[Appel à contribution] Manager en proximité : quel travail ?

La revue scientifique Sociologies Pratiques, partenaire de l’APSE, propose un appel à contribution pour son numéro 42 sur la thématique : Manager en proximité : quel travail ?

La revue Sociologies Pratiques encourage la publication des praticiens, n’hésitez pas à contribuer ! Pour les praticiens qui n’ont pas l’habitude de l’écriture sur leur pratique et à destination d’une revue scientifique, l’APSE propose un accompagnement à ses adhérents, n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez un peu d’aide pour répondre à cet appel à contribution à partir de votre expérience de terrain => contact@apse-asso.fr

Coordinateur scientifique : Pascal Ughetto (Université Paris-Est Marne-la-Vallée-LATTS)

Coordinatrices du numéro : Marie Benedetto-Meyer (Université de Technologie de Troyes, équipe Tech-Cico), Nathalie Hugot (Apec, chercheure associée Centre Maurice Halbwachs-CNRS)

Alors que l’importance de l’encadrement intermédiaire est croissante et que son effectif ne cesse d’augmenter depuis quarante ans [Wolff, 2015], que savons-nous réellement de celles et ceux que l’on dénomme les « managers de proximité » ? Dans la réalité des organisations privées ou publiques, mais aussi dans les mobilisations collectives, ces travailleurs restent bien souvent discrets. Pourtant, leur rôle est déterminant même si les projets de raccourcissement des lignes hiérarchiques les désignent dans une fonction, dont la contribution est régulièrement remise en question [Buscatto, 2002]. Autrefois, ils étaient perçus comme des « petits chefs » n’ayant d’autre rôle que disciplinaire. Hier encore, l’utilité d’une hiérarchie directe pouvait être mise en doute par des organisations qui avaient fait le choix d’une « montée en compétences » des exécutants. Aujourd’hui, cette fonction est en prise directe avec les projets de « libération de l’entreprise » ou « d’agilité » qui conduisent, une fois de plus, à envisager de se passer de ce personnel pour, éventuellement, constater ensuite qu’il est difficile de négliger cette population assurant de la régulation, de l’interface, et de la fluidité, mais qui se montre si peu tangible et visible. Encadrants mais pas nécessairement cadres, relevant de catégories aussi hétérogènes que les agents de maîtrise, les chefs d’équipe, les chefs de service, les adjoints, les techniciens, voire les employés et les ouvriers qualifiés, les managers de proximité forment un ensemble aux contours imprécis et dont le travail mérite par conséquent une plus grande attention. Aussi, en complément des travaux qui ont permis d’analyser la catégorie des cadres [Bouffartigue, Gadea, Pochic, 2011], il nous a paru utile de renforcer la connaissance et la compréhension des fonctions d’encadrement de premier rang, constituées par les « cadres moyens » ou les agents de maîtrise issus de la promotion ouvrière. Il s’agit de prolonger le regain d’intérêt dont elles ont pu faire l’objet depuis quelques années [Cadet, Guitton, 2013], en accordant, s’il y a lieu, une attention aux différences statutaires qui les régissent, à la catégorisation statistique plurielle qui les concerne ou encore aux variations introduites dans les conventions collectives [Bouffartigue, Gadea, 2000]. En effet, tenter de sortir les managers de proximité de leur invisibilité nécessite de se pencher sur le flou des appartenances catégorielles et de décrire leur activité, si variée et si malaisée à observer [Conjard, 2014; Bobillier-Chaumon et al., 2018].

Placés à l’épicentre des attentes de production, ils occupent un rôle d’exécution et de transmission des directives au moyen de méthodes de gestion renouvelées. Dans tous les secteurs, les encadrants de proximité doivent faire face au renouvellement fréquent des outils de gestion et d’information. Dans le secteur public, pris dans les rouages bureaucratiques et dans la mise en œuvre des réformes, ce middle management a pu être présenté comme une courroie de transmission du New Public Management [Barrier, Pillon, Quéré, 2015]. Dans le secteur privé, leurs conditions d’exercice évoluent au gré des réorganisations et des modes managériales. La diffusion du numérique peut donner l’impression de remettre en cause leurs savoirs, et exiger un renouvellement de leurs pratiques. Plus encore, la « digitalisation » est associée à un discours sur l’émergence de nouvelles formes organisationnelles (plus souples, moins cloisonnées et hiérarchisées) dans laquelle la figure du manager serait elle-même remise en cause : une nouvelle « posture managériale » est promue, qui ferait de l’encadrant non plus un « expert », ni un « superviseur » mais un « facilitateur », qui aide à la circulation des informations et à l’apprentissage de nouvelles manières de travailler [Ughetto, 2018]. L’image du manager, pris par les multiples tâches de reporting, de gestion des mails et de réunions, interroge aussi [Racine, 2019]. Comment dès lors les managers s’acquittent-ils du rôle qui leur est confié de mettre en œuvre des changements qu’ils subiraient eux-mêmes et qui remettent en cause leurs savoirs et leur légitimité ? Les managers de proximité sont-ils concernés de la même manière que des cadres de niveau supérieur ? Quel temps accordent-ils à l’organisation du travail de leur équipe, aux activités de régulation, d’animations ou d’accompagnement ? L’emprise des activités de gestion, d’évaluation et de planification a-t-elle fait d’eux des managers « désincarnés » [Dujarier, 2015], éloignés de leur équipe, ou encore « empêchés » dans leur pratique de management [Detchessahar, 2013]?

