Retour sur l’apéro socio d’été

Le 27 juin dernier, l’APSE organisait son apéro socio d’été.

L’occasion pour les participants de partager avec bonne humeur autour de leurs questionnements, actualités professionnelles et lectures.

Nous reprenons ici quelques ouvrages, expositions et vidéos qui ont été proposés lors de la discussion. Bonne découverte !

Enquêter dans les organisations (PUR), par Hinault, Osty et Servel
La dématérialisation n’a pas eu lieu ?
L’entreprise délibérée (Nouvelle Cité) par Mathieu Detchessahar
Exposition un monde de plis par Simone Pheulpin

(merci à Danielle Cerland-Kamelgarn pour ce compte-rendu)

Socio sur Seine d’automne (28 octobre 2019)

Socio sur Seine est un rendez-vous régulier pour discuter de manière décontractée, à l’occasion d’un déjeuner en bord de Seine, autour de la sociologie en entreprise.

Socio sur Seine

L’occasion d’échanger et de découvrir d’autres personnes intéressées par l’utilisation de la sociologie dans le monde professionnel.

Venez à notre rencontre et parlez de ce qui vous tient à coeur : vos projets, vos interrogations, vos lectures, vos chantiers d’intervention, votre pratique de la sociologie dans votre environnement professionnel… dans une ambiance conviviale et dans un lieu favorisant des rencontres ouvertes et dynamiques.

Une bonne occasion également pour tisser des liens professionnels avec d’autres adhérents et sympathisants de l’APSE !

L’inscription est obligatoire et les places limitées pour favoriser la convivialité lors du repas.

Après votre inscription, nous vous recontacterons par mail pour vous indiquer le lieu de RDV dans un restaurant du bord de Seine à Paris.

L’évènement est gratuit, chacun paie son repas auprès du restaurateur qui nous accueille (selon la consommation, compter de 15 à 25 euros par personne).

Inscription en ligne : Cliquer ici

Patrons en France – retour sur notre conférence-débat

Le 13 juin 2019, le sociologue et chercheur Michel Offerlé participait à une conférence-débat APSE autour de l’ouvrage collectif qu’il a dirigé en 2017, intitulé Patrons en France.

Tout le monde a son idée sur les patrons. Voire une mauvaise opinion, comme 62 % des Français qui jugent les grands patrons « méprisants » et « autoritaires »(2). « Le patronat est à la fois connu et méconnu », prévient Michel Offerlé en ouvrant sa conférence. Le sociologue a d’abord analysé les organisations professionnelles, avant de passer au crible les « métiers » dans Patrons en France, l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2017.

Une catégorie diversifiée

« La sociologie s’était peu intéressée à eux, dit-il. Avec des étudiants et confrères, nous avons mené des centaines d’entretiens, sur leur histoire de vie, leur formation, leur métier, mais aussi leurs goûts ou leurs valeurs… Le plus grand dirigeait 100 000 salariés, le plus petit, aucun. » Résultat : « le patron ventru, avec haut- de-forme et cigare » a vécu.
Et les quelque deux millions de dirigeants de France (dont 170 000 pilotent une entreprise de plus de dix salariés) représentent une catégorie sociale très diversifiée.

Parmi eux, 40% sont fils d’ouvriers ou d’employés. « Mais, précise Michel Offerlé, plus on monte dans la hiérarchie, plus il y a une reproduction sociale. » C’est une population plutôt âgée – 37% ont plus de 50 ans – et « en voie de féminisation », avec 25% de femmes. « Et surtout, elle est très étirée au niveau des diplômes : des autodidactes aux détenteurs d’un CAP, jusqu’à des bac+5 ou +10. » Cette forte diversité se retrouve dans les pra- tiques culturelles – du passionné d’opéra au fan de séries télévisuelles -, comme dans les revenus, relève encore le cher- cheur, « qui passent de 1 à 2 000, avec des patrons qui ne se payent pas et d’autres qui gagnent des fortunes ».

Du paternalisme à la distance

Multiple, l’identité patronale commune se définit en partie par la négative, « par des adversaires ou des dégoûts com- muns, note Michel Offerlé. Mais celle-ci s’exprime plus ou moins frontalement selon que l’on dirige une entreprise du CAC40 ou une PME. »
La liste est longue des objets de mécontentement, du rap- port à l’Etat ou à l’Urssaf, à l’inspection du travail ou au fonctionnaire (tour à tour « inspecteur » ou « fainéant »), les syndicats (surtout la CGT), et la crainte des Prud’hommes, les banquiers…

