De l’innovation technologique à la transformation sociale / Journées du Risque (Nantes, 11/12 septembre 2018)

L’APSE est partenaire des Journées du Risque 2018

ESCALES AUTOUR DU NUMÉRIQUE
De l’innovation technologique à la transformation sociale

11 & 12 septembre 2018 à la Cité des Congrès de Nantes

Les Journées du Risque organisées dans le cadre de la Chaire RITE visent à initier des débats interdisciplinaires sur la mesure du risque, ses représentations sociales et les processus de régulation et de décision.

Chercheurs et industriels sont conviés à présenter leurs recherches et faire part des problématiques auxquelles sont confrontées leurs entreprises dans un contexte de transformation du monde du travail.

Les Journées seront organisées sous la forme de 7 Escales :

Escale 1 : Industrie du futur : un nouveau monde industriel ? Innovations technologiques et nouveaux modes de production
Escale 2 : Les Organisations à l’ère du numérique
Escale 3 : Le travail à l’ère du numérique
Escale 4 : Numérique et habitat (Recherche-Action menée auprès de 6 organismes d’habitat social)
Escale 5 : Transition industrielle et enjeux éthiques de la “nouvelle économie”
Escale 6 : De la donnée à la connaissance : Big Data et Intelligence Artificielle
Escale 7 : Société de demain : Compétences et nouveaux métiers

Le colloque s’inscrit en préambule de la Nantes Digital Week

Programme détaillé et modalités d’inscription disponibles sur le site des Journées du Risque 2018.

Appel à communications – 28ème Congrès AGRH

28ème Congrès AGRH
du 11 au 13 octobre 2017 à Aix-en-Provence

Le thème du 28ème congrès de l’AGRH (Association Francophone de Gestion des Ressources Humaines), « GRH et alternatives », invite à analyser ou à inventer une GRH renouvelée.
Afin d’alimenter la réflexion, le 28ème congrès de l’AGRH invite les chercheurs et praticiens à éclairer les questions suivantes :

  • Quels modèles et pratiques de GRH observe-t-on dans les organisations alternatives ?
  • Quelles innovations en matière de GRH observe-t-on dans les organisations privées et publiques plus « classiques » ?
  • Le développement d’une GRH alternative, ouverte à ses parties prenantes externes et à son territoire, soutenable socialement et humainement, pourrait-elle passer par de nouveaux outils et dispositifs de gestion, et lesquels le cas échéant (observatoires sociaux, espaces de dialogue, etc.) ?
  • Existe-il d’autres façons pour gérer l’Homme au travail que la GRH ? Faut-il libérer les entreprises et les travailleurs de la GRH ?
  • Le recours aux comparaisons internationales ou aux études historiques peut-il fournir des pistes pour réinventer la GRH ici et maintenant ?
  • Qu’en est-il de la GRH dans les réseaux d’entreprises qui comptent de nombreuses organisations sous-traitantes, parfois délocalisées, et toujours dans un rapport de soumission très fort vis-à-vis de leur(s) donneur(s) d’ordre ?
  • Quelle GRH pour des travailleurs qui sont dans des relations d’emploi « alternatives » par rapport à la norme juridique de l’emploi salarié à durée indéterminée ?

Les communications soumises pourront être de nature théorique ou articulant théorie et analyse empirique. Ces dernières doivent être basées sur différents types de dispositifs d’enquêtes et de modes d’analyse des données (étude de cas, observations, analyse de documents d’archives, recherche-action, etc.) dès lors qu’elles conjuguent pertinence et rigueur. Des approches interdisciplinaires permettant de nourrir la réflexion sur ces questions de GRH et d’alternatives sont bienvenues.

Le congrès annuel de l’AGRH est également plus largement ouvert à toutes les communications de qualité relatives à la GRH.

Date limite de dépôt des intentions : 3 février 2017.

L’appel détaillé est disponible en cliquant ici.

Le site de l’AGRH : http://www.agrh.fr

Les chercheurs et l’action : situations, collaborations et finalités

le mardi 29 novembre 2016
de 9h à 17h à la MSH Paris Nord
Maison des Sciences de l’Homme de Paris Nord
20, avenue George Sand 93210 Saint-Denis
Métro Ligne 12 – Terminus station Front Populaire


Recherches collaboratives, participatives, contributives, impliquées… : si le vocabulaire n’est pas vraiment fixé, les expériences se multiplient, donnant une nouvelle jeunesse aux recherches-actions. Souvent mal reconnues au regard des critères académiques, ces démarches répondent à un double besoin : celui des chercheurs et celui des acteurs.
D’un côté, les disciplines constituées éprouvent leurs limites face aux situations contemporaines, leurs enjeux démocratiques, et face à l’émergence de nouveaux objets et elles cherchent à les dépasser par l’interdisciplinarité et la mobilisation de partenaires non académiques.
De l’autre, les acteurs sociaux, économiques, politiques, institutionnels sont en demande d’un éclairage de recherche qui intègre et prenne en compte leur propres problématiques et objectifs.
Les limites contemporaines de l’institution académique sont également en jeu : limites avouées dans la capacité à penser des situations, limites dans la capacité à décider et à faire ; limite dans la capacité de représentation politique.