La revue Sociologies pratiques a donc choisi d’apporter un éclairage particulier aux salariés qui occupent des fonctions d’encadrement intermédiaire, à tous ceux que l’on désigne aujourd’hui sous des termes valorisants de « managers opérationnels », « managers de proximité », ou « manager de terrain », pour redéfinir, in fine,les mandataires traditionnels de l’autorité hiérarchique exerçant un rôle de gestionnaire d’équipe en première ligne [Bellini, Labit, 2005]. Le dossier s’intéressera exclusivement aux encadrants médians, c’est-à-dire à tous les personnels en charge de maintenir un contact régulier et direct avec les exécutants dans le but de mettre en place la stratégie de l’entreprise et d’appliquer la feuille de route définie par l’encadrement supérieur. L’objectif de ce numéro est par conséquent de saisir l’actualité des managers afin de rendre compte des enjeux auxquels ils sont confrontés. A cette fin, une attention particulière sera portée aux propositions d’articles émanant de chercheurs ou de praticiens souhaitant rendre compte des pratiques du travail saisies par une enquête de terrain (méthode qualitative et/ou quantitative, ethnographique), et notamment celles qui croisent d’autres disciplines (économie, histoire, psychologie, etc.) pour enrichir l’analyse du sujet. Trois axes sont proposés dans le but d’éclairer sur les processus, formels ou informels, d’accès aux postes et d’exercice de l’activité.

Axe 1 : Les postes d’encadrement dans les trajectoires individuelles : quelles mutations ?

Cet axe porte sur les conditions d’accès aux postes d’encadrement et de leur place dans la trajectoire des salariés qui les exercent. Les « autodidactes » ou les salariés munis d’une formation courte de premier niveau (bac, BTS, DUT, etc.) ont-ils encore accès à ces postes d’encadrants ? Ces postes sont-ils, dans ce cas, pour eux, une porte d’accès aux fonctions supérieures ? Dans quels secteurs économiques (bâtiment, commerces, artisanat, grande distribution, etc.) le profil et les trajectoires des encadrants ont-ils le plus changé ? Assiste-t-on à une dévalorisation de l’expertise technique ou de l’expérience au profit de « compétences managériales » ou de « soft skills » ? Quels sont les processus identitaires sous-jacents, mobilisés dans ces actions ? Cela rend-il la fonction moins attractive ? Cela la décrédibilise-t-elle ou, au contraire, cela la (re)valorise-t-elle ? Quels effets cela peut-il avoir en terme de genre dans l’accès aux postes ? Comment s’opère la féminisation de cette fonction ? Enfin, un intérêt particulier pourrait également être accordé à l’analyse des formations à l’encadrement, dans leur contenu et dans le profil des salariés qui y assistent [Trouvé, 2009].

Axe 2 : Encadrer, quel travail ?

On propose ici de s’interroger sur les différentes facettes de l’activité des encadrants. Le management de proximité est-il toujours un élément pivot dans l’organisation des entreprises pour réguler les dysfonctionnements et apaiser les tensions sociales ? Si  l’encadrement  est souvent présenté comme une activité « impossible », entre « le marteau et l’enclume » [Saulnier, Le Saout, 2002 ; Mispelblom-Beyer, 2010 ; Bouilloud, 2012], peut-on voir les encadrants uniquement aux prises avec des injonctions contradictoires ou « victimes » des nouvelles formes  organisationnelles [Cadet, Delanoë, Guitton, 2019] ? Quelle est leur capacité à réaliser, néanmoins, un travail de régulation et d’organisation auprès de leurs équipes [Martin, 2015 ; Benedetto-Meyer, 2019] ? Comment se construit ce travail d’encadrement, à partir de quels dispositifs, en mobilisant quels outils, quels modèles ? Quels sont aujourd’hui les modes de reconnaissance et de valorisation de ce travail au quotidien ?

Axe 3 : « Nouvelles formes de management » : de quoi parle-t-on ?

Cet axe porte sur l’impact des rhétoriques et leurs glissements sémantiques qui ont substitué « l’animation » au commandement, l’ « adhésion » à l’autorité, dans le but, sinon de convertir les « résistants au changement », du moins de les persuader [Jacquot, 2014]. Quels sont les effets performatifs de ces discours ? Les managers sont-ils vraiment devenus des servant leaders au service de leur équipe ? Quelle perception ont-ils de ces évolutions, quelle « adhésion » ou distance critique développent-ils ? Comment perçoivent-ils le mouvement des « entreprises libérées » et l’effet de la « transformation digitale » [Mélo, 2019] ? Avec quoi doivent-ils composer (manque de visibilité sur les stratégies d’entreprise, réorganisations, nouvelles formes d’emploi, transformations des temporalités et des espaces de travail, travail en mode projets ou en mode agile etc.) pour exercer leurs nouvelles postures ? Qu’en pensent les « encadrés » ? On s’intéressera ici aux récits concrets d’expérimentation, ou de mise en place de nouvelles formes de management, pour en interroger le bien-fondé, la rhétorique discursive et les transformations effectives qu’elles entrainent.

Procédure de soumission d’article

La revue Sociologies pratiques s’adresse aux chercheurs académiques et universitaires tout autant qu’aux professionnels, intervenants, consultants qui mobilisent la sociologie pour leurs travaux. Les articles attendus peuvent être de deux natures. D’une part, des analyses réflexives et sociologiques fondées sur des recherches empiriques récentes (analyses de témoignages, études de cas, débats critiques, etc.). D’autre part, des analyses de pratiques professionnelles (témoignages de pratiques et réflexion sur les conditions de l’action, les justifications de l’action et les conséquences sur l’action). Dans l’un comme dans l’autre cas, les articles doivent être analytiques et traiter de l’une ou de plusieurs des questions soulevées dans l’appel. Les articles qui croisent différents axes développés dans l’appel sont les bienvenus. Les intentions d’article (5.000 signes espaces compris) sont à adresser avant le 20 février 2020 par voie électronique à socioprat42@gmail.com. Elles devront contenir une présentation du questionnement sociologique, du terrain, de la méthodologie et des résultats proposés. Après examen, la revue retournera son avis aux auteurs le 11 mars 2020. Les auteurs devront alors proposer une première version complète de leur article (25.000 signes espaces compris, bibliographie non comprise) pour le 8 mai 2020. La revue paraîtra à la mi-avril 2021. Toute intention d’article, comme tout article, est soumis à l’avis du Comité de lecture de la revue, composé des trois coordinateurs, des membres du Comité de rédaction et d’un relecteur externe. L’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article.