« Il y a aussi la complainte vis-à-vis des salariés », complète le sociologue. Les patrons de PME se plaignant de « ne plus trouver de jeunes qui ont envie de travailler »… Ceux du CAC40 ne trouvant pas assez de « soft skills chez les candidats »…

Mais le rapport avec les salariés varie beaucoup selon la taille de l’entreprise. « Certains, à la tête d’une PME, sont hommes orchestre, experts dans leur profession et pilotes d’une équipe mais ne souhaitent pas diriger une ETI, analyse le sociologue. Parmi eux, quelques-uns assument leur rôle de chef, quand d’autres revendiquent une forme de paternalisme, et vont loin dans l’aide à leurs salariés, en cas de handicap ou de deuil »…

Plus la taille de l’en- treprise augmente, moins il est en prise directe avec le social, poursuit le chercheur, « la valorisation des salariés passant par le développement de leurs capacités. Le dirigeant, lui, progresse vers un travail gratifiant et transmet souvent aux RH le « sale boulot » dans la gestion du personnel. Le dirigeant d’un groupe de 50 000 salariés connaît au maximum 200 personnes. »

L’argent, la créativité, le produit

Le plaisir de l’entreprise ? L’argent, pour certains.
« Mais pas seulement, plaide le sociologue. D’autres se passionnent pour leur produit, évoquent la réalisation de soi, la créativité. Avoir du pouvoir sur les autres et sur le monde social est sûrement une motivation. » Mais, devant le sociologue au moins, beaucoup préfèrent parler de la compétition, évoquant « l’esprit d’entreprise à la française », avec cette idée que « nous sommes en train de devenir une nation d’entrepreneurs, qui développe un discours fort et un désir d’entrepreneuriat »…

Cela peut-il aussi concourir au renouvellement de la figure du patron ?

(compte-rendu proposé par Chloé Guillot Soulez et Blaise Barbance ; cette conférence-débat a été organisée en partenariat avec l’iaelyon et le réseau REFERENCE RH)

Retour sur le cabanon socio “l’absentéisme au travail”

Le 6 juin 2019 un cabanon socio APSE s’est déroulé à Marseille sur le thème de l’absentéisme à partir de l’expérience concrète d’une grande entreprise du secteur de l’énergie.

8 personnes invitées par l’APSE ont échangé leurs points de vue en utilisant un protocole d’animation proche du co-développement.

Voici une synthèse de leurs travaux, tout à fait provisoires, à recontextualiser et perfectibles bien entendu, pour alimenter les réflexions des personnes intéressées par le sujet.

Les questions de départ

Dans le cas de l’entreprise présentée, l’objectif de la Direction et de passer de 14 à 8 jours d’absence par an et par agent.

4 questions ont été ciblées :

  • Peut-on réduire l’absentéisme ? En quoi l’entreprise peut-elle agir sur les absences, les arrêts maladie de son personnel ?
  • Comment réduire l’absentéisme ? Quels sont les déterminants de l’absentéisme ? Pourquoi les salariés s’absentent-ils ?
  • Comment mobiliser les directions, les différents niveaux de management sur ce sujet ? Comment traiter ce sujet avec les partenaires sociaux ? Et avec les salariés ?
  • Les nouveaux modèles managériaux ont-ils un impact sur l’absentéisme ? Qu’en est-il de l’influence des tendances actuelles en matière d’aménagement des espaces de travail (open space, flex office) ?

Quelques éléments de clarification du contexte

La DG est clairement mobilisée sur le sujet, même si les résultats de l’entreprise ne sont pas pires que ceux du marché :

  • le coût de l’absentéisme est évalué à 140M€ par an
  • un dossier d’analyse est en cours au niveau DRH Groupe (par âge, sexe, métier…)
  • la question est suivie par la tête du groupe et une attention est portée aux éventuelles évolutions législatives sur le sujet

De nombreuses actions existent déjà ou sont en cours :

  • une information, assez statutaire pour l’instant, des IRP
  • un travail avec des référents RH
  • un outil d’auto-évaluation qui permet une photographie et/ou un état des lieux pour un manager
  • des formations à la prévention de l’absentéisme à destination du management
  • la réalisation d’entretiens de retours (surtout pour les absences supérieures à 3 mois) afin de faciliter le retour et le maintien dans l’emploi
  • un renforcement de contrôles ciblés pour les absences de courte durée (jour de carence)
  • des retours d’expériences dans certaines entités (mais il y a une grande hétérogénéité)
  • l’intégration des résultats liés à l’absentéisme dans la reconnaissance de la performance individuelle et collective
  • la production d’un plan d’actions détaillé et chiffré

Au-delà des actions engagées, qui peuvent se heurter à des résistances ou des effets pervers, 3 grandes difficultés sous-jacentes sont identifiées :