Avec la participation de Hugues BAZIN, Alain BERTHO, Patrick BRAOUEZEC, Marion CARREL, Agnès DEBOULET, Mélanie DUCLOS, Jean Michel FOURNIAU, Sylvain LAZARUS, Marc LIPINSKY, Pascal NICOLAS LE STRAT, Véronique POUPARD, Francine SAILLANT, Bernard STIEGLER, Mathieu VALDENAIRE

Inscription en ligne : http://monintranet.univ-paris13.fr/inscription/msh/

Congrès AISLF 2016 – jour #5

Nous y voilà donc, le dernier jour de ce XXème congrès de l’AISLF.

En début de matinée, une plénière “changer la sociologie” réunissant Gérard Duhaime (université de Laval), Nathalie Heinich (EHESS) et Terry Nichols Clark (université de Chicago).

Gérard Duhaime tout d’abord sur la sociologie et l’interdisciplinarité. L’élucidation des questions de plus en plus complexes requiert la contribution de plusieurs disciplines. Quelles sont les conditions suivant lesquelles l’interdisciplinarité peut conduire à résultats significatifs, au-delà de la simple juxtaposition de regards différents posés sur un même objet ? ( Dans ce contexte, quel rôle la sociologie peut-elle jouer ? L’exposé de Duhaime identifie les conditions principales de la fécondité interdisciplinaire, ainsi que les embûches qui en rendent la réalisation difficile.

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G. Duhaime : “Le défi est de répondre de manière concrète à des questions concrètes”

Et petit clin d’oeil, G. Duhaime précise qu’au Québec, à côté des Sciences de la Terre, on trouve… “les Sciences de la Glace” 😉

Puis Nathalie Heinich nous invite – de manière provocante – à sortir la sociologie de sa préhistoire. Pour Heinich, la sociologie se trouve aujourd’hui éclatée entre une multitude de propositions hétérogènes. Deux grandes lignes de clivages se dégagent :

  • une « sociologie du social », d’un haut degré de généralité mais peu ancrée dans l’empirie,
  • et une « sociologie de l’expérience », basée sur l’enquête mais d’ambition souvent restreinte ;

    et, d’autre part,

  • une sociologie “à visée normative”, ancrée davantage sur le politique,
  • et une sociologie “à visée plus descriptive”, orientée sur la production de savoir.
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“le sociologue doit dire comment est le monde pas le normer” N. Heinich

Une sociologie qui ne prendrait pas en compte l’ “expérience”, de même qu’une sociologie purement normative, appartiennent – pour Heinich – “à la préhistoire de notre discipline”. Elle défend donc une sociologie d’enquête mais associée à  une ambition théorique lui permettant des transpositions possibles à différents contextes et objets.
Enfin, pour Clark, nous vivons aujourd’hui des changements analogues à ceux qui ont eu cours au début de la révolution industrielle et de la Révolution française – des changements toutefois encore plus complexes et plus subtils. Il introduit à ce titre le concept des « scènes » pour essayer d’analyser ces changements. La scène est un concept, selon lui, plus ouvert et complexe que celui de classe, d’association, d’organisation.

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L’étude ensuite des scènes ainsi définies aide à faire ressortir de nouvelles dynamiques. Faisant l’effort de s’exprimer pour nous en français, Clark présente ses dimensions d’analyse des scènes. Il s’appuie pour cela sur  l’étude de différents quartiers en France, en Espagne, aux États-Unis, au Canada, en Corée en Chine et au Japon. Il élabore les liens entre l’évolution des scènes et la transformation des référents de valeur, de la “participation” et de leurs impacts culturels.

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Après une pause café et cake (délicieux !), et l’occasion de discuter à nouveau avec quelques nouvelles connaissances rencontrées ces derniers jours, c’est déjà la toute dernière séquence du congrès…

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Dans le grand amphi de l’université du Québec à Montréal, « Carte blanche » est donnée à Pierre Noreau, professeur à l’université de Montréal, qui s’en saisit pour développer son point de vue du défi à relever. Qu’est-ce qui rend la société possible ? Qu’est qui crée la communauté de destin ? Quelles stabilisations et régulations font processus social ? Telles sont les questions à travailler d’après lui au lieu qu’à force de ne travailler que sur la marginalité, on en vienne à n’étudier que les dysfonctionnements, et à croire que tout le reste n’existe pas. « Il faut s’intéresser à la sociologie des références car ne retenir que ce qui change sans se pencher sur ce qui se maintient donne le sentiment que la société se liquéfie ». Sans ignorer l’importance de décrire ce qui est, la sociologie pour lui se doit d’être compréhensive. Comprendre les raisons qui expliquent la stabilité, comprendre quelles sont les récurrences, sans lesquelles il n’y a pas de vie sociale, et à nouveau théoriser les rapports sociaux, car conclut-il « si on est orphelins de ce qui a fondé la sociologie, c’est la fin ».