• Adresser une intention d’article de 5.000 signes maximum (espaces compris) avant le 20 février  2020 par voie électronique à l’adresse suivante : Socioprat42@gmail.com

• La revue retournera son avis aux auteurs le 11 mars 2020.

• L’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article final qui sera soumis au comité de lecture de la revue.

• Les articles (entre 15.000 signes et maximum 27000 signes, espaces compris) seront à retourner à la revue pour le 8 mai 2020 et donneront lieu à échanges avec le comité de lecture.

• La sortie du numéro est prévue pour mi-avril 2021.

• Plus d’informations sur la revue : www.sociologies-pratiques.com

Présentation de la revue

Sociologies pratiques est une revue de sociologie fondée en 1999 par Renaud Sainsaulieu et l’Association des professionnels en sociologie de l’entreprise (APSE). Elle est aujourd’hui éditée par les Presses de Sciences Po. La revue est intégrée dans la liste des revues scientifiques reconnues par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Elle est répertoriée sur les bases Francis et Cairn.

Sociologies pratiques paraît deux fois par an. Ses numéros thématiques (environ 200 pages) donnent la parole à des chercheurs et à des praticiens afin de témoigner de réalités sociales émergentes et de comprendre les mouvements de notre monde. Le projet éditorial de la revue rend compte d’une sociologie appliquée. En ce sens, il recherche un équilibre entre monde académique et monde professionnel, entre compréhension et action, tout en portant un regard clairement sociologique pour comprendre le changement social. La volonté de croiser témoignages d’acteurs de terrain – qui agissent au cœur des transformations – et réflexions de chercheurs – qui donnent les résultats de leurs enquêtes les plus récentes – fait de Sociologies pratiques un espace éditorial et intellectuel original qui s’adresse à tout lecteur intéressé par la sociologie en pratique.

Appel à contribution permanent

Outre le dossier thématique composé des articles retenus à partir de l’appel à contributions, Sociologies pratiques propose d’autres rubriques ; par exemple : Sociologies d’ailleurs, Le Métier, Lectures, Échos des colloques, Bonnes feuilles des Masters. Des varia peuvent aussi être publiés.

Rubrique « Échos des colloques »

Qui n’est pas un jour passé à côté d’un colloque auquel il serait bien allé ? « Sociologies Pratiques » propose à ses lecteurs une rubrique « Échos des colloques ». Il s’agit d’évoquer sous une forme concise et personnelle (7.000 signes maximum), les colloques auxquels des lecteurs, désireux de faire partager à d’autres leurs impressions, ont participé.

Rubrique « Le métier »

La rubrique « Le métier » est l’un des marqueurs éditoriaux de Sociologies pratiques, revue ouverte sur les usages non académiques de la sociologie. En valorisant l’expérience d’une sociologie appliquée (recherche-action, étude, expertise, conseil, évaluation de politiques publiques…), cette rubrique offre à des intervenants qui « font » de la sociologie, mais aussi la « déforment » du fait de leurs usages, l’opportunité de rendre compte de leur pratique et de signifier ce qu’apporte le détour sociologique aux organisations pour lesquelles ils travaillent. Il est attendu des auteurs qu’ils fassent preuve de réflexivité et qu’ils exposent, outre leur terrain et leurs résultats saillants, les stratégies qu’ils parviennent (ou non) à mettre en place pour faire accepter leur approche sociologique, qui déconstruit souvent les certitudes des commanditaires et va à l’encontre des discours convenus dans les organisations.

Bibliographie

Barrier J.,  Pillon J-M, Quéré, « Les cadres intermédiaires de la fonction publique. Travail administratif et recompositions managériales de l’État, Gouvernement et action publique, 2015/4, p. 9-32.

– Bellini S., Labit A., Des petits chefs aux managers de proximité. L’évolution des rôles de la maîtrise dans l’industrie, L’Harmattan, collection Logiques sociales, 2005.

– Benedetto-Meyer M., « Les managers de proximité sont-ils les acteurs d’une forme d’empowerment ? », Terminal [en ligne], 125-126, 2019.

– Bobillier Chaumon M.E., Cuvillier B., Sarnin P., Vacherand-Revel J., « Usage des TIC et évolutions des pratiques socioprofessionnelles des cadres : quels repères pour le métier et quelles incidences sur la santé ?, Pratiques psychologiques, 2018.

Bouffartigue P., Gadea, Sociologie des cadres, La Découverte, 2000

Bouffartigue P., Gadea Ch., Pochic S. (dir.), Cadres, classes moyennes : vers l’éclatement, Recherches, Armand Colin, 2011

– Buscatto M., « Des managers à la marge : la stigmatisation d’une hiérarchie intermédiaire », Revue française de sociologie, 43, 2002, p. 73-98.

– Bouilloud J.P., Entre l’enclume et le marteau, les cadres pris au piège, Seuil, 2012.

– Cadet J.P., Delanoë A., Guitton C, « Les professions intermédiaires dans les entreprises : une catégorie dynamique en prise directe avec les transformations du travail et du management, Regards, 2019/1, n° 55, p. 27-38.

Cadet J-P, Guitton Ch. (dir.), Les professions intermédiaires. Des métiers d’interface au coeur de l’entreprise, Recherches, Armand Colin, 2013.