  • le tabou : le sujet est souvent évité. De plus, le secret médical et la limite vie pro/perso ne facilitent pas les choses. Les managers peuvent ne pas se sentir légitimes pour aborder ce sujet avec leurs salariés.
  • le fatalisme : pour ne pas se sentir coupables, beaucoup se retranchent derrière l’idée que l’on ne peut pas faire grand-chose. C’est le salarié qui est absent et il est simple de considérer que c’est de son fait, de sa responsabilité.
  • les stéréotypes : certains abordent le sujet avec des préjugés afin d’éviter toute remise en cause de l’organisation du travail ou de leur posture managériale. Les salariés absents peuvent être rapidement considérés comme des tire-au-flanc, désengagés, qui profitent du système.  

Si l’on regarde le problème dans sa globalité, mais sans généraliser, il peut y avoir un certain confort pour les managers, voire même la structure, à considérer l’absentéisme comme un sujet dépourvu de prise, sur lequel il n’est pas possible d’agir.

Considérer que l’absentéisme est de la seule responsabilité de l’absent permet d’éviter de réinterroger sa propre posture de manager, ainsi que l’organisation du travail et les modes de fonctionnement qui en découlent. 

Quelques propositions du groupe

Les échanges se sont concentrés sur la question des moyens que l’on pourrait donner aux managers de proximité pour se mobiliser sur le sujet de l’absentéisme.

Voici quelques pistes évoquées par les personnes présentes :

  • Sur le tabou (risque : on ne veut rien faire)
    • Simplifier et vulgariser le sujet (termes accessibles dont on peut discuter)
    • Développer les échanges entre pairs sur ce sujet (partages d’expériences concrètes)
    • Intégrer ce sujet de manière « délicate » dans l’entretien annuel d’appréciation
    • Faire prendre conscience des enjeux (coûts, pérennité et qualité de l’emploi, conséquences sur les collègues), responsabiliser
    • Développer la reconnaissance au-delà de l’aspect financier
  • Sur le fatalisme (risque : on ne peut rien faire)
    • Proposer un outil 360° sur le diagnostic absentéisme
    • Relier ce sujet avec la « vraie vie » (ex : gestion des épidémies de grippe)
    • Donner la main aux agents (ex : gestion des plannings)
    • Demander des idées aux managers eux-mêmes
  • Sur les stéréotypes (risque : on ne sait rien faire)
    • Vérifier que le manager n’est pas en difficulté
    • Proposer un jeu d’entreprise qui bat en brèche les idées reçues
    • Libérer la parole en développant la confiance réciproque
    • Attention aux directives trop autoritaires qui génèrent des effets pervers

Le concept de régulation conjointe, au sens de Jean Daniel Reynaud, pourrait être utile afin de provoquer des mises en débats et d’identifier de nouvelles pistes d’actions.

(ce compte-rendu est proposé par Blaise Barbance)

Les nouveaux travailleurs des applis (Marseille, 10 octobre 2019)

jeudi 10 octobre 2019 de 17h30 à 19h

Faculté d’Economie et de Gestion Aix-Marseille Université
Ilot Bernard Dubois (IBD)
5-9 boulevard Maurice Bourdet
Marseille 1er arrondissement
(salle 03)

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences-débats sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ?
Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ?
Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production?
Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ?
Telles sont les questions auxquelles ces conférences-débats cherchent à apporter des éléments de réponse.

Pour la première conférence de ce nouveau cylce, nous recevons Diane Rodet et Luc Sigalo-Santos, pour la présentation de l’ouvrage collectif dirigé par Dominique Méda et Sarah Abdelnour, Les nouveaux travailleurs des applis (PUF, 2019).

Quels impacts les applications numériques et Internet peuvent-elles avoir sur nos manières de travailler et sur nos statuts d’emploi ?

En quoi le fait de commander un véhicule via une application plutôt que par téléphone constituerait la révolution que suggère le terme d’« ubérisation » ?

Le passage en ligne de la commande de travail a fourni l’occasion à de nombreuses entreprises de contourner le code du travail, tout en leur offrant de nouveaux outils de contrôle des travailleurs.

Ces processus sont l’objet d’étude de cet ouvrage de chercheurs en sociologie et en droit, à partir d’enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, les micro-travailleurs ou encore les chefs à domicile.

Les diverses contributions permettent d’envisager les plates-formes numériques non seulement comme une innovation technique, mais aussi comme un nouvel espace où modifier les règles du jeu en matière d’emploi et de travail.

