans le contexte de notre XXIème siècle commun.

Cette rencontre était animée par May Balabane - Parent du Châtelet, vice-présidente de l’APSE, et Grégory
Lévis, président de l’association. Le groupe d’organisation du cycle de rencontres-débats de l’APSE sur le
dialogue en entreprise - réalisé en partenariat avec CELSA-Sorbonne Université et Nonfiction - comprend
également Catherine Boucher, intervenante à Cyrcée Consulting, Danièle Cerland-Kamelgarn, vice-présidente de
l'APSE, Elisabeth Grosse, consultante en organisation du travail, et Olivia Foli, maîtresse de conférences au
CELSA-Sorbonne université.

Retour sur la conférence-débat à propos de l’expérience Lip

La conférence de Guillaume Gourgues, maître de conférences à l’Université de Franche Comté, sur “l’expérience Lip” s’est déroulée à Marseille le 21 mars en présence d’une quarantaine de participants.

Sur la base de documents d’archives et d’une connaissance intime du terrain avec de très nombreuses anecdotes, c’est un exemple d’analyse sociologique et politique du milieu des ouvriers catholiques, de la CFDT et du PSU au travers d’une expérience où l’activité économique est mise au service de l’emploi, et non l’inverse.

L’ouvrage montre que face à une proposition syndicale qui pose les bases d’une reprise de l’activité économique “gestionnaire”, bien loin du folklore de l’auto-gestion ou du modèle coopératif, 3 types d’acteurs ont “tué” Lip : le patronat qui développe les prescriptions libérales, l’Etat incapable de contrecarrer les naufrages industriels, et les actionnaires de l’industrie horlogère suisse adeptes d’un capitalisme froid et autoritaire.

Aujourd’hui, ce type d’initiative pourrait retrouver une actualité car les conditions de reprise d’activité avec le soutien des organisations syndicales offrent une vraie perspective d’action et de réflexion sur les rapports entre capital et travail, bien au-delà d’une nostalgie un peu triste du passé.

Guillaume Gourgues nous a transmis, par sa verve et son enthousiasme, une véritable énergie pour voir les choses autrement.

Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution

Camille Lévy, sociologue doctorante à l’Irisso (Paris Dauphine) et au Laboratoire Sense (Orange) a présenté ses travaux d’enquête sur l’utilisation du big data dans les RH.

Grâce à une cinquantaine d’entretiens et à ses nombreuses observations du travail, elle met en évidence les 3 dimensions du sujet : technologiques, analytiques et mythologiques.

Décalage entre promesses et possibilités techniques, substitution de données réelles et exactes par celles déclarés via les réseaux sociaux, valorisation de normes de carrière en vigueur et dépendance des modes managériales, appauvrissement du vocabulaire, génération d’inégalités, manque d’interfaçage des données RH, dispersion des outils et manque de budget… les limites du big data RH sont nombreuses et contredisent les discours qui mettent en avant la neutralité et l’objectivité de ces instruments présentés (à tort pour l’instant) comme prédictifs.

Merci à tous les participant(e)s de la qualité des questions et du débat qui a suivi, et où le rôle de Pole Emploi et de Parcours Sup a été abordé.

Aidez-nous à mieux vous connaître !

L’APSE a 20 ans ! Et si vous nous en disiez un peu plus sur vous ?

A l’occasion de l’assemblée générale exceptionnelle qui aura lieu le 19 janvier prochain (n’oubliez pas de venir nombreuses et nombreux ! cliquez ici pour vous inscrire), nous nous proposons de réfléchir ensemble à une actualisation de notre projet associatif, pour imaginer les orientations, activités et identifier les thématiques qui intéressent les différents publics qui fréquentent de près ou de plus loin l’APSE.

Pour aider à la réflexion, nous avons besoin de mieux vous connaître.
Pourquoi vous intéressez-vous à la sociologie de l’entreprise et de manière plus générale aux sciences sociales dans les univers professionnels ? Avez-vous été formé à la sociologie ? Comment et où ? Pour quelle(s) pratique(s) ? Comment l’APSE peut-elle répondre à vos attentes ?

Remplir ce questionnaire devrait vous prendre environ 10 à 15 minutes, et nous sera très utile !

Les réponses sont anonymes.

Si vous souhaitez par ailleurs vous impliquer dans l’association d’une manière ou d’une autre, à Paris mais aussi en régions, n’hésitez pas à vous faire connaître => contact@apse-asso.fr Merci par avance de votre participation !

Je réponds au questionnaire en ligne en cliquant ici

Dialogue(s) en entreprise – Quelles pistes émergentes ?

jeudi 7 février 2019 de 14h à 18h
A Paris (le lieu sera précisé ultérieurement aux participants, en fonction du nombre d’inscrits)

Notre contexte contemporain d’incertitude généralisée, d’accélération et de changement permanent donne lieu à un besoin criant de dialogue sur où l’on veut aller ensemble et comment s’ajuster collectivement pour avancer.
Cependant les travaux empiriques notamment en sociologie montrent que le dialogue sur les « vrais sujets » est rarement au rendez-vous dans l’entreprise. « On parle… mais de quoi on parle ? » est une remontée des terrains d’enquête qui revient en boucle.