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Et vient le moment de la clôture du congrès par les vice-recteurs des deux universités qui ont accueilli le congrès (et les congressistes, nous en témoignons !) et par les nouvelles instances élues de l’AISLF qui annoncent le prochain congrès en 2020 par un vibrant « Pourquoi irons-nous à Tunis ! ».

Mais peut-être avons-nous envie d’un petit retour en arrière pour conclure notre socio-reportage montréalais, retour au mot très bref du vice-recteur de l’Université de Montréal lors de la cérémonie de clôture, venu dire qu’il était philosophe, et qu’en tant que tel il voulait faire part de trois « généralisations hâtives et normatives » : la sociologie, la science sociale la plus ouverte aux autres ; pour les sociologues, être plus présents dans les lieux de décision ;  et sortir d’une trop grande modestie, en revendiquant leur discipline comme discipline phare !

Le congrès est terminé. Un grand merci à l’AISLF pour l’organisation remarquable et l’accueil des universités de Montréal et du Québec à Montréal. Et merci à toutes les personnes rencontrées à cette occasion pour ces échanges tout à fait précieux.

Et après ?

Après, nous nous sommes retrouvés en groupe autour d’une bière – et d’un “jus” comme dise les Québécois -, et comme nous étions en Amérique du Nord où le service n’est pas compris dans la “facture” (comprendre l’addition), nous nous sommes dits que nous étant bien préoccupés toute la semaine du pouvoir d’agir, nous allions nous laisser agréablement aller au pourboire d’agir…

Le moment de souffler - vous reconnaîtrez quelques têtes connues à l'APSE ;-)
Le moment de souffler – vous reconnaîtrez quelques têtes connues à l’APSE 😉

Voilà, il est temps pour nous de refermer ce socio-reportage 2.0, d’arrêter notre live tweet, et de laisser toutes ces rencontres – physiques et intellectuelles – se prolonger dans les mois qui viennent. Car la richesse de ce congrès donnera lieu à différentes traces et suites, aux formats différents, dont nous vous tiendrons informés. Une chose est sûre déjà : retenez votre soirée du 15 septembre 2016, pour le dîner de rentrée de l’APSE (inscriptions bientôt possibles sur le site de l’association). Il sera l’occasion d’un “retour de Montréal” où nous partagerons plus en détails ce que nous avons glané ici, et les liens – nombreux – avec le projet de l’APSE pour les trois années à venir…

Le congrès a été l’occasion d’ouvrir ce blog pour l’APSE, et vos nombreux retours positifs nous incitent à le maintenir dans la durée. Pour montrer la vie de l’APSE de l’intérieur et donner une autre dimension aux évènements organisés par l’APSE ou auxquels nous participons. Gardez donc l’adresse dans vos favoris, les mises à jour seront régulières !

Et avant de quitter Montréal, nous ne pouvions passer à côté de la spécialité locale… la poutine (sorte de frites avec de la sauce et du fromage fondu) ! Malgré l’aspect, nous avons tenté l’expérience et… c’est très bon, vous pouvez nous croire !.

Vous reprendrez bien un peu de poutine ? ;-)
Vous reprendrez bien un peu de poutine ? 😉

A bientôt !

May et Greg – pour l’APSE

Congrès AISLF 2016 – un témoignage

Martine nous envoie un témoignage “voyage et expérience” après cette semaine de congrès, que nous partageons avec vous.

Et puis un petit témoignage : 
Le congrès m'a fourni une belle occasion de faire un voyage très stimulant au sein des sciences sociales et de vivre une belle expérience. Voyager en Suisse Pologne Belgique Canada autour de faire société dans l'espace public (Cr01)  s'interroger sur les mobilités urbaines avec le Cr02, aborder la question des rhétoriques professionnelles en sociologie du travail (Cr15), convoquer la sociologie clinique (Cr19) sur le thème de la société numérique et de l'accélération ; finir en apothéose avec le Cr22 entreprise et société, avec l'entreprise, ses acteurs, la coopération face aux incertitudes... tout cela fournit de nouvelles clés de compréhension et de réflexivité permettant de déjà se projeter à la rentrée avec l'APSE.  
Et quelle belle expérience humaine, faite d'écoute, de bienveillance, de rencontres, d'ouvertures, de confiance, ce qui aide à penser plus large, à gagner en assurance pour porter les questionnements remontant des terrains.  Et merci à Greg et May pour l'animation du blog, avec brio. Vue la richesse des apports ils ont fait preuve d'un grand art de la synthèse.