Cette conférence-débat gratuite est ouverte à toutes et tous, merci néanmoins de vous inscrire pour des raisons logistiques.
Inscription en ligne : Cliquer ici

Rencontre APSE à Bordeaux le 18 septembre 2019

A l’occasion de ses 20 ans, l’APSE a initié un tour de France pour aller à la rencontre de celles et ceux qui s’intéressent aux usages des sciences sociales et de la sociologie dans des contextes professionnels.

Nous poursuivons ce tour de France de l’APSE par une étape à Bordeaux le 18 septembre de 18H30 à 20H00.

Bordeaux

Ce premier événement bordelais aura pour objectif d’initier une rencontre entre adhérents et sympathisants de l’APSE dans la région bordelaise, et plus largement avec toutes les personnes (professionnels, consultants, coachs, étudiants, chercheurs…) intéressées par la question des applications concrètes de la sociologie dans l’espace économique et social contemporain.

Venez à notre rencontre pour un moment convivial de découverte de l’APSE, de ses activités et de ses projets ; pour échanger avec d’autres personnes intéressées par les usages de la sociologie dans les univers professionnels, et pour réfléchir ensemble aux activités qui pourraient être développées dans la région de Bordeaux, pour dynamiser un réseau local autour de nos thématiques et favoriser les échanges pluridisciplinaires.

Cette rencontre est gratuite et ouverte à toutes et tous, chacun(e) paye simplement sa consommation auprès de l’établissement qui nous accueille.

Pour des raisons logistiques, merci de vous inscrire en ligne sur le site de l’APSE pour confirmer votre présence – et n’hésitez pas à faire circuler l’invitation dans vos réseaux !

Inscription en ligne : Cliquer ici

Faut-il réinventer le management ? (Paris, 17 septembre 2019)

mardi 17 septembre 2019 de 18h30 à 20h30, Paris 1er

Après notre cycle de conférences-débats organisé en partenariat avec le LEST et les Masters RH de l’Université Aix-Marseille autour de la thématique “le management à l’épreuve du travail”, plusieurs adhérents de l’association ont souhaité prolonger les réflexions sur les formes contemporaines de management et les représentations associées.

L’atelier APSE thématique “le management à réinventer ?” vous convie donc à un Café socio pour imaginer un nouveau cycle de conférences, de rencontres et de débats autour de ce sujet.

Les cafés socio organisés par l’APSE sont des moments d’échanges entre adhérents et sympathisants de l’association, autour d’une thématique portée par un atelier de réflexion de l’association.

A travers une animation spécifique, le principe est de permettre à chacun d’apporter sa contribution au questionnement, à travers ses lectures, son expérience, son vécu ou ses terrains d’intervention. Dans la bonne humeur et le respect des points de vue de chacun.

L’objectif étant ensuite d’identifier quelques axes qui seront prolongés par l’APSE à travers un cycle d’évènements dédiés en 2020 qui pemettront d’aller à la rencontre de témoins, intervenants en entreprise, chercheurs ou professionnels afin d’amener des éclairages complémentaires issus des sciences sociales.

La question du management contemporain, de ses limites et de ses contradictions vous interpelle ?
Y a-t-il vraiment quelque chose à réinventer dans le management ?
Si oui, pourquoi et pour quoi faire ?

Vous aimeriez confronter vos observations et questionnements avec des adhérents de l’APSE, dans un cadre convivial ?

Venez à notre rencontre à l’occasion de ce Café Socio pour construire ensemble les axes de réflexion pour notre futur cycle d’évènements sur le sujet !

L’occasion également de (re)découvrir notre association et la variété de ses membres !

Cet évènement est ouverte à toutes et tous : sociologues, professionnels en entreprise/association/administration, managers, RH, dirigeants, représentants du personnel, consultants, étudiants… membres ou non de l’APSE – votre avis nous intéresse pour ouvrir un maximum nos réflexions !

Plus d’informations et inscription en ligne : Cliquer ici

Invitation à la conférence annuelle des anciens étudiants du Master Management Travail et Développement Social (MTDS)

L’association des Anciens Etudiants du Master Management Travail et Développement Social (MTDS) de l’Université Paris Dauphine a le plaisir d’inviter les adhérents et sympathisants de l’APSE à sa conférence annuelle le 3 octobre 2019, dans le cadre du partenariat qui lie nos associations.

Lors de cet évènement, un débat sera proposé autour de l’ouvrage « Découvrir l’Intelligence Collective » (InterEditions, 2018) d’Olivier Piazza, en présence de l’auteur.

Olivier Piazza est co-Directeur des D.U. Executive Coaching, Intelligence Collective et Management à l’Université de Cergy Pontoise.