– Conjard P., Le management du travail, Anact, 2014.

– Detchessahar M., « Management empêché, santé dégradée », Santé et Travail, n°82, avril 2013, p. 26-29.

– Dujarier M-A., Le management désincarné. Enquête sur les nouveaux cadres du travail, Paris, La Découverte, 2015.

– Jacquot L., L’Enrôlement du travail. Comprendre la machinerie managériale, 2014, Nancy, Presses universitaires de Nancy.

– Martin E., « Pourquoi a-t-on encore besoin de managers de proximité ? Une analyse du travail d’encadrement à EDF », La Revue de l’Ires, 2013, 76, (1), p. 3-27

– Mélo D., 2019, « Un management qui libère les salariés ? Enquête sur l’entreprise libérée et ses ‘doubles’ », in Dubet F., Les mutations du travail, Paris, La Découverte, p.135-154.

– Mispelblom-Beyer F., Encadrer, un métier impossible ? Paris, Armand Colin, 2010 

– Ughetto P., Organiser l’autonomie au travail : travail collaboratif, entreprise libérée, mode agile… : l’activité à l’ère de l’auto-organisation, Limoges, FYP éditions, 2018.

– Racine F., « Managers de proximité », in Bureau MC, Corsani A., Giraud O., Rey F. (dir.), Les zones grises des relations de travail et d’emploi, Editorial Teseo, Buenos Aires, 2019, p. 317-323.

– Saulnier J.P., Le Saout R., L’encadrement intermédiaire. Les contraintes d’une position ambivalente, L’Harmattan, 2002.

– Trouvé P., « La contribution des entreprises à la formation de leur encadrement intermédiaire : un investissement sans retour ? », Education permanente n°178, 2009, p. 37-54.

– Wolff L., « Différentes approches du travail d’encadrement en sciences sociales », Actes du séminaire « Ages et Travail » : le travail d’encadrement. Quelles évolutions ? Quels parcours, mai 2015, p. 9-28.


Peut-on manger sans risque ? (appel à contributions)

La revue Sociologies Pratiques propose un appel à contributions pour son numéro 41 à paraître en 2020.

La revue Sociologies pratiques s’adresse aux chercheurs académiques et universitaires tout autant qu’aux professionnels, intervenants, consultants qui mobilisent la sociologie pour leurs travaux.

Les articles attendus peuvent être de deux natures.
D’une part, des analyses réflexives et sociologiques fondées sur des recherches empiriques récentes (analyses de témoignages, études de cas, débats critiques, etc.).
D’autre part, des analyses de pratiques professionnelles (témoignages de pratiques et réflexion sur les conditions de l’action, les justifications de l’action et les conséquences sur l’action).
Dans l’un comme dans l’autre cas, les articles doivent être analytiques et traiter de l’une ou de plusieurs des questions soulevées dans l’appel.
Les articles qui croisent différents axes développés dans l’appel sont les bienvenus.

Les intentions d’article (5.000 signes espaces compris) sont à adresser avant le 30 août 2019 par voie électronique à socioprat41@gmail.com
Elles devront contenir une présentation du questionnement sociologique, du terrain, de la méthodologie et des résultats proposés. Après examen, la revue retournera son avis aux auteurs le 30 septembre 2019. Les auteurs devront alors proposer une première version complète de leur article (27.000 signes espaces compris, bibliographie non comprise) pour le 20 novembre 2019. La revue paraîtra en octobre 2020. Toute intention d’article, comme tout article, est soumis à l’avis du Comité de lecture de la revue, composé des deux coordinateurs, des membres du Comité de rédaction et d’un relecteur externe qui œuvre en « double aveugle ». L’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article. Le comité de rédaction se réserve le droit de demander des modifications aux versions successives et ce sans préjuger d’une publication finale.

Peut-on manger sans risque ?
Acteurs et instruments de la sécurité sanitaire

Coordination scientifique : Laure Bonnaud, IRISSO, INRA-CNRS-Université Dauphine, PSL
Coordination éditoriale : François Granier

Crise dite du « concombre tueur » (qui concernait des graines germées de fenugrec) en 2011 ; scandale européen des lasagnes de cheval en 2013 ; présences de salmonelles dans le lait infantile produit par une usine du groupe Lactalis en 2017-18 ; controverses récurrentes sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes ou sur l’interdiction du dioxyde de titane utilisé comme additif dans les bonbons… : la longue liste des crises et scandales alimentaires en Europe ces dernières années montre la permanence des fraudes et des risques sanitaires de l’alimentation. Pourtant, en 2002, l’adoption par l’Union européenne de la General Food Law Regulation entendait tirer les conséquences des crises des années 1990, en particulier de la crise de la vache folle. L’encéphalite spongiforme bovine, ou ESB, avait provoqué des décès dus au nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt Jakob, mis à mal la filière de la viande bovine en Europe, l’organisation des services de contrôle et la solidarité entre États-membres. La Food Law, puis l’ensemble des règlements européens du Paquet hygiène, entré en vigueur en 2006, marquaient une évolution des principes de l’action publique européenne (séparation de l’expertise et de la décision, nécessaire communication sur les risques), transformait les institutions en charge de la sécurité de l’alimentation (création des agences, dont l’European Food Safety Authority –EFSA, au niveau européen) et annonçait une nouvelle répartition des rôles entre acteurs économiques et autorités publiques, avec l’affirmation de la responsabilité des industries de l’alimentation quant aux produits qu’elles mettent sur le marché. Près de vingt ans après cette réorganisation de l’ensemble du dispositif de sécurité sanitaire des aliments, on peut se demander comment a évolué l’action publique de ce secteur, comment les acteurs publics et privés ont modifié leurs pratiques et leurs métiers, dans quelle mesure les consommateurs ont fait évoluer leurs comportements, et pour quelles raisons le dispositif existant produit la répétition des crises sanitaires et des fraudes alimentaires.