Merci beaucoup Martine !!

Les "bulles" de la rue sainte Catherine, à Montréal, qui invitent à flâner et observer
Les “bulles” de la rue sainte Catherine, à Montréal, qui invitent à flâner et observer

Congrès AISLF 2016 – jour #4

Avant-dernier jour du congrès de l’AISLF.

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Installation artistique à l’entrée du grand amphithéâtre

La conférence plénière du jour est consacrée au thème “décloisonner la sociologie”. Avec deux interventions successives.

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La première est celle de Michel Grossetti (Université Toulouse Jean Jaurès – LISST) qui interpelle sur les difficultés rencontrées par la discipline sociologique (relative régression de son impact, morcellement) et sur la nécessité qu’elle aurait à s’ouvrir plus à d’autres spécialités de sciences sociales. Michel Grossetti défend une conception dans laquelle la sociologie est une composante du vaste espace des sciences sociales. Cet espace présente une cohérence due à la spécificité de ses objets d’études, des humains qui font circuler des artefacts et des significations, peuvent comprendre et discuter ce qu’écrivent les chercheurs, et ne peuvent en aucune manière faire l’objet de lois prédictives similaires à celles de la physique. Au sein de cet espace, les sociologues produisent bien sûr des analyses empiriques, le plus souvent sur les mondes contemporains, mais ils sont aussi une source importante de propositions théoriques qui peuvent être discutées avec les chercheurs des autres disciplines. Parmi ces propositions peuvent figurer en particulier des notions pour décrire les mondes sociaux. Il propose à ce titre une catégorisation des formes sociales « élémentaires » : personnes, ressources, relations, réseaux, collectifs, associée à deux échelles : masse / durée.

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Il nous invite également à utiliser cette catégorisation pour décrire l’environnement social de… Gaston Lagaffe 😉

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Puis Laurence Kaufmann (Université de Lausanne) s’interroge, à la suite de Simmel, “comment la société est-elle possible ?”. Reposer cette question, trop souvent oubliée par les sciences sociales, nous explique-t-elle, c’est se réinterroger sur les capacités cognitives et les processus sociaux qui permettent à la société de prendre forme.

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À l’heure des cloisonnements disciplinaires et de l’hyper-spécialisation que déclenche la division croissante du travail scientifique, une “sociologie intégrative” lui paraît particulièrement souhaitable. Selon L. Kaufmann, cette sociologie permettrait de combiner des mécanismes “intuitifs de bas-niveau” aussi bien que des capacités réflexives plus sophistiquées qui permettent aux êtres humains de « faire société ». Une telle entreprise « intégrative », étendrait la sociologie à de nouveaux territoires : au dévoilement des interdépendances systémiques et des structures opaques dans lesquelles les agents ordinaires sont immergés, elle rajouterait le dévoilement des processus cognitifs et émotionnels que tout un chacun met en œuvre.

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Cette présentation a donné lieu à de nombreux échanges avec la salle, complétés par un détour par des résultats issus des “neurosciences” – parfois polémiques – évoqués par L. Kaufmann en illustration. Avec quelques précautions d’usage, et l’évocation de démonstrations récentes, Michel Grossetti met en effet en garde : “je pense qu’il faut se méfier des sciences cognitives et souvent de la faiblesse de leurs résultats !”.

Le reste de notre journée est ensuite consacré à assister à des présentations et débats dans les comités de recherche.

En sociologie, la coopération est un objet central d’intérêt, à la base des questionnements des sociologues pour comprendre les sociétés et parfois agir sur celles qu’ils/elles étudient ou dans lesquelles ils/elles interviennent. Mais dans un environnement mondial traversé de crises et en mutations majeures l’intelligence des sociétés autour de la coopération, leur appréhension commune de ce concept, sont-ils à la hauteur des enjeux ? Le monde du travail a-t-il de quoi faire particulièrement sens sur ce sujet pour la société ?

C’est cette problématique que May (Balabane-Parent du Châtelet) et Martine (Le Guennec) ont posée en introduction de leur communication cet après-midi dans le cadre du CR22 « Entreprise et société ».

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Elle émane de deux cas d’intervention de chacune dans son contexte d’activité : respectivement, recherche publique et banque centrale. Les effets sociaux qu’elles en dérivent est que dans les deux cas se dévoilent des antagonismes qui mettent à mal la régulation : au grain micro dans le cas de la recherche, et macro dans celui de la banque. De ces deux mondes du travail, de ces deux échelles, leur conclusion est qu’il y a quelque chose à transposer au grain de sociétés, nombreuses, la française entre autres, où perdure une culture d’une figure qui détient la légitimité, où la légitimité est une, avec la fatalité du conflit dans un contexte qui ne sait pas trop faire avec plusieurs légitimités.
Cette compréhension leur semble pouvoir contribuer à agir dans des sociétés contemporaines que le mouvement place avec un enjeu crucial d’innover en cela qu’elle révèle deux types de freins à l’innovation : tensions de l’individualisme roi, alors que la coopération, brique essentielle de l’innovation, conduit chacun à ajuster sa liberté, son autonomie, à celle de l’autre ; et tensions de l’injonction d’innover qui vient, d’en haut, des sphères stratégiques, heurter et des fonctionnements hiérarchiques traditionnels et des modes d’interaction horizontaux, en réseau, que requiert la coopération… et l’innovation.