Les échanges, dans un contexte convivial, porteront en particulier sur une meilleure compréhension des concepts d’intelligence collective et la manière dont ceux-ci sont mobilisés par certains dans des approches de management et d’amélioration de la qualité de vie au travail, afin de nourrir les regards croisés et les éventuelles controverses sur le sujet entre les participants à l’évènement.

L’évènement est gratuit et ouvert à toutes et à tous, mais l’inscription préalable est nécessaire.

Plus d’infos et inscription en ligne : Cliquer ici

Travail et plateformes numériques : entre exploitation et opportunités (20 juin 2019, Marseille)

L’APSE est partenaire de l’Atelier de recherche Travail et Libertés (ArTLib) à l’IMéRA (Université Aix-Marseille).

ArTLib est un groupe interdisciplinaire et international qui vise à discuter et diffuser d’une façon innovante des idées et des pratiques liées aux transformations profondes engendrées par le travail contemporain dans la sphère des libertés personnelles et collectives des individus.

A l’occasion du cycle de conférences “Travail et Libertés aujourd’hui”, ArTLib organise une nouvelle session publique d’échanges autour de Massimiliano Nicoli (Université de Paris-Nanterre),  Luca Paltrinieri (Université de Rennes 1) et
Muriel Prevot-Carpentier (INRS Nancy).

L’avènement des plateformes numériques de travail a déterminé une série de transformations paradoxales qui concernent à la fois le travail et l’entreprise : la subordination juridique du contrat salarial laisse de plus en plus la place à des nouvelles formes de dépendance économique et psychologique, tandis que la forme-entreprise traditionnelle tend à exploser dans les différentes figures de l’autoentrepreneuriat, ou à se confondre avec le marché sous la forme de l’entreprise-plateforme. Cette situation d’intensification de l’(auto)exploitation de l’individu productif constitue pourtant le terrain d’expérimentation de nouvelles formes de coopération qui s’enracinent dans la longue histoire de l’intelligence politique du travail.

La conférence est ouverte à toutes et tous, sans réservation préalable.
Vous pouvez si vous le souhaitez vous inscrire ici pour recevoir un rappel de l’évènement : Cliquer ici

Quand les sociologues répondent à la commande : de nécessité faire vertu (compte-rendu)

Le mardi 14 mai 2019, à l’université Paris 3, nombreux ceux qui sont venus débattre des pratiques du sociologue, thème au cœur du fondement de notre association.

La parution des numéros de la revue Sociologies Pratiques : numéro 36 « La sociologie sur commandes ?  et numéro 37 Des sociologues sur le fil de la demande a nourri la réflexion sur l’art et la manière des sociologues de trouver des marges de manœuvre, des marges d’intervention dans un périmètre qui est balisé et contraint par des commandes qui font peu cas de ce qu’est la sociologie.

La participation de quatre auteurs à trois tables-rondes a enrichi le débat avec des exemples de terrain.

  • Agathe Devaux-Spatarakis, Sociologue, Quadrant Conseil & Centre Emile Durkheim, UMR, CNRS 5116 :

Article avec Thomas Delahais dans SP 36 : « Évaluation des politiques publiques et sociologie : état des lieux d’une relation distanciée »

  • Anne-Claudine Oller, Sociologue, Maître de conférences en Sciences de l’Education à l’UPEC (Université Paris Est Créteil), et chercheure au LIRTES et rattachée à l’OSC (Observatoire Sociologie Changement) et au LIEPP – Sciences Po.

Article avec Sandrine Garcia dans SP 37 : « Mettre en place une pédagogie rationnelle : de la théorie sociologique aux obstacles sociaux »

  • Elsa Lagier, Docteure en sociologie, chercheure associée au LIRTES (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche sur les Transformations des pratiques Éducatives et Sociales) EA 7313 – Université Paris Est Créteil. Formatrice/chercheure à Buc Ressources, Le campus des métiers du social 

Article dans SP 36 : « La sociologie au service des économies d’énergie ? Déconstruire les implicites de la commande initiale pour mieux y répondre »

  • Denis Salles, Directeur de recherches, (IRSTEA) Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture, Bordeaux et Directeur Adjoint du Labex COTE (www.labexcote.fr) en charge du transfert et de la valorisation.

Article avec Charles de Godoy Leski, Vincent Marquet dans SP 37 : « Sociologie et recherche inclusive : prospective collaborative pour un agenda de recherche sur l’eau »

Ces tables rondes ont été animées par les coordinateurs des numéros, membres du comité de rédaction de la revue :

  • François Granier, Sociologue, Chercheur associé, CNRS-LISE
  • Laurence Ould Ferhat, Sociologue évaluatrice, ADEME et Laboratoire « Printemps » UVSQ
  • Pierre Moisset, Sociologue intervenant
  • Pascal Thobois, Sociologue intervenant et chargé d’enseignement à Sciences Po. Paris

Nous ne vous livrons pas ici une retranscription intégrale de cette conférence-débat dense et pertinente mais seulement quelques propos pour vous donner un aperçu de cette soirée.

