Les nouvelles frontières du travail – cycle de conférences-débats

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Pour cette quatrième année de conférences, nous poursuivons le cycle consacré aux nouvelles formes du travail. Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ? Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ? Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production ? Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ? Telles sont les questions auxquelles ces conférences chercheront à apporter des éléments de réponse.

Ouvertes à toutes et tous, étudiants, représentants du personnel, professionnels des RH et salariés, chercheurs, consultants et praticiens des sciences sociales, ces conférences sont organisées autour de la présentation, par leurs auteurs, de récents ouvrages de sciences sociales, consacrés à l’étude des transformations du monde du travail et des pratiques de management dans les établissements français.

Pour aborder cette réflexion, et dans le prolongement des trois premières éditions de ce cycle de conférences, les auteurs invités ont réalisé des travaux de recherche adossés à des enquêtes de terrain approfondies. Ils permettent de ce point de vue de réfléchir d’une part à ce que produisent concrètement les dispositifs de management sur le terrain et d’autre part, à la manière dont la réalité du travail vécu peut permettre l’invention de nouvelles réponses individuelles et collectives. Chaque présentation par les auteurs sera suivie d’une discussion avec le public.

PROGRAMME DES CONFERENCES DE CE CYCLE

11 octobre 2018, 17h30-19h (FEG Marseille)
Thomas Coutrot, Economiste et statisticien du travail, «Libérer le travail, pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer.»

La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant.

Contre les « réformes » néolibérales du travail et l’ubérisation, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d’un souffle nouveau, d’un « avenir désirable ».

La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d’achat au pouvoir d’agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d’abord venues des managers : « l’entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Et si on libérait le travail, vraiment ? C’est possible : ce livre en fait la démonstration !

22 novembre 2018, 17h30-19h (FEG Aix)
Marie-Christine Bureau, chargée de recherche CNRS, chercheur au CNAM et au Lise, «Makers, enquête sur les laboratoires du changement social.»

La révolution technologique dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques a d’abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l’origine d’un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire par soi-même, de consommer et d’apprendre, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.

Cet ouvrage, issu d’une enquête au long cours, nous ouvre les portes d’une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à  l’étranger afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l’impact de leur action.

En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du « faire ensemble », il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l’ordre industriel dominant pour les interroger. A quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?

24 janvier 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Camille Lévy, Université Paris Dauphine, IRISSO, Orange Labs, «Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution.»

Les outils big data sont de plus en plus présentés comme la solution révolutionnaire pour les services RH. Comment ces outils fonctionnent-ils, quelles sont les conséquences organisationnelles et sociales des choix techniques effectués, dans quelle mesure les collectifs de travail dans les services RH s’approprient-ils ces outils ? Il faut pour répondre à ses questions resituer les outils big data RH dans leurs contextes sociaux et organisationnels, voir comment ils s’inscrivent dans l’évolution globale des politiques ressources humaines et dans les transformations propres à une organisation. A travers une enquête qualitative auprès des commanditaires, des concepteurs et des utilisateurs, on peut percevoir le décalage entre la mythologie entourant ces dispositifs, leurs (dys)fonctionnements et leur difficile intégration dans le quotidien des services RH.

21 mars 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Guillaume Gourgues, Maitre de conférences en Science Politique Université de Franche-Comté, «Pourquoi ils ont tué Lip, de la victoire ouvrière au tournant néolibéral.»

Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.

Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.

L’entreprise, une affaire de société ?

mardi 29 mai 2018 de 18h30 à 20h30
Café du Pont Neuf
14 Quai du Louvre
75001 Paris

Dans les années 1990, le sociologue Renaud Sainsaulieu notait que l’entreprise était devenue une institution centrale de la société.
Ce début d’année 2018 semble lui donner raison tant l’entreprise est devenue une affaire de société pour reprendre le titre de l’ouvrage qu’il a dirigé aux Presses de Sciences Po.