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Ce même Comité de Recherche a été l’occasion d’écouter Laurence Servel qui nous a présenté une réflexion sur un renouvellement nécessaire de la sociologie de l’entreprise pour intégrer de nouvelles dimensions, caractéristiques des entreprises contemporaines.  Laurence introduit en particulier la nécessité de rendre cette nouvelle sociologie de l’entreprise “combinatoire” avec les autres grandes questions sociologiques, comme l’articulation des temps sociaux par exemple, ce qui entre totalement en résonance avec les apports et réflexions des jours précédents.

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Puis Vincent Brulois (Université Paris 13, LabSic ) présente les résultats d’une enquête collective menée par l’AFCI et l’APSE autour de la question de la parole au/sur le travail, par l’intermédiaire d’un groupe de travail commun associant praticiens et universitaires. En effet, les entreprises tentent depuis peu de développer des « espaces de discussion sur le travail », s’inscrivant dans les recommandations de l’accord interprofessionnel (ANI) de juin 2013 sur la qualité de vie au travail. Dans ce contexte, il est paru intéressant à ce groupe de travail inter-associatif de prendre en compte la situation de deux acteurs (entre autres) concernés par cette dimension communicationnelle du travail : le manager de proximité et le communicant. Un paradoxe nous apparait en particulier : les communicants sont partout en entreprise… mais pas dans ces démarches… Et une question centrale émerge (le temps, toujours le temps…) : comment inscrire ces espaces dans la durée et surtout transformer l’essai pour que cela amène de vraies transformations du travail, au risque sinon de reproduire l’échec des espaces de type “lois Auroux” (en 1982) ? (même si la différence majeure réside dans le fait qu’ici il s’agit de discuter du travail et des conditions de réalisation de celui-ci, pas de la production ou de la qualité)

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Florence Osty (qu’on ne présente plus, si ? 😉 ) et Mokhtar Kaddouri (professeur en sciences de l’éducation, université de Lille 1) s’interrogent sur ce que les  praticiens font à la sociologie. Avec un questionnement double : tout d’abord, questionner les usages que les praticiens font de la sociologie dans leur pratiques professionnelles. Comment ils l’ont ou pas mobilisé, pour faire face à quelle demande sociale et pour résoudre quels types de problèmes ? ; ensuite, comment ils ont, en retour, impacté la pratique sociologique. Ce double questionnement est mené en grande partie grâce à l’analyse de contenu d’écrits et des résultats d’une interview de groupe réunissant des sociologues praticiens impliqués dans la rédaction d’un ouvrage collectif basé sur l’analyse de leur propre trajectoire.

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Gilles Crague (Ecole des Ponts-Paristech, CIRED) quant à lui présente une analyse à partir de l’ enquête nationale REPONSE. Le directeur local (d’un site, d’une usine…) est-il le décideur ? Dans un certain nombre de situations françaises récentes, les représentants des salariés ont constaté que tel n’était pas le cas, entrainant des réactions parfois spectaculaires comme des séquestrations de managers locaux. Se posait alors à eux une question pratique : celle de l’identification du décideur économique. Ces situations symptomatiques des relations professionnelles contemporaines suggèrent un questionnement plus large : quelle est la capacité de décision des directions de site d’entreprises et des managers intermédiaires ? Que font donc les managers à ces niveaux de “responsabilité”, alors que leurs fonctions sont de plus en plus distribuées entre d’autres acteurs ?

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Matthieu de Nanteuil (Université de Louvain, CriDIS-IACCHOS) se demande si la sociologie critique n’est pas passée à côté de la sociologie du travail. Si la sociologie du travail a en effet produit un nombre considérable de recherches sur le monde du travail et si l’analyse critique des rapports sociaux de travail est désormais un acquis majeur de cette discipline, la façon dont la théorie critique en sciences sociales a sous-estimé cette question continue d’étonner. Pour Matthieu, un dialogue fécond entre sociologie du travail et théorie critique devrait permettre de préciser les attentes de justice qui caractérisent le travail aujourd’hui, mais aussi les cadres organisationnels qui construisent ces attentes et contribuent à les légitimer.