La conférence-débat a été introduite par Laurence Ould Ferhat qui, pour situer ces numéros de Sociologies Pratiques, a fait part de leur genèse. Deux aspects ont présidé au choix du thème. Le premier aspect partant d’un constat sur l’état de la commande en sociologie : la sociologie est convoquée pour rendre compte d’une acceptabilité sociale ; par rapport à une vision utilitariste de la sociologie qui fournit un instrument conformatiste. Le second aspect tient de l’hypothèse qu’il y aurait toujours du travail pour les sociologues mais dans une production guidée par le marché dont les résultats seraient cadrés pour répondre à des commandes institutionnelles publiques ou privées.

Puis, elle s’est attardée sur le contenu des numéros : les effets des commandes institutionnelles ou privées sur le métier de sociologue et les conséquences pour la discipline, en citant l’ensemble des auteurs et leurs apports qui viennent infirmer le plus souvent les hypothèses de départ de l’appel à articles.

Dans ces deux numéros, les rôles et la place des sociologues constituent selon elle, l’énigme sociologique qui s’illustre de la manière suivante :

  • Des sociologues confrontés à des attentes de quantification de la performance, de communication et de persuasion chez les commanditaires. Les sociologues sont chargés de contribuer à la résolution de problèmes relevant du management, de la gestion, du marketing, de l’évaluation… Les commandes peu « sociologisées » sont vulnérables à l’instrumentalisation. En effet, la commande ne s’adresse pas à ce qu’est la sociologie et la réponse serait plutôt pluridisciplinaire. La vocation de savoir critique des sociologues n’est pas attendue. Elle doit s’imposer au cours de la prestation.

Face à ce malentendu consubstantiel de la commande de sociologie générant un malaise chez les sociologues, il existe une approche constructiviste. Les sociologues trouvent leur compte malgré tout pour exercer leur métier : un regard critique est préservé. Ils parviennent à exercer leur métier en dépit des contraintes, ce qui se veut rassurant pour la discipline.

  • Les sociologues du 21ème siècle se construisent une autonomie professionnelle en s’appuyant sur des failles de la commande. Des aliénations de la commande leur procurent des ressources qui leur permettent de passer entre les mailles du filet et de desserrer l’étau de la commande. La première ressource tient à l’ambivalence des commandes : un besoin latent de compréhension, un besoin d’intelligibilité non formulé par les commanditaires. La deuxième ressource réside dans le flou des commandes : un besoin d’aide pour un objet non défini. La troisième ressource provient du soutien de la demande social au sens de la sociologie publique : l’attente d’une sociologie émancipatrice. Dans les trois cas, l’apport de sens fonde la pertinence du sociologue.
  • Ces sociologues renouvellent des pratiques face à la complexité et à la duplicité des commandes. Les pratiques sont inventives et n’utilisent plus le vocable de la dénonciation face à « l’impensé du monde néo-libéral ». Ces sociologues mobilisent de nouvelles postures qui rompent avec celles établies. Ils opèrent dans un cheminement avec les enquêtés et les commanditaires qui deviennent des partenaires de recherche. Trois types de professionnalités leur permettent de rester sociologue face à des commandes étrangères à l’univers de pensée sociologique et face au décalage entre la commande et le marché :
    • Une professionnalité assumée où les sociologues défendent ouvertement l’intérêt de la posture sociologique auprès des commanditaires et les font évoluer et déplacent la commande sur le terrain de la sociologie.
    • Une professionnalité clandestine qui emploie la ruse pour faire passer des messages sociologiques, une tactique de piratage bienveillant pour ne pas affoler le commanditaire.
    •  Une professionnalité dédoublée qui consiste à changer de temporalité dans les rôles de consultant et de scientifique dans le but de satisfaire en même temps la commande et une publication pour la recherche.

Pour conclure Laurence Ould Ferhat livre ce constat : la sociologie comme savoir critique résiste encore bien. Cependant, elle rajoute : pour combien de temps ? Tout en faisant preuve de pessimisme sur l’avenir de la discipline en ce qu’elle conçoit de ce qui fait lien social, Laurence Ould Ferhat relève le phénomène de résistance de la sociologie provenant moins d’une demande institutionnelle jugée frileuse que de l’offre, de l’engagement des sociologues et des attentes de la société civile en demande de démocratie.
Ainsi des questionnements demeurent : Est-ce que la sociologie va muter pour obéir à un imaginaire a-social ? Va-t-elle devenir subrepticement un instrument au service du nouveau régime de gouvernement néolibéral, avec disciplinarisation et formatage des conduites humaines à la clef ? La « désociologisation » du travail du sociologue est-elle déjà en marche ? Pour survivre, la sociologie du XXIème siècle va-t-elle devoir perdre son fondement de critique sociale et se soumettre aux intérêts des dominants ? Ou va-t-elle rentrer en résistance ? 