L'entreprise, une affaire de société

Début 2018, plusieurs rapports (Notat/Sénard, Terra Nova…) ont fait de l’entreprise un « objet d’intérêt collectif » et évoqué l’enjeu d’une « entreprise responsable ».
Doublement responsable vis-à-vis de son environnement et des individus qui y travaillent.
La loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation de l’entreprise) en débat au printemps au Parlement revient sur ce qu’est l’entreprise et la place des parties prenantes, au-delà d’une conception exclusivement financière de l’entreprise.

Ce débat sur la raison d’être et les finalités de l’entreprise, sur sa gouvernance, la place des salariés intéresse tout particulièrement l’APSE et l’Afci (Association française de communication interne).
Il fait écho aux réflexions initiées au sein de nos deux associations sur les bouleversements contemporains de l’entreprise : transformations des organisations, nouveau rapport au travail, évolution du rapport à l’entreprise…

Dans le cadre des 20 ans de l’APSE, c’est donc conjointement avec l’Afci que nous vous invitons à nous rejoindre pour cette soirée-débat entre communicants, chercheurs et praticiens de la sociologie pour évoquer les incidences de ce questionnement du lien entre entreprise et société initié notamment par Renaud Sainsaulieu.

Pour nous aider à décrypter les enjeux du débat et échanger avec nous, nous recevrons :

  • Armand Hatchuel, professeur à Mines Paris-Tech, associé aux recherches du Collège des Bernardins sur l’entreprise, co-auteur avec Blanche Segrestin du livre « Refonder l’entreprise » ( Prix Afci du livre en 2012)
  • Martin Richer, directeur du cabinet Management & RSE, auteur du rapport Terra Nova « L’entreprise contributive » 

La séance sera animée conjointement par l’APSE et l’Afci.
Les participants pourront ensuite poursuivre les échanges et faire davantage connaissance, afin de consolider les liens entre nos deux associations.

L’inscription en ligne est obligatoire pour des raisons logistiques, cliquez ici.

La fabrique de l’homme nouveau : travailler, consommer et se taire ?

mardi 22 mai 2018 de 18h30 à 20h30
café du Pont Neuf
14 Quai du Louvre
75001 Paris
Métro Les Halles, Pont Neuf ou Louvre-Rivoli

Dans le cadre de l’atelier de réflexion APSE “travail et numérique” nous vous proposons de venir à la rencontre de Jean-Pierre Durand, autour de son ouvrage La fabrique de l’homme nouveau (Le bord de l’eau, 2017).

Pour Jean-Pierre Durand, Professeur de Sociologie au Centre Pierre Naville (Université d’Évry Paris-Saclay) et directeur de la Nouvelle Revue du Travail, la conjonction de méthodes d’organisation du type lean management et de la financiarisation de l’économie ont rapidement transformé le travail et la consommation jusqu’à faire apparaître un « homme nouveau  » qui doit s’adapter aux conditions du capitalisme contemporain, en acceptant ce qui était hier inacceptable, par une rétractation des aspirations à la liberté et au bonheur.

L’encadrement des salariés et des travailleurs « indépendants » s’est renforcé, de bas en haut de l’édifice productif dans l’industrie et dans les services privés ou publics.
Par ailleurs, les promesses d’autonomie et de satisfaction dans le travail, malgré les progrès technologiques, ne semblent pas tenues.

Pour l’auteur, il en est exactement de même dans la consommation où les engagements des offreurs sont aujourd’hui rarement remplis, en particulier dans les services : le consommateur doit subir l’impersonnalité des dispositifs informatiques et automatisés, devant ainsi se soumettre à une dégradation de la qualité du service.

Alliant des analyses micro-sociologiques à des causes macro-économiques, Jean-Pierre Durand déconstruit les concepts et les pratiques de l’évaluation, de la reconnaissance, du travail des clients, etc. et conclut sur deux scénarios, l’un de régression sociale et l’autre d’un futur au contraire enchanté.

L’atelier “numérique et travail” de l’APSE vous invite à venir échanger avec l’auteur pour découvrir et débattre autour de son analyse, dans un cadre convivial et décontracté.