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Christine Audoux (CNAM/LISE) présente une réflexion sur l’intervention sociologique en entreprise. Est-elle un mode de production de connaissances entre science et société ?  L’angle proposé est de resituer ce mode de recherche dans la pluralité des rapports de production entre science et société. La recherche intervention est revisitée à l’aune des notions de « science en société »  et de « démocratie technique ». Cette approche permet de dégager la constitution de modalités hybrides qui produisent une combinaison singulière entre production de connaissances à distance des acteurs de l’organisation et co-construction de sens et de capacités avec ces acteurs.

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Valentin Berthou (doctorant à l’UTT) nous présente une recherche sur les “living labs en santé et autonomie” (LLSA). Ces entités sont des dispositifs hybrides qui se revendiquent de l’innovation ouverte et s’appuient sur un écosystème d’acteurs afin de répondre à des problématiques rencontrées par les personnes âgées ou en perte d’autonomie. Leur but est d’accélérer le processus d’innovation et de sécuriser le développement d’un produit avant sa mise sur le marché en passant par la participation active des usagers. Dans quelle mesure ces entités sont des laboratoires représentatifs des mouvances liées à la révolution numérique et aux sociétés réticulaires (entreprise en réseau) ? Valentin s’intéresse en particulier aux dimensions temporelles et un paradoxe apparent : faire intervenir les usagers n’est-il pas une démarche chronophage dans un dispositif censé accélérer l’innovation ? Les “chocs temporels” sont en effet bien présents, et les coordinateurs doivent d’ailleurs “freiner” les processus. Où est donc réellement l’innovation ? Dans le produit ? Dans l’organisation ?

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Yanita Andonova (Paris 13, LabSic), enfin, nous présente ses intéressants résultats de recherche concernant l’impact des technologies sur le travail, en particulier l’impact sur la créativité et l’innovation dans des contraintes temporelles de plus en plus fortes (le temps et l’urgence encore, on y revient !!). Sa contribution propose de mettre en perspective les rapports entre temporalités du travail et créativité. Il s’agit de porter un regard attentif aux thématiques de l’innovation et de la créativité, tant recherchées par les entreprises. Dans un contexte de primat des relations marchandes, du “management désincarné”, de “corporate gouvernance”  et d’impératifs temporels, la référence créative est mobilisée pour “ré-enchanter” le monde du travail. A travers le management de l’innovation, les plates-formes collaboratives et autres, l’entreprise cherche à améliorer les capacités créatives de ses salariés. Elle mobilise des coachs, met en place le théâtre d’entreprise, instaure des pratiques ludiques et tente coûte que coûte d’organiser l’activité inventive, afin de maitriser le potentiel créatif humain. Le terrain d’analyse est une organisation par projet dont les spécificités sont : esprit start-up, fonctionnement collaboratif, méthodes agiles, réactivité, autonomie… tout un programme !! Une présentation qui a débouché sur de nombreuses questions !

A l’issue de la journée, le CR 22 s’est délocalisé dans le jardin pour une séance de réflexion sur les suites à donner à nos échanges. Un constat partagé : la richesse des différents apports, la complémentarité des points de vue, l’importance à la fois de la théorisation et de l’expérimentation de terrain, et l’envie de continuer à élaborer ensemble. Mais comment ? On s’est dit RDV dans 4 ans… mais non, bien avant !! Peut-être dans des activités en lien avec l’APSE ? A travers des publications communes ? Un séminaire ? Nous allons y réfléchir ! A suivre donc très bientôt… Mais tous remercient Florence (Osty) pour l’organisation de ce Comité de Recherche très dynamique et bienveillant.

Voilà, une journée à nouveau très riche et stimulante se termine… la fatigue se fait vraiment sentir, mais demain déjà, la dernière journée ici à Montréal…

A demain !

Congrès AISLF 2016 – jour #3 (suite)

C’est à « Décentrer le regard » que conviait dans la matinée de mercredi une séance plénière – qui a fait le plein – avec les interventions de Leopoldo Munera, professeur à l’université nationale de Colombie à Bogota et de Renato Ortiz, professeur à l’université de Campinas au Brésil, et l’animation de Ratiba Hadj-Moussa, professeure à l’université de York à Toronto.

La proposition par L. Munera d’un « Plurivers des savoirs » – versus l’idée, passée, du monopole de l’universel, cadre à la fin du 19e siècle de LA tradition sociologique, eurocentrée, une et unique, et socle de la discipline – ouvre aux développements de R. Ortiz vers l’affirmation argumentée – via, entre autres, Edward Saïd et le concept d’orientalisme – que « ce que l’universel exige, le local le dénie », et à sa proposition, en conclusion, des sciences sociales comme « langue avec une diversité d’accents, produits par l’histoire de cette science ».

Il faut tenir le rythme d’une semaine de congrès avec des interventions d’une telle qualité… nos 2 socio-reporters (May et Greg) s’accordent une pause dans Montréal et font la conférence buissonnière pendant quelques heures (chuuuut !!). L’occasion d’imaginer les prolongements possibles pour l’APSE, afin de réinvestir ces pistes de réflexion dans les différents ateliers et chantiers de l’association. Et imaginer pourquoi pas des évènements grâce aux différents nouveaux contacts noués.