1/ La qualité de l’alimentation : un problème public en constante expansion ?

Les travaux d’historiens publiés au début des années 2000 ont mis en évidence le souci constant des autorités publiques de garantir une nourriture de qualité pour les populations qu’elles gouvernent. La répartition des responsabilités entre acteurs publics et privés a cependant souvent variée, si l’on songe à la forte implication des guildes au moyen-âge, à l’intérêt marqué des Etats à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ou à la corégulation actuellement en place dans l’union européenne. De nombreuses recherches ont été menées sur les institutions nouvellement instaurées au début des années 2000, en particulier sur les agences d’expertise ou sur la définition des nouveaux instruments d’action publique, par exemple la méthode H.A.C.C.P (Hazard Analysis – Critical Control Point), ou la mise en place de la traçabilité… Elles ont cependant souvent concerné les premiers temps de ces réformes et de nouveaux travaux seraient indiscutablement utiles pour mieux analyser leur impact à moyen terme. De plus, certaines crises récentes ont porté l’attention sur de nouveaux enjeux, par exemple le lobbying de certains acteurs industriels, le rôle d’alerte des associations de victimes ou le décalage entre l’expertise des agences et la décision réglementaire, la qualité des aliments distribués par les organisations caritatives… Enfin, alors que les crises des années 1990 ont généralement impliqué des dangers microbiologiques ou liées aux maladies animales (ESB, tuberculose), l’attention semble s’élargir à de nouveaux types de risques, comme les résidus chimiques (pesticides, additifs alimentaires), ou les nanomatériaux, et à leurs conséquences en termes de maladies chroniques. L’analyse de la gouvernance de la sécurité sanitaire de l’alimentation mérite donc d’être approfondie dans ce contexte renouvelé. Le rôle des associations environnementales, de victimes ou de consommateurs pour la sécurité de l’alimentation, l’interpellation des pouvoirs publics, la gestion de crise ou l’information de la population pourrait également être l’objet de propositions d’articles. Enfin, en France, la fusion départementale des services vétérinaires et de la répression des fraudes illustre ce nouveau cadrage de l’action publique, tournée vers la qualité de l’alimentation, quelle que soit l’origine des dangers et des risques qui la menace. Néanmoins, les origines de cette réforme, ainsi que les référentiels réglementaires ainsi établis n’ont pas encore fait l’objet de publications quant aux rationalités à l’œuvre ou aux implications en termes d’action publique. De tels travaux seraient particulièrement les bienvenus pour ce numéro.

2/ Vers une reconfiguration des métiers de la sécurité sanitaire de l’alimentation ?

La mise en œuvre du Paquet Hygiène a donné lieu, depuis le début des années 2000, à des recherches sur le travail dans les services en charge du contrôle de la sécurité sanitaires des aliments, dans une perspective articulant sociologie du travail, sociologie du droit et sociologie de l’action publique. Les abattoirs ont constitué un lieu privilégié d’observation, y compris les enjeux en termes de santé au travail pour les agents de l’Etat en charge de l’inspection. Les recherches abordent les pratiques et l’organisation de travail, le rapport au droit des inspecteurs, notamment la façon dont ils articulent sanction et accommodement des règles, ainsi que la nature et les conditions des interactions entre contrôleurs et contrôlés, dans un contexte parfois tendu avec les professionnels inspectés. La déclinaison concrète des nouveaux principes de la Food Law dans les services d’inspection, par exemple la communication sur les risques, a également été objet de quelques publications, qui pourraient cependant être enrichies d’analyse sur le travail de prévention à destination des consommateurs et les tentatives de modifications de leurs comportements. Certaines dimensions du travail des agents de l’Etat, en particulier la formation, la gestion de crise et d’alerte, la nécessaire évolution des savoirs et des méthodes d’inspection dans une économie de flux, sont moins bien connus. Par ailleurs, l’impact des réformes de l’Etat sur l’action publique de sécurité sanitaire des aliments mériterait d’être davantage investigué. La Cour des comptes a déjà publié à deux reprises, en 2014 et 2018, des alertes sur la perte de maîtrise, par l’Etat, de son système de sécurité sanitaire de l’alimentation. Elle met notamment en évidence les effets des réductions massives d’emplois dans les services territoriaux. De nouvelles analyses du travail des agents de l’Etat, dans leur diversité (experts, enseignants et formateurs, fonctionnaires des administrations centrales comme des services déconcentrés) sont particulièrement attendues.

3/ Les entreprises agroalimentaires, seules responsables de la sécurité de l’alimentation ?

Avec la Food Law, les entreprises agroalimentaires, réglementairement responsables des produits qu’elles mettent sur le marché, sont les acteurs incontournables de la sécurité sanitaire de l’alimentation. On entend ici entreprises agroalimentaires au sens large, depuis les producteurs fermiers jusqu’aux multinationales du secteur. De façon générale, le dispositif européen de sécurité sanitaire de l’alimentation semble recomposer la frontière entre ce qui relève de l’État et ce qui relève des entreprises, y compris dans la mise en œuvre d’une politique réglementaire. Ainsi en est-il de la reconnaissance, par les autorités publiques, d’un certain nombre de contrôles des entreprises agroalimentaires, selon des modalités très diverses : autocontrôles, éventuellement avec obligation de communication des résultats aux services de contrôle ; projet de délégation des contrôles à des sociétés d’audit en remise directe (restaurants, commerces de proximité…) ou aux abattoirs pour les productions industrielles ; définition par l’administration de variation de l’intensité des contrôles officiels en fonction de l’obtention de certaines certification par les entreprises agroalimentaires, etc. De plus, la mise en œuvre des réglementations existantes suppose une grande implication des entreprises. Or le fonctionnement interne des entreprises agroalimentaires en matière de prévention et de gestion des risques reste mal connu, en particulier pour les plus importantes d’entre elles.