L’évènement est gratuit et ouvert à toutes et tous, membres ou non de l’APSE. Venez nombreux !

inscription en ligne en cliquant ici

Des usines à colis. Trajectoire ouvrière des entrepôts de la grande distribution.

Dans les entrepôts de la grande distribution alimentaire, l’introduction d’un nouvel outil de travail, le guidage par commande vocale, a considérablement modifié le travail des préparateurs de commande.

Auparavant caractérisée par l’absence d’enchaînement et la possibilité de prendre de l’avance, l’activité de préparation a évolué vers une temporalité restrictive comparable à celle d’un ouvrier sur chaîne.

Sous guidage vocal, « le nez dans le micro », le savoir-faire des préparateurs est réduit à un engagement physique.

L’usage du corps constitue alors une ressource en tant mode d’appropriation du sens au travail, mais également un rempart lorsque des pathologies font apparaître les limites de l’intensification.

Dans le cadre du cycle de conférences consacré aux nouvelles formes du travail, l’APSE, en partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), vous propose de venir échanger sur cette thématique avec David Gaborieau, docteur en sociologie de l’Université Paris 1.

Cette conférence-débat est gratuite et ouverte à toutes et tous, membres ou non de l’APSE… Venez nombreuses et nombreux !

Jeudi 29 mars 2018 de 17h30 à 19h30

Faculté d’Economie et de Gestion
campus Marseille Colbert Ferry
14 rue Puvis de Chavannes (1er arr.)
Marseille

Inscription en ligne en cliquant ici.

Cycle “dialogues en entreprises” 2018

Tout le monde parle du dialogue en entreprise mais les travaux contemporains montrent que, malgré l’enjeu affiché de transparence dans les organisations et la banalisation des dispositifs d’expression, la qualité du dialogue au travail et sur le travail n’est pas forcément au rendez-vous. Ceci pose problème dans un contexte où salariés et managers font part de difficultés insolubles, dans leur activité comme dans les débats autour des moyens et finalités partagées. Selon les travaux empiriques auxquels nous nous référons, les échanges se font à la fois plus rares (par manque de temps et d’interactions directes), plus standardisés (car passés au crible des normes de relation imposées par les dispositifs d’expression) et moins pertinents (car ils ne portent pas forcément sur les « vrais problèmes » entachant la coopération). Les travaux analysant les causes de « mal-vivre au travail » aujourd’hui en France pointent de façon centrale les défaillances des ajustements collectifs et les dégâts causés par l’isolement et l’hyper-responsabilisation des individus. Inventer des nouveaux types de dialogue, par exemple relevant de la « controverse professionnelle » préconisée par exemple Yves Clot, est un enjeu collectif primordial.

C’est cette question centrale que nous mettrons au travail à l’occasion d’un cycle de rencontres-débats.

Ainsi, à la suite de nos échanges du « Café-socio » APSE du 15 mai 2017 , nous vous invitons à poursuivre la réflexion à travers trois évènements : deux  rencontres-débats en mars et mai 2018, présentées ci-dessous, puis un évènement autour des expérimentations ou nouvelles modalités de dialogues menées en entreprises, au dernier trimestre 2018 – les modalités seront précisées ultérieurement.

1-    LE DIALOGUE AU TRAVAIL, UN ENJEU POLITIQUE ? (Paris, 22 mars 2018 à 18h30)

A partir l’ouvrage de Marie-Anne Dujarier, Le management désincarné. Enquête sur les nouveaux cadres au travail (La Découverte, 2015).

Marie-Anne Dujarier propose dans son ouvrage les résultats d’une enquête menée pendant 10 ans dans des grandes organisations publiques et privées sur ces nouveaux cadres qu’elle désigne comme « planneurs » : Ceux qui, au nom de leur faculté théorique à rationaliser l’activité, pensent, diffusent, enrôlent et mettent en œuvre les dispositifs qui encadrent le travail des opérationnels, au détriment des logiques de métiers fondées sur des normes et savoir-faire établis par la pratique. Ce type d’encadrement structure « un rapport social sans relation » sans rencontre, qui « met à distance ce qui embarrasserait sa tâche et pourrait même la paralyser » produisant ainsi un management désincarné.