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Contrairement aux apparences, le congrès n’est pas de tout repos ! 😉

Mais l’appel de l’UQAM et du congrès se fait de nouveau entendre… nous reprenons le chemin sous-terrain dans la fourmilière de l’université…

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Le hasard nous mène dans la salle du CR33 où il est question… des mutations du travail face au numérique ! Le hasard (?) fait donc bien les choses, puisqu’un atelier de l’APSE “travail et numérique” se réunit régulièrement depuis plusieurs mois pour préparer à partir de septembre des activités sur ce sujet central dans nos sociétés en mouvement, voilà donc une belle opportunité d’ouvrir des échanges intéressants !!

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Quatre présentations intéressantes et dynamiques.

Tout d’abord, Serge Proulx, de l’UQAM, s’interroge sur la possible politisation du digital labor / free labor , l’émergence d’entreprises “a minima” – comprendre, sans salariés – et le développement massif d’un cybercariat, qui replongerait paradoxalement une catégorie de la population dans des conditions de travail “pré-industrielles”.

Claudine Bonneau ensuite, du LabCMO, apporte une réflexion très intéressante sur “la mise en visibilité du travail invisible” par les outils numériques. Les outils de communication instantanée permettent en effet de montrer le travail en train de se faire (tiens, ça nous rappelle quelque chose… le ciné-socio organisé en juin dernier à Paris !!)  et donnent accès “aux coulisses”. Ce que nous faisons à travers notre live tweet quotidien au congrès et ce blog, en préparation d’un travail de capitalisation qui arrivera plus tard…

Régis Barondeau, post-doc en management et technologie, quant à lui, nous explique son cheminement intellectuel à propos des wikis, ces outils “collaboratifs” qui se développent de plus en plus en entreprise. D’abord fasciné par la promesse de l’outil, “évangélisateur” sur le sujet comme il le dit lui-même, Régis en a fait l’objet de ses recherches. Et derrière la théorie, la pratique est… beaucoup plus nuancée ! A travers notamment un cas d’étude dans un hôpital universitaire, il montre que collaborer de manière numérique n’est pas aussi évident que ça, loin de là… “le gros du travail, on finit par le faire à la main !”.

Enfin, Florence Millerand, enseignante-chercheur à l’UQAM, et Lorna Heaton, de l’université de Montréal, nous ont fait revisiter la question de l’expertise à l’heure du numérique. A travers des observations du fonctionnement de plateformes collaboratives en ligne, elles s’intéressent en particulier à mettre en visibilité de nouveaux acteurs – les amateurs ! – participant à l’activité de production scientifique, et représentant de nouvelles figures de l’expertise dans le contexte numérique. Elles montrent en particulier que l’expertise – par le numérique – devient de plus en plus performative.

Voilà, c’est fini pour aujourd’hui ! Nous vous retrouvons demain pour le 4ème jour de congrès !

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires et suggestions sur l’adresse contact@apse-asso.fr , vos messages nous font toujours plaisir ! 😉

Congrès AISLF 2016 – jour #3

3ème jour de congrès de l’AISLF à Montréal…

Avant de rejoindre les salles ce matin pour les différentes sessions de Comités de Recherche, se rappeler l’ambiance des rues le soir aux multiples scènes du festival de jazz qui se tient dans la ville…

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Tout au long de la journée, vous pouvez également nous suivre en LT (Live Tweet) sur le fil twitter de l’APSE, pour quelques instants capturés ou impressions sur cette journée, qui s’annonce à nouveau bien remplie.

A tout à l’heure !

Congrès AISLF 2016 – jour #2

Seconde journée du congrès à Montréal, toujours sous un grand soleil !

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Aujourd’hui – et jusqu’à vendredi – les différentes sessions se tiennent à l’UQAM (Université du Québec à Montréal), en plein centre ville.

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On y croise d’ailleurs… Marcel Proust au détour d’une rue !

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Au programme aujourd’hui : alternance entre sessions des CR (comités de recherche) thématiques et plénières. Nous continuons à “live tweeter” au fil de la journée pour ceux qui nous suivent sur Twitter, merci pour vos commentaires et encouragements !! 😉

Tout d’abord, quelques retours sur deux conférences passionnantes autour de l’axe thématique “de nouveaux mondes à comprendre” et qui ont captivé l’assistance, avec des applaudissements nourris.

Dans un premier temps, l’intervention d’Antonio Casilli (que nous attendions avec impatience !), chercheur associé à l’EHESS, sur les sciences sociales à l’heure du numérique. Comment la sociologie s’adapte-t-elle pour prendre en compte les manières de vivre ensemble à l’heure de la connectivité et de la traçabilité généralisées ?