Pour cet appel à articles, le type d’entreprises concerné par la prévention et la gestion des dangers de l’alimentation peut être élargi au-delà du seul secteur de l’agroalimentaire. Les entreprises de production d’additifs, d’emballage, de la logistique, les laboratoires d’analyse, les acteurs de la distribution, etc. peuvent également contribuer à la sécurité de l’alimentation et donc faire l’objet de propositions d’articles. En tenant compte de cet tel élargissement, les contributions pourrait concerner le fonctionnement interne des établissements ou des filières en faveur de la sécurité de l’alimentation (dont la mise en œuvre de la traçabilité ou des systèmes HACCP), mais aussi l’analyse de l’information et de la communication, de la promotion de produits nouveaux, ou reformulés (notamment l’étiquetage des produits, par exemple « sans » pesticides, additifs, etc.), des campagnes de publicité autour de l’alimentation saine, de l’articulation entre des données d’entreprises et des logiques sanitaires (comme le contact des clients avec les cartes de fidélité lors des procédures de retrait-rappel), etc. Les travaux à ce sujet restent peu nombreux et la revue accueillera avec beaucoup d’intérêt la présentation de nouvelles recherches dans ce domaine.

4/ Des outils sociotechniques au service des consommateurs pour garantir la qualité de l’alimentation ?

La prévention et la gestion de la sécurité sanitaire des aliments supposent que les acteurs sociaux qui en sont chargés soient équipés : des prélèvements et tests de laboratoire sont régulièrement effectués, impliquant parfois une analyse ADN lorsqu’il s’agit de garantir une origine ; la traçabilité n’est pas envisageable sans support informatique dans une économie mondialisée ; certains militants développent des sites internet ou des applications pour déclarer des toxi-infections alimentaires (exemple de https://iwaspoisoned.com/). Les applications pour smartphones qui proposent des informations sur la composition des aliments, pour manger mieux ou manger sain, ou supprimer certains ingrédients ou additifs semblent se multiplier. Face à cette évolution du rapport à l’alimentation, les services de l’Etat ne sont pas sans réaction. La mise en place de l’application Alim’confiance, qui permet de consulter les résultats des contrôles avant de choisir un restaurant, va également dans le sens d’un déploiement d’outils qui permettent aux consommateurs de participer à la sécurité sanitaire du système alimentaire. Le travail d’innovation autour de ces outils, y compris la délicate question de la propriété des données, ainsi que l’usage de ces services par les consommateurs, sont encore mal connus et des éclairages sociologiques de ces pratiques serait les bienvenus. Plus généralement, les évolutions du travail que ces outils impliquent, dans les entreprises comme dans les services de contrôle, restent pour le moment un impensé des analyses sociologiques, une lacune que notre dossier pourrait contribuer à lever.

Présentation de la revue

Sociologies pratiques est une revue de sociologie fondée en 1999 par Renaud Sainsaulieu et l’Association des professionnels en sociologie de l’entreprise (APSE). Elle est aujourd’hui éditée par les Presses de Sciences Po. La revue est intégrée dans la liste des revues scientifiques reconnues par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Elle est répertoriée sur les bases Francis et Cairn. Sociologies pratiques paraît deux fois par an. Ses numéros thématiques (environ 200 pages) donnent la parole à des chercheurs et à des praticiens afin de témoigner de réalités sociales émergentes et de comprendre les mouvements de notre monde. Le projet éditorial de la revue rend compte d’une sociologie appliquée. En ce sens, il recherche un équilibre entre monde académique et monde professionnel, entre compréhension et action, tout en portant un regard clairement sociologique pour comprendre le changement social. La volonté de croiser témoignages d’acteurs de terrain – qui agissent au cœur des transformations – et réflexions de chercheurs – qui donnent les résultats de leurs enquêtes les plus récentes – fait de Sociologies pratiques un espace éditorial et intellectuel original qui s’adresse à tout lecteur intéressé par la sociologie en pratique.

Appel à contribution permanent

Outre le dossier thématique composé des articles retenus à partir de l’appel à contributions, Sociologies pratiques propose d’autres rubriques ; par exemple : Sociologies d’ailleurs, Le Métier, Lectures, Échos des colloques, Bonnes feuilles des Masters. Des varia peuvent aussi être publiés.

Rubrique « Échos des colloques »

Qui n’est pas un jour passé à côté d’un colloque auquel il serait bien allé ? « Sociologies Pratiques » propose à ses lecteurs une rubrique « Échos des colloques ». Il s’agit d’évoquer sous une forme concise et personnelle (7.000 signes maximum), les colloques auxquels des lecteurs, désireux de faire partager à d’autres leurs impressions, ont participé.

Rubrique « Le métier »

La rubrique « Le métier » est l’un des marqueurs éditoriaux de Sociologies pratiques, revue ouverte sur les usages non académiques de la sociologie. En valorisant l’expérience d’une sociologie appliquée (recherche-action, étude, expertise, conseil, évaluation de politiques publiques…), cette rubrique offre à des intervenants qui « font » de la sociologie, mais aussi la « déforment » du fait de leurs usages, l’opportunité de rendre compte de leur pratique et de signifier ce qu’apporte le détour sociologique aux organisations pour lesquelles ils travaillent. Il est attendu des auteurs qu’ils fassent preuve de réflexivité et qu’ils exposent, outre leur terrain et leurs résultats saillants, les stratégies qu’ils parviennent (ou non) à mettre en place pour faire accepter leur approche sociologique, qui déconstruit souvent les certitudes des commanditaires et va à l’encontre des discours convenus dans les organisations.