En 2017, l’AFCI publiait en partenariat avec l’APSE un livre blanc sur la parole au travail, suite à une série d’entretiens réalisés dans différents environnements professionnels.
Les contributeurs pointaient en particulier l’omniprésence du numérique et des outils dits collaboratifs qui paradoxalement rendent les échanges plus rares par manque de temps et par défaut d’interactions directes.
Dans le même temps, la banalisation des dispositifs d’expression semble jouer un rôle important dans la standardisation des échanges, passés au crible des normes de relation des dispositifs eux-mêmes.
Au total alors, quelle est la place qui peut être faite à la mise en commun de sens qui caractérise le dialogue ? De cette dernière, l’étymologie du mot rend pourtant si bien compte : à travers (dia) le discours (logos). 

S’intéresser de manière précise au dialogue en entreprise devient ainsi un enjeu primordial.
Le présent cycle de rencontres-débats de l’APSE cherche à l’explorer en questionnant sa réalité, ses limites et ses freins, en observant les formes de dialogue en présence, et en identifiant de nouvelles, en émergence.

Après un « café socio » entre adhérents, deux rencontres ont eu lieu autour de travaux de recherche.

Avec Agnès Vandevelde-Rougalde et Michel Feynie, c’est le rôle du langage dans le dialogue en entreprise qui a été questionné. Quels sont les effets de l’émergence d’une « novlangue » managériale, de « mots qui ne collent pas aux choses », sur le développement d’un dialogue empêché en entreprise ?

Marie-Anne Dujarier quant à elle s’est penchée sur l’activité qui serait de plus en plus pensée à distance de ceux qui la vivent, à travers des dispositifs standardisés, et l’action de « planneurs » qui mettent à distance les logiques de métiers et les savoir-faire pratiques au profit de « rapport social sans relation » et de « management désincarné » où le dialogue n’a simplement plus d’intérêt puisqu’il embarrasserait la tâche de rationalisation et les changements successifs et accélérés.
C’est au total la question du pourquoi qui apparaît évacuée, les dispositifs portant surtout sur eux-mêmes.
Au-delà d’une simple banalisation du dialogue il nous semble que c’est d’une forme de fausse participation, de destruction de l’envie et de la capacité de dialogue qu’il s’agirait. Le cercle, vicieux, peut bien alors se refermer…

Pour le quatrième moment de ce cycle, l’APSE propose d’ouvrir la réflexion pour questionner l’émergence de nouvelles formes de dialogue au travail.
Quel peut être l’apport spécifique de la sociologie de l’entreprise dans sa double dimension théorique et pratique, mais aussi d’autres d’approches en sciences sociales, pour sortir de la banalisation du dialogue dans l’entreprise et en faire, bien au contraire, une ressource stratégique adaptée aux transformations contemporaines et contributive de nouvelles dynamiques de développement social ?

Concrètement, cette rencontre s’articulera dans un premier temps autour de deux témoignages sur des formes émergentes de dialogue en entreprise :

Un premier témoignage portera sur la mise en place d’un dispositif méthodologique d’expression et de concertation (D.I.R.E.C.T), pour développer la qualité de vie au travail, et par là même la qualité du service, dans le département d’un grand groupe du secteur assurances.
Il apportera des éclairages sur une démarche rigoureuse, construite autour d’échanges collectifs, qui jette un pont entre expression et action.
Ce dispositif cherche à développer la capacité à élaborer collectivement à tous les niveaux hiérarchiques une réflexion sur son travail et à dialoguer en trouvant ensemble des réponses.
Il s’appuie sur les travaux théoriques de Gérard Mendel qui montrent que des effets opposés apparaissent en fonction du pouvoir que le sujet a ou non sur ses actes : démotivation et souffrance quand le pouvoir est empêché, plaisir et créativité quand les sujets se le réapproprient.
Ce témoignage sera porté par Catherine Boucher (intervenante, Cyrcée) et Claire Rueff-Escoubes (intervenante Agasp, collectif de recherche fondé par Gérard Mendel)

Un deuxième témoignage portera sur une action collective de développement du leadership à l’échelle d’un département de recherche dans un grand organisme de recherche publique.
Reposant sur un diagnostic sociologique, l’action s’est construite en une réflexion collective et contextualisée sur la notion de leadership, aussi fréquemment utilisée dans le contexte de la recherche que peu travaillée.
Un dialogue dans la durée, systémique et décloisonné, en a émergé au sein du collectif, sur des sujets à forts enjeux tant scientifiques que professionnels et institutionnels.
Ce témoignage sera porté par May Balabane – Parent du Châtelet (précédemment chercheure à l’Inra en charge d’une mission d’accompagnement de la recherche) et Guy Richard (Directeur de la DEPE – Délégation à l’Expertise scientifique collective, à la Prospective et aux Études – à l’Inra ; précédemment chef de département de recherche à l’Inra).

Nous proposerons ensuite des discussions en petits groupes de participants puis en plénière, nourris tant par ces témoignages que par l’expérience de chacun.

Cette rencontre sera animée par May Balabane – Parent du Châtelet (Vice-présidente de l’APSE), Grégory Lévis (Président de l’APSE), Olivia Foli (Maîtresse de conférences, CELSA-Sorbonne université), Catherine Boucher (intervenante, Cyrcée) et Danièle Cerland-Kamelgarn (Vice-présidente de l’APSE).

Ce cycle de rencontres APSE est réalisé en partenariat avec le CELSA-Sorbonne Université et Nonfiction.

Inscription en ligne : Cliquer ici