Marie-Anne Dujarier – sociologue du travail, professeure à l’université de Paris 7 Diderot, chercheuse du laboratoire LCSP et associée du LISE – articule sociologie et approche clinique du travail. Elle a publié L’Idéal au travail (PUF, 2006) et Le travail du consommateur (La Découverte, 2008).

Animation APSE : Catherine Boucher, Elisabeth Grosse (à confirmer)

Plus d’informations et inscription en ligne sur le site de l’APSE (cliquez ici).

2- LA NOVLANGUE MANAGERIALE : « Quand les mots ne collent pas aux choses » (Paris, 24 mai 2018 à 18h30)

Rencontre-débat autour de l’ouvrage d’Agnès Vandevelde-Rougalde, La novlangue managériale. Emprise et résistance (Eres, 2017) et du livre de Michel Feynie, Le « as if » management (Le bord de l’eau, 2012).

Expression formatée, euphémismes, anglicismes codés : la langue de bois managériale comme discours dominant dans les organisations promeut une vision auto-référencée, éloignée du travail réel et hermétique au débat. Quelle est sa fonction ? Est-elle une mise en scène du pouvoir ou un artefact utile au lissage des relations ? Quels sont les mécanismes qui contribuent à la fabrication et à la diffusion de ce discours ? Qu’est ce qui produit chez les récepteurs cette sensation de lien perdu au « réel » et qui anesthésie le dialogue ?

Ethnologue indigène sur son terrain, immergé en tant que salarié au sein de la branche commerciale d’une grande entreprise publique, Michel Feynie nous raconte son enquête minutieuse au pays du « as if » management, c’est-à-dire du management qui fait comme si tout allait bien, qui ignore les problèmes. Au travers des mots employés, il décrit le discours standardisé des dirigeants, porteur d’une fiction idéale de l’entreprise et révèle l’émergence d’une « communauté de langage », des injonctions d’exigence qu’elle véhicule, ainsi que son décalage avec les pratiques quotidiennes des salariés. Il s’intéresse au mal-être au travail généré par cette langue de bois qui « assomme » les salariés et il esquisse des pistes pour s’en protéger.

Michel Feynie est psychologue du travail et docteur en anthropologie. Chargé de cours à l’Université Bordeaux Ségalen, il a publié Les maux du management (Le bord de l’eau, 2010). Il anime des ateliers de réflexion sur le travail et les pratiques de management au sein de l’association Anthropologia.

Agnes Vandevelde-Rougale s’interroge sur les ressorts de l’intériorisation d’un discours managérial dominant par ses destinataires et en analyse les conséquences. Reprenant le terme de « novlangue » avancé par George Orwell dans 1984, elle utilise également l’image d’un virus pour caractériser l’incorporation de ce newspeak gestionnaire, à l’instar de Victor Klemperer qui, en son temps, proposait la métaphore de l’empoisonnement des esprits : « les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir ». Au-delà du mal-être, Agnès Vandevelde-Rougalde analyse comment l’imaginaire peut être bridé, les émotions et la critique empêchées de s’exprimer.

Agnès Vandevelde-Rougalde, diplômée de l’Ecole supérieure des sciences commerciales d’Angers et docteure en anthropologie et sociologie, est chercheuse associée au Laboratoire du Changement Social et politique (université Paris-Diderot-Paris 7), membre du Comité de rédaction de la revue Interrogations ?, membre du  Réseau International de Sociologie Clinique, membre du réseau thématique « sociologie clinique » de l’Association française de sociologie.

Animation APSE : Olivia Foli (maîtresse de conférences, CELSA-Sorbonne université), Catherine Boucher

Plus d’informations et inscription en ligne sur le site de l’APSE (cliquez ici).

Ce cycle de rencontres APSE est organisé en partenariat avec le CELSA et Nonfiction.