Les tables rondes sont entrées en scène pour étayer l’introduction et permettre un débat avec les participants.

1ère table ronde : La demande de sociologie existe-t-elle ?

A partir de leur expérience de terrain, l’évaluation des politiques publiques pour Agathe Devaux Spatarakis et Engie Chauffage pour Elsa Lagier, les deux contributeurs ont répondu à François Granier sur l’existence d’une demande de sociologie. L’une et l’autre ont été confrontées à une demande pour un problème à régler et non pas à une commande initiale de sociologie. De fait, la question de leur légitimité et des points de vigilance dans leurs actions leur a été posée. A cela, elles disent avoir eu à faire face à une représentation erronée du sociologue le cantonnant dans une intervention sur le social. Faire accepter une approche critique, dans le cas de l’évaluation de l’action publique avec la mise en place d’un cadre de l’évaluation, des entretiens pour comprendre les enjeux et les réseaux d’acteurs et la pluralité de valeurs, apport d’une vision systémique aux acteurs (Agathe Devaux)  et, dans le cas de l’économie de l’énergie (Elsa Lagier) la restitution de la réalité et un éclairage à travers une catégorisation des variables et une typologie des comportements. Que la commande soit explicite ou co-construite avec le commanditaire, l’apport du dialogue dans le processus de compréhension a été indéniable. Dans les deux cas, la vigilance a été de mise face à la pression de recherche de solutions et l’envie de partenariat, toutefois l’octroi des marges de manœuvres a été possible.

En réponse aux questionnements du public, chacune a mis en avant l’importance de la compréhension du cahier des charges, du travail de reformulation de la demande avec les commanditaires et les parties prenantes, de l’élargissement de la commande à tous les acteurs. Ce sont, selon elles, autant de vertus de la posture de sociologue qui leur a conféré de la notoriété et a donné de la crédibilité à la démarche sociologique au vu de la diversité des approches disciplinaires sur le marché. Le secret de la réussite serait d’accepter une distanciation du métier idéal dont la contrepartie serait un accès à des terrains intéressants.

2ème table ronde : Peut-on faire de la sociologie autrement ?

Pascal Thobois a démarré cette deuxième table ronde dans les pas de la première table ronde en effectuant cependant un préambule portant sur une lecture transverse des articles qui pointe des modalités diverses d’intervention ou de recherches avec des choix méthodologiques innovantes grâce au travail autour de la commande. Dans les numéros, il s’est décliné de « d’entrisme méthodologique », présentant une « recherche impliquée » dans la démocratie participative ; de l’interdisciplinarité liée à des collaborations avec des représentants d’autres domaines scientifiques ; de la « recherche inclusive ou collaborative » consistant à associer, de différentes manières, les acteurs de terrain à la démarche sociologique en utilisant la réflexivité des acteurs. Des articles montrent les difficultés et les freins à l’acceptation des innovations de la part du monde académique, la complexité d’une sociologie en actes.

A la suite de ce panorama, Pascal Thobois a invité les contributeurs à relater leurs choix méthodologiques et préciser en quoi ces choix déformaient-ils ou dépassaient-ils le cadre méthodologique « classique » en sciences sociales (où l’enquêteur seul construit son objet de recherche dans un champ disciplinaire assez clos et opère en extériorité par rapport à son terrain). L’objet de la discussion étant de savoir si on pouvait faire de la sociologie autrement ? Et comment ?

Les auteurs ont montré que l’on peut être loin des recherches ou des études classiques avec une co-construction de l’objet d’investigation avec le commanditaire, le terrain, avec des disciplines qui s’hybrident. Le sociologue n’est pas seulement dans une place de savant mais met à contribution le terrain.

Anne-Claudine Oller a été la première à se prononcer sur la manière dont les connaissances sociologiques pouvaient s’approprier dans l’action. Son travail d’apprentissage sur la lecture ne venait pas d’une commande mais d’une demande de contre-partie à un travail d’enquête de thèse. Au-delà d’une observation participante, son travail sur des ateliers de lecture a permis de regarder des pratiques de lecture mais aussi de mener une analyse sur la production et le renforcement des inégalités sociales, d’établir des relations de coopération avec les enseignants, voir de les conseiller.