Antonio Casilli évoque avec beaucoup d’humour trois grandes controverses autour du numérique : la question du lien social, l’équilibre entre vie privée / vie publique et le travail à l’ère numérique.

Il nous invite en particulier à nous “débarrasser de la notion du virtuel” et montre que les structures sociales sur internet ne font que reproduire les structures “réelles”. D’après lui, contrairement à une idée reçue et à la rhétorique des concepteurs d’applications de réseaux sociaux – entrepreneurs de morale ? – sur la “fin de la vie privée”, les utilisateurs se protègent voire se surprotègent de manière majoritaire en ce qui concerne leurs données personnelles. Ce qui amène en fait une “guerre culturelle” sur la question de vie privée entre utilisateurs et concepteurs , les premiers cherchant de plus en plus à se protéger le mieux possible tandis que les seconds développent sans cesse des stratégies pour “déverrouiller” l’accès aux informations privées. Enfin, Casilli évoque la notion de digital labor, ce travail implicite et informel des utilisateurs sur les plateformes numériques, qui est en fait la source réelle de valeur ajoutée de ces entreprises… sans rémunération de ceux qui la produisent…

Sur un tout autre registre ensuite, Vinciane Despret, philosophe et psychologue, nous a emmené dans une exploration, souvent drôle et superbement énoncée, de “nos rapports sociaux avec les défunts”, sujet pour le moins… inattendu et qui nous oblige à nous “décentrer”.  En évoquant la notion de “défunts remuants”, elle raconte avec humour comment elle a exploré cette question de ce que les morts partagent avec les vivants, comment ils maintiennent une forme d’existence et la force des liens sociaux qui nous unissent à eux : “une promesse faite à un mort a une intensité plus forte que celle faite à un vivant”. Elle invite en particulier à sortir de la conception de la mort comme une “décision médicale” pour aller davantage vers une réflexion sur le processus social – et culturel – de passage de la vie à la mort.

Déjeuner avec une sympathique sociologue mexicaine qui est heureuse de pouvoir s’exprimer en français… langue qu’elle a apprise en Uruguay… C’est aussi ça le congrès de l’AISLF, des rencontres improbables…

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Nous avons ensuite rejoint le Comité de Recherche 22, “entreprise et société”, où Greg Lévis a exposé une réflexion sur l’intervention en entreprise dans les contextes d’urgence :

qu’est-ce que les métiers de l’urgence peuvent apprendre aux sociologues praticiens sur l’intervention dans des organisations de travail où le sentiment d’urgence devient omniprésent ? La sociologie n’est-elle pas disqualifiée pour investir les temps courts ? Ou au contraire, n’est-ce pas une opportunité à saisir pour repenser la question de l’intervention en sociologue face à l’agitation grandissante dans les entreprises et la perte de sens ?

 


Pour poursuivre nos réflexions de lundi sur le défi de la transdisciplinarité et le “à suivre” avec lequel nous vous laissions hier soir, May Balabane-Parent du Châtelet nous propose quelques pensées à l’issue de cette nouvelle journée…

… la suite, c’était ce matin mardi dans la session thématique de « Sociologie de la connaissance ».

Nous étions une quinzaine à écouter les intervenants sur le thème « Le sociologue et les valeurs collectives » : faire appel à la philosophie sociale dont est inspirée la sociologie de la connaissance, et en particulier à la pensée d’Aristote,  pour traiter de l’action transformatrice « Est-ce que la société peut se transformer ? Quels outils mobiliser pour traiter cette question ? » ; poser la question du lien entre recherche publique et bien commun et apporter à travers une étude de cas une réponse de nature éthique, avec l’engagement citoyen qui se joue en recherche publique au-delà de la production-diffusion de connaissances ; dessiner la pensée complexe au cœur de la sociologie et dire l’enjeu de pluridisciplinarité de cette pensée.

C’était bien à eux, là, que poser ma question s’imposait : « Pluri/inter/trans-disciplinarité ? Ou bien, dans un paysage de mutations profondes des contextes, l’aube de la naissance d’une nouvelle discipline ? ». Bel accueil de la question, et long moment de réponse(s), nombreuses et fournies, et d’échanges. J’en retiens quatre choses : qu’il y a bien des frontières entre disciplines, et donc résistance et opposition ; que l’hyperspécialisation  a renforcé les antagonismes et qu’on arrive à une impasse ; que le débat sur la pluri/inter/trans-disciplinarité n’est pas uniquement épistémique mais aussi politique, avec le statut de la recherche scientifique universitaire en France où la formation est centrée discipline (pour des diplômes disciplinaires) cependant que la recherche des enseignants-chercheurs est pensée à partir des objets ; qu’une étude serait à faire sur la question de la pluri/inter/trans-disciplinarité telle qu’elle est appréhendée et traitée dans différents pays.


Nous vous laissons pour ce soir, la nuit porte conseil, et une nouvelle journée de congrès nous attend demain !!