Performants… et licenciés. Enquête sur la banalisation des licenciements.

Dans le cadre du  cycle de conférences consacré aux nouvelles formes du travail, l’APSE organisait le jeudi 9 novembre 2017, en partenariat avec les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), une conférence-débat avec Mélanie Guyonvarc’h, Maître de conférence en sociologie à l’Université d’Evry, Centre Pierre Naville, autour de son ouvrage Performants… et licenciés. Enquête sur la banalisation des licenciements (PUR).

Nous mettons à disposition ici une synthèse de la présentation, proposée par Mélanie Guyonvarc’h, que nous remercions très chaleureusement pour cet échange stimulant !

Pour accéder à la synthèse, merci de cliquer sur le lien ci-dessous (format PDF) :
Performants. et licencies_ M. Guyonvarch_Aix-en-Provence_09.11.17

Retrouvez également le programme des prochains évènements de l’APSE en cliquant ici.

 

Vous faites quoi dans la vie ?

— Vous faites quoi dans la vie ?
— Ben, je tâche de m’occuper.
— Et ça marche ?
— Ah ça, il faut demander aux autres !

Ce que l’on fait dans la vie, c’est un peu ce que l’on fait de sa vie, pour la vie des autres.
C’est ce que les auteurs de ce livre ont essayé de saisir au cours des rencontres avec leurs interlocuteurs.
Ils leur ont proposé de parler de leur travail et ça n’allait pas tout à fait de soi…

Qu’est-ce qui mérite d’être dit du travail sur la place publique ? Qui est pertinent pour en dire quoi ?
Qu’est ce qu’une personne est capable de dire de son propre travail ? Qu’est-ce qu’elle a envie de dire ?
Qu’est-ce que ça lui fait de dire son travail ? Qu’est ce que ça fait à son lecteur ?

Autant de questions certes pas vraiment nouvelles, mais qui sont revisitées d’une façon plutôt inédite à l’occasion de ce projet éditorial : recueillir des récits du travail écrit à la première personne, issus de tous secteurs professionnels, pour en composer un livre.

Comment procéder pour aboutir à ce type de « récit du travail » ?
Quelle méthodologie pour que, de l’interaction entre un auteur et un éditeur, émerge l’engagement subjectif d’une personne dans son activité ?
Les textes rassemblés dans ce livre ne sont pas la description générique d’un métier, dans une démarche documentaire, pas non plus des reportages, dans une démarche journalistique, pas plus l’analyse d’une activité, dans une démarche scientifique.
C’est un projet politique, porté par les deux auteurs, porté par la structure qu’ils animent, à statut coopératif : faire circuler une parole sur le travail comme contribution à la transformation sociale, à l’émancipation de celles et ceux qui y contribuent.

« Ce sont des récits engagés, qui expriment un point de vue personnel et assumé, une façon de faire le travail à sa main, comme on croit bien le faire, comme on sait le faire. Mais c’est aussi l’affaire de tous : le pilote d’avion nous transporte, l’ouvrière ramasse les pommes que l’on réduira en compote, le facteur nous livre le courrier, le chef de projet immobilier configure la ville dans laquelle on circulera demain, la femme de ménage fait le lit de l’hôtel dans lequel on couchera ce soir. » (dossier de presse)

C’est pour débattre avec vous de toutes ces questions que nous vous invitons à venir échanger avec les auteurs le 19 octobre 2017…

Patrice Bride assure des prestations d’accompagnement à l’écriture et la publication sur le travail, anime des formations sur des questions ayant trait à l’écriture professionnelle, de l’élaboration à l’édition. Il a été professeur en collège, formateur, rédacteur en chef de la revue Les Cahiers pédagogiques.

Pierre Madiot est l’auteur de L’école enfin expliquée aux parents (Stock), Enseignants, parents, réussite des élèves. Quel partenariat ? (CNDP), co-auteur de Sel, sable et soleil au pays de Guérande (Institut Culturel de Bretagne). Le travail d’écriture et de réécriture ainsi que la réflexion sur la chose écrite ont toujours été au centre de ses activités professionnelles et associatives.