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[Appel à communications] TRAVAILLER DEMAIN ? NORMES, TERRITOIRES ET COMPÉTENCES ?

A l’occasion des 17° et 18° rencontres sur la prospective des métiers (29/30 novembre 2018), nous avons reçu cet appel à communications de la revue Management&Avenir qui peut intéresser notre réseau.


Les transformations actuelles de la société et du monde en général viennent questionner les formes du travail et les modalités de piloter les personnes et les organisations. À l’heure des organisations plus « libérées », des réformes structurelles de la formation professionnelle entre autres, des innovations numériques, des attentes renouvelées des collaborateurs, etc., c’est finalement la question du travail, de ses représentations, de ses enjeux, de ses modalités de pilotage, de ses acteurs, etc. qui se trouve au centre des débats. Les enjeux de demain, dans un monde nouveau, reconfiguré nous interrogent sur les mutations en cours, les adaptations nécessaires, les accompagnements possibles.

L’ubérisation du travail, l’explosion des travailleurs indépendants, l’évolution du travail à la carte via des plates-formes numériques, bousculent déjà les formes de travail classiques et soulèvent des questionnements, des craintes quant à l’avenir du travail de demain.

Le travail demain : comment ?, pourquoi ? où ? avec qui ? Toutes ces questions liées au sens du travail, aux modalités du travail, aux acteurs, aux lieux et conditions de travail, mais aussi aux compétences nécessaires sont autant de sujets qui conduisent chercheurs et praticiens à se réunir pour en débattre afin d’éclairer au mieux le champ des possibles. Si la loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel dessine les orientations, les modalités pratiques, les ruptures qu’elle génère et les inquiétudes qu’elle suscite doivent nous permettre de poser les bases d’un cadre renouvelé, postmoderne dirons certains, du vivre ensemble et du travailler ensemble. Dans ce contexte, quels rôles pourront /devront jouer les dirigeants, DRH/RRH, managers… Assisterons-nous à une remise en cause des pratiques classiques de gestion au profit de pratiques managériales plus contemporaines plus respectueuses et plus « démocratiques » ?, quels rôles les normes, les territoires, les règles auront à prendre dans ces nouveaux écosytèmes qui structureront le travail de demain ?

À cette occasion, les initiatives des rencontres historiques de Prospective des Métiers et les Rencontres Interdisciplinaires se regroupent afin d’organiser deux journées de réflexion et de construction de pistes d’action opérationnelles autour du thème : Travailler demain. Les déclinaisons de ce thème seront concentrées autour de la problématique des normes et de leurs évolutions, des enjeux de territoire (territorial et thématique) et des enjeux de montée en compétences au regard des mutations du travail. Ce colloque commun sera également l’occasion d’asseoir le groupe interdisciplinaire PIMS (Prospective et Innovations Managériales et Sociales, hébergé à la MRSH Caen Université).

Les principaux thèmes qui pourront être débattus lors de ces rencontres sont les suivants :

– les mutations du travail et les nouveaux paradigmes
– les compétences de demain
– les enjeux des soft skills
– les organisations de demain
– le management et la cybercriminalité
– l’avenir des relations humaines
– l’expérience collaborateur
– le pilotage RH dans une logique de “bien commun”
– le pilotage managérial à l’ère postmoderne
– le manager de demain
– le travail dans les métiers du « care » ;
– les nouvelles formes d’engagement au travail
– les enjeux de carrières et des trajectoires professionnelles
– les organisations de demain et leurs frontières
– le vocabulaire pour parler du travail demain
– les méthodes, outils et pratiques pour penser le travail demain
– les parcours de développement des compétences demain
– les pratiques d’orientation renouvelées sur les métiers et compétences dits de gestion
– les innovations pédagogiques de demain
– les approches de santé et bien-être au travail demain
– les configurations du travail de demain
– les spécificités sectorielles des approches managériales et prospectives
– Les spécificités demain du management public et territorial
– les enjeux de l’interdisciplinarité pour penser le management de demain
– les mots de demain pour penser l’action territoriale –
– management et gouvernance : quelles perspectives demain ? –
– rupture de paradigme sociétal et managérial et visions des collectivités territoriales de demain
– bien commun et management
– New management public et postmodernité – Numérique et intelligence économique territoriale
– les mutations des métiers de l’Administration territoriale – dans les secteurs de l’urbanisme, de la commande publique, de l’aide et de l’action sociales etc.
– normes, droit et management
– les enjeux du territoire pour le travail de demain
– etc.

Remise des communications : 10 octobre 2018
Retour des évaluateurs :
10 novembre 2018

Pour plus d’informations, télécharger l’Appel à communication au format PDF

Vers une nouvelle sociologie de l’entreprise ? (appel à contributions)

A l’occasion des 20 ans de l’APSE et de la revue Sociologies Pratiques ainsi que des 40 ans d’existence d’un cursus de formation pour adultes en sociologie appliquée aux mondes de l’entreprise (ayant donné naissance à l’Executive Master Sociologie de l’Entreprise et Stratégie de Changement, à Sciences Po Paris), la revue Sociologies Pratiques souhaite proposer à travers cet appel à contributions un numéro hors-série consacré à la sociologie de l’entreprise.

Si les premières formulations d’un projet autour de l’entreprise comme nouvel objet de connaissances sociologiques remontent aux années 1980 (Sainsaulieu, Segrestin, 1986), en insistant sur la dimension institutionnelle de l’entreprise, et donc de socialisation secondaire, ce courant a connu davantage de déclinaisons en matière d’enseignement, de formation et de pratiques d’intervention dans les organisations, qu’il n’a fait l’objet de consolidations théoriques dans le champ académique. Sa moindre visibilité à partir des années 2000 et le renouveau d’une sociologie critique du travail ont participé à écarter l’entreprise comme catégorie pertinente de la sociologie.