Quant à Denis Salles, il a présenté son expérience de faire de la sociologie avec d’autres dans le cadre des agendas de recherche, dispositifs stratégiques de programmation de la recherche et recherche sur les enjeux sociétaux visant à hisser l’université de Bordeaux dans les classements internationaux. Son registre étant la gestion de l’eau. Il lui a fallu construire des partenariats avec la société et le monde socio-économique avec une équipe de sociologues. Dans son cas, les aspects inédits ont été la démarche d’implication des chercheurs avec des plates-formes présentant un dispositif et des outils structurants ainsi qu’une restitution avec des chercheurs et acteurs restituant des scénarios. Le cadre conceptuel classique n’a pas été mis de coté pour autant (analyse de réseaux, enquêtes par entretiens, animation de groupe de travail). Denis Salles a signalé son adoption d’une posture de réflexivité et d’inclusion dans la démarche ainsi que d’engagement des sociologues qui seraient les garants de l’organisation de l’agenda.

La seconde question de cette table ronde a été de se préoccuper de l’incidence de ces choix sur le protocole et le commanditaire. Les deux contributeurs s’accordent sur l’attente d’un résultat opérationnel de la commande et de fait, le commanditaire comme le sociologue sont amenés à faire des déplacements dans leur posture « classique » et des transactions sont nécessaires. Pour eux, tous les acteurs (y compris le sociologue) sont concernés et impliqués. Ils partagent le principe de recherche d’objectivation des résultats et des méthodes, caractéristique de la sociologie.

Le public a apporté d’autres cas montrant que la commande n’est pas en attente d’un sociologue mais de solutions. En cela, la sociologie doit faire la preuve de sa légitimité de son rôle. Le sociologue qui doit prendre du recul, est amené à composer pour obtenir des résultats d’où une démarche d’intervention difficilement reconnue dans le monde académique

3ème table ronde : Le sociologue peut-il être aussi un acteur dans la société ?

Pour animer cette dernière table ronde, Pierre Moisset s’est employé à provoquer le débat en dressant un tableau de la place et rôle du sociologue à partir de quelques articles des numéros. Tout d’abord le sociologue cantonné à n’être qu’un critique virulent et sans écho, ou du moins peu entendu, ou bien à n’être qu’un prestataire discret, embarqué dans les attendus de la commande qui lui est faite, puis le sociologue en prise avec la situation concurrentielle de la recherche institutionnelle et l’état de financement de la recherche, et avec des zones de compromis et compromissions variables dans la confrontation aux affluents de la commande et des commanditaires.

La question posée est la place que peut prendre aujourd’hui le sociologue face à la demande sociale de sociologie et, plus largement, dans la société. Toutefois, Pierre Moisset reformule la question en interrogeant sur ce que fait la sociologie et l’impact de l’action du sociologue (se reférant à F. Dubet ). Il revient à demander : pourquoi ne croit-on pas à la sociologie ?

Les contributeurs (Agathe Devaux Spatarakis, Anne-Claudine Oller, Elsa Lagier et Denis Salles ) se sont prononcés en dessinant à leur tour un portrait et un référentiel du métier de sociologue :

  • Au vu du contexte, il faut faire bouger l’image du sociologue et aussi le sociologue lui-même avec une prise de conscience d’être dans un nouveau champ qui réclame une nouvelle posture, une remise en cause de certaines pratiques avoir des règles d’actions
  • Remettre des collectifs au sein des débats, de l’intelligence dans les sujets, placer des logiques sociales dans l’explication des phénomènes, interroger la question de la responsabilité non pas au niveau individuel seulement
  • Le travail du sociologue serait de lutter contre les croyances en la doxa, d’où un travail de formation et de pédagogie
  • Soutenir le sociologue engagé, acteur intégré et impliqué dans les problématiques sociétales et dans leur sujet d’expertise

Les participants eux aussi ont poursuivi l’exercice, en réaction à un étonnement feint que la sociologie ne serait pas une production de savoir et de capacité d’agir. Il est acquis que le sociologue est un acteur à part entière ; de l’importance de la sociologie critique et compréhensive, de l’existence d’acteurs réflexifs pour une sociologie pragmatique

20 heures 50 !

La conférence–débat a été interrompue par le rappel de l’heure de la fermeture des locaux à 20h30. Des réflexions sont restées en suspens notamment sur les places possibles du sociologue…

Nous vous invitons à lire ces deux numéros de Sociologies Pratiques, et à vous abonner sur le site des Presses de Sciences Po pour soutenir ce travail de réflexion !

Merci à Danielle Cerland-Kamelgarn, vice-présidente de l’APSE, pour ce compte-rendu.