Cette rencontre-débat est ouvert à toutes et à tous, adhérent(e)s ou non de l’APSE – venez nombreuses et nombreux !

Inscriptions en ligne en cliquant ici

Lancement du livre blanc APSE-AFCI “Parole au travail, parole sur le travail”

22 juin 2017 de 8h45 à 10h30
Coup d’état – 164 Rue Saint Honoré – 75001 Paris

Le sujet de la parole en entreprise prend un sens particulier aujourd’hui.

Dans un univers professionnel en mouvement permanent, il a à voir avec la qualité du travail, l’innovation et la performance, mais aussi, on l’a bien vu ces dernières années, avec la santé au travail.

Si la parole dans l’entreprise est en apparence foisonnante, l’information et la communication omniprésentes, la parole sur le travail au quotidien fait trop souvent défaut. En clair, on ne parle pas assez du travail.

Un groupe de travail – composé de membres de notre association partenaire  l’Afci et de l’APSE – a mené une enquête dans différentes entreprises de plusieurs secteurs professionnels pour chercher à prendre la mesure de quelques formes émergentes d’échange et de discussion sur le travail. Des entretiens ont eu lieu en 2013 et 2014 à la SNCF, au ministère des Finances (DGFIP), à Enedis (ex ERDF), chez Spie batignolles TPCI, chez Socla. Ils ont été complétés par différents échanges avec des responsables de Michelin, Renault, APICIL en 2015 et 2016.

Ce travail a donné lieu à la rédaction d’un livre blanc, Parole au travail, parole sur le travail, qui sera présenté lors de cette matinale de la Com’.

Cette matinale sera animée par Jean-Marie Charpentier, administrateur de l’Afci et consultant. Il a coordonné la réalisation de ce livre blanc.

Avec les éclairages et témoignages de :

  • Vincent Brulois, Maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13 (Sorbonne Paris Cité)
  • Dorothée Phelip, Responsable Culture et Communication Interne d’APICIL
  • Loïc Hislaire, ancien DRH de SNCF, consultant
  • Jacques Viers, membre de l’APSE (APSE)

Un exemplaire du livre blanc sera offert à chaque participant.

Inscription en ligne sur le site de l’AFCI

Cinéma, théâtre, BD, séries… Quand l’art saisit le travail (Paris, 18 avril 2017)

La thématique du travail et de son organisation nourrit régulièrement, et depuis longtemps, les réalisations artistiques, que cela soit dans le théâtre, le cinéma, la bande-dessinée, la littérature, les séries télé et bien d’autres formes artistiques.

Elle leur fournit caractères humains, dramatisation, ancrage social, ressorts d’intrigue, mettant au jour les dimensions sensibles et politiques du travail que la recherche scientifique ne parvient pas aisément à restituer.

Que trouvent les artistes dans le travail et dans la production scientifique circulant à son sujet ?
Que devient cette production dans l’art ? Comment l’art saisit-il le travail ?
À l’inverse, qu’en retirent les chercheurs et les praticiens d’utile à leur réflexion et à leur pratique ?

Comment artistes et sociologues dialoguent-ils sur les différentes dimensions contemporaines du travail ?

Ce sont à ces différents questionnements que nous vous invitons à venir échanger, dans un cadre atypique et décontracté, avec les coordinateurs et des auteurs du numéro 33 de la revue Sociologies Pratiques (Presses de Sciences Po). Venez également partager vos propres expériences et questionnements sur cette thématique !

L’animation sera assurée par un membre de l’APSE.

Cet évènement est gratuit et ouvert à tous, adhérents ou non de l’APSE,  nous vous attendons nombreuses et nombreux !
Chacun paie sa consommation pendant l’échange auprès de l’établissement qui nous accueille gracieusement.