Or, le contraste entre une vitalité des approches pédagogiques et d’accompagnement des transformations des mondes du travail et la faible visibilité institutionnelle de ce courant sociologique sur l’entreprise est propice à ouvrir un débat sur ce qu’est la sociologie de l’entreprise aujourd’hui.

Quel est son héritage, quelles sont ses théories ? Sur quels types de dispositifs méthodologiques s’appuie-t-elle ? De quels types de question sociale traite-t-elle ? Quels sont ses points d’articulations avec d’autres approches portant sur le travail ?

C’est autour de ces questions que la revue Sociologies Pratiques propose cet appel à articles.

==> Téléchargez l’appel à contributions complet en cliquant ici.

Plusieurs dimensions peuvent ainsi être interrogées, alimentant des contributions pouvant être tant théoriques que convoquant des enquêtes ou chantiers d’intervention (extrait de l’appel à articles) :

– l’entreprise peut-elle être considérée comme une « affaire de société » comme l’appelait de ses vœux R. Sainsaulieu en 1990 ?

– l’entreprise véhicule-t-elle des représentations, croyances, imaginaires liés à un contexte de crise ?

– peut-on retracer des lignes de forces reliant les contextes historiques de modes managériales à des formes concrètes de management et un soubassement culturel fondant un rôle dédié à l’entreprise dans la société ?

– peut-on parler d’entreprise comme catégorie sociologique ou plutôt comme catégorie empirique, renvoyant à une pluralité de déclinaisons et de « mondes sociaux » ? Qu’y a-t-il en particulier de commun entre une startup et une entreprise familiale, une TPE et une PME, une entreprise « locale » et une entreprise transnationale ?

– quelle place prend la sociologie dans l’analyse d’une catégorie au carrefour de plusieurs disciplines (économie, gestion, histoire, sciences de l’information et de la communication …) ?

– comment l’époque contemporaine est-elle propice au développement de nouvelles formes d’entreprise et d’entrepreneuriat ?

– dans quelle mesure les nombreux travaux empiriques renouvellent-ils la conception de l’entreprise ? Comment la question du changement des et dans les organisations est-elle investie par la sociologie ? Peut-on dégager des dynamiques de changement spécifiques ? Comment appréhender, reconstruire des trajectoires d’organisation ?

– la sociologie de l’entreprise accorde une attention particulière aux conditions d’apprentissage des systèmes sociaux de production et fonde une sociologie d’intervention. Assiste-t-on aujourd’hui à de nouvelles manières de concevoir l’intervention et la question de l’apprentissage organisationnel ?

==> Téléchargez l’appel à contributions complet en cliquant ici.

Les contributions pourront prendre des formes diverses tant en matière de format – dans la limite maximum de 27000 signes espaces compris– que de contenu : discussion des théories, ré-interrogation des concepts en partant du terrain, application à un terrain ou à une expérience professionnelle, réflexivité sur les pratiques de métier, témoignages et interviews, mise en perspective internationale…

Vous souhaitez contribuer ? Adressez votre intention d’article de 4.000 signes maximum (espaces compris) avant le 15 janvier 2018 par voie électronique à l’adresse suivante : hs2018@sociologies-pratiques.com

L’APSE se met à disposition des praticiens et professionnels qui souhaiteraient contribuer pour les accompagner dans la rédaction de leur article. N’hésitez pas à nous contacter : contact@apse-asso.fr

Appel à communication : Quelles configurations RH Demain ?

Nous transmettons ici un appel à communication qui peut intéresser les adhérents de l’APSE.

A l’occasion des 16èmes rencontres sur la prospective des métiers le 12 décembre 2016 (La Défense – Paris), un appel à article sur les évolutions des métier RH :

  • Quelles configurations RH Demain ?
  • Nouveaux enjeux pour la fonction RH ?
  • Quelles compétences ? Quels métiers ?
  • Quelles responsabilités demain en RH ?

Les mutations actuelles, de nature géopolitique, économique ou socio-culturelle, bouleversent la façon d’appréhender le travail et ses représentations. La fonction RH est ou devrait être la première fonction à penser ou repenser les configurations dans lesquelles le travail se réalise. Les évolutions liées à “l’ubérisation”, à la cybercriminalité, à la montée des violences au travail, aux modalités de plus en plus variées de travailler en temps et en espace de travail, la “digitalisation”, la recherche de l’hédonisme, etc. viennent perturber les façons classiques de gérer les hommes et les femmes au travail. Dans ce contexte, il nous a semblé pertinent de nous interroger sur les configurations RH de demain afin de pouvoir anticiper les contours possibles de la fonction RH.

Les principaux thèmes qui pourront être débattus lors de ces 16° rencontres de Prospective des Métiers sont les suivants :

– les nouvelles configurations RH
– les métiers RH et leurs évolutions
– les nouvelles compétences RH
– l’évolution des formes organisationnelles
– la dynamique du changement et ses implications RH
– les relations de travail de demain
– l’impact du numérique sur les organisations et la fonction RH
– la responsabilité de la fonction RH
– les RH face aux risques
– les RH et la cybercriminalité
– l’avenir des relations humaines
– l’expérience collaborateur
– le pilotage RH dans une logique de “bien commun”
– le pilotage RH à l’ère postmoderne
– l’articulation RH/manager demain
– le vocabulaire RH de demain
– les méthodes, outils et pratiques RH de demain
– les profils RH de demain

Remise des communications : 15 octobre 2016
à l’adresse suivante : rencontres.pm@gmail.com
Texte de 15 pages maximum aux normes de la revue Management & Avenir