Sociologies Pratiques 33

Parmi les articles du numéro 33 qui seront discutés à l’occasion de cette rencontre :

D’une représentation l’autre : Dialogue entre artistes et chercheurs autour des questions du travail
Emmanuelle Savignac

L’illusion du comique vous emmène quelquefois du côté de la vérité – Entretien avec Christophe Dejours
Aurélie Jantet et Emmanuelle Savignac

Cette dimension humaine, incarnée, émotionnelle, de l’expérience du travail – Entretien avec Yasmine Bouagga et Claire Braud
Frédéric Rey, et  Emmanuelle Savignac

Il faut trouver, théâtralement, la façon de dire Taylor – Entretien avec Fabienne Brugel et Jean-Paul Ramat
Pierre Lénel et  Emmanuelle Savignac

Esthétique et politique de la résistance au travail dans Les Temps modernes
Stéphane Debenedetti, Isabelle Huault, Véronique Perret

La lutte des Lejaby mise en scènes
Caroline Ibos, Géraldine Schmidt, Damien Mourey, Natalia Bobadilla

The Wire, une représentation attentive du travail – De la coopération horizontale
Stéphane Le Lay

Violence des échanges en milieu tempéré – Un film face à son public
Frédéric Moulène

Le numéro 33 de Sociologies Pratiques est disponible :

En format numérique sur www.cairn.info

En version papier aux Presses de Sciences Po

Les adhérents de l’APSE bénéficient d’un tarif privilégié d’abonnement à la revue : cliquez ici pour adhérer et soutenir à la fois l’APSE et Sociologies Pratiques.

Que font les 10 millions de malades au travail ?

Dans le cadre de l’atelier de réflexion “ce que le travail fait à la santé”, l’APSE et le Master MTDS de l’Université Paris Dauphine vous proposent une rencontre-débat autour de l’ouvrage “Que font les 10 millions de malades ? Vivre et travailler avec une maladie chronique” (Erès, 2016) par Dominique Lhuilier et Anne-Marie Waser.

La part des maladies chroniques va croissant avec les progrès de la médecine : en France, près de 10 millions de personnes en âge de travailler ont une ou plusieurs maladies chroniques – diabète, cancer, asthme, VIH-sida, hépatites, maladies mentales ou atteintes anatomiques ou fonctionnelles (cécité, sclérose en plaques…), etc.

Le plus souvent, elles souhaitent se maintenir en emploi ou retrouver un travail. Leurs raisons ne sont pas seulement financières, ni uniquement liées à l’intérêt que peuvent revêtir l’activité et les relations sociales : l’activité est un puissant instrument pour lutter contre l’emprise de la maladie.

Aussi elles déploient énergie et ingéniosité pour faire avec leurs symptômes dans le travail et rejettent violemment ces représentations de malades, passifs ou victimes, qui ébranlent leur identité et les enferment dans un statut qu’elles refusent.

Ce livre s’appuie sur une enquête approfondie explorant à la fois l’expérience de personnes qui vivent avec la maladie et la façon dont les entreprises, les milieux de travail gèrent les situations des « personnes ayant des problèmes de santé ».

Il indique aussi des voies de dégagement des difficultés et impasses rencontrées.

L’une d’entre elles est essentielle : sortir du silence sur ces questions car la clandestinité des « malades au travail » fabrique à terme de l’exclusion.

A l’occasion de cette rencontre-débat, nous recevrons une des auteures de cet ouvrage, Anne-Marie Waser, sociologue, maître de conférences au CNAM, membre du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (UMR 3320).

Dans un contexte plus décontracté qu’une conférence-débat, nous vous proposons de venir confronter de manière conviviale les points de vue, expériences et questionnements sur cette thématique entre praticiens de la sociologie, chercheurs et acteurs du monde de l’entreprise à partir des apports et réflexions de notre invitée.

L’animation sera assurée par un membre de l’APSE.

Venez nombreux !

Jeudi 26 janvier 2017 de 18h à 20h

Université Paris Dauphine
Amphi 4
Place du Maréchal de Lattre de Tassigny
Paris 16ème

métro Porte Dauphine
RER Avenue Foch

Inscription en ligne en cliquant ici