Retour sur l’apéro socio d’été

Le 27 juin dernier, l’APSE organisait son apéro socio d’été.

L’occasion pour les participants de partager avec bonne humeur autour de leurs questionnements, actualités professionnelles et lectures.

Nous reprenons ici quelques ouvrages, expositions et vidéos qui ont été proposés lors de la discussion. Bonne découverte !

Enquêter dans les organisations (PUR), par Hinault, Osty et Servel
La dématérialisation n’a pas eu lieu ?
L’entreprise délibérée (Nouvelle Cité) par Mathieu Detchessahar
Exposition un monde de plis par Simone Pheulpin

(merci à Danielle Cerland-Kamelgarn pour ce compte-rendu)

Socio sur Seine d’automne (28 octobre 2019)

Socio sur Seine est un rendez-vous régulier pour discuter de manière décontractée, à l’occasion d’un déjeuner en bord de Seine, autour de la sociologie en entreprise.

Socio sur Seine

L’occasion d’échanger et de découvrir d’autres personnes intéressées par l’utilisation de la sociologie dans le monde professionnel.

Venez à notre rencontre et parlez de ce qui vous tient à coeur : vos projets, vos interrogations, vos lectures, vos chantiers d’intervention, votre pratique de la sociologie dans votre environnement professionnel… dans une ambiance conviviale et dans un lieu favorisant des rencontres ouvertes et dynamiques.

Une bonne occasion également pour tisser des liens professionnels avec d’autres adhérents et sympathisants de l’APSE !

L’inscription est obligatoire et les places limitées pour favoriser la convivialité lors du repas.

Après votre inscription, nous vous recontacterons par mail pour vous indiquer le lieu de RDV dans un restaurant du bord de Seine à Paris.

L’évènement est gratuit, chacun paie son repas auprès du restaurateur qui nous accueille (selon la consommation, compter de 15 à 25 euros par personne).

Inscription en ligne : Cliquer ici

Patrons en France – retour sur notre conférence-débat

Le 13 juin 2019, le sociologue et chercheur Michel Offerlé participait à une conférence-débat APSE autour de l’ouvrage collectif qu’il a dirigé en 2017, intitulé Patrons en France.

Tout le monde a son idée sur les patrons. Voire une mauvaise opinion, comme 62 % des Français qui jugent les grands patrons « méprisants » et « autoritaires »(2). « Le patronat est à la fois connu et méconnu », prévient Michel Offerlé en ouvrant sa conférence. Le sociologue a d’abord analysé les organisations professionnelles, avant de passer au crible les « métiers » dans Patrons en France, l’ouvrage collectif qu’il a coordonné en 2017.

Une catégorie diversifiée

« La sociologie s’était peu intéressée à eux, dit-il. Avec des étudiants et confrères, nous avons mené des centaines d’entretiens, sur leur histoire de vie, leur formation, leur métier, mais aussi leurs goûts ou leurs valeurs… Le plus grand dirigeait 100 000 salariés, le plus petit, aucun. » Résultat : « le patron ventru, avec haut- de-forme et cigare » a vécu.
Et les quelque deux millions de dirigeants de France (dont 170 000 pilotent une entreprise de plus de dix salariés) représentent une catégorie sociale très diversifiée.

Parmi eux, 40% sont fils d’ouvriers ou d’employés. « Mais, précise Michel Offerlé, plus on monte dans la hiérarchie, plus il y a une reproduction sociale. » C’est une population plutôt âgée – 37% ont plus de 50 ans – et « en voie de féminisation », avec 25% de femmes. « Et surtout, elle est très étirée au niveau des diplômes : des autodidactes aux détenteurs d’un CAP, jusqu’à des bac+5 ou +10. » Cette forte diversité se retrouve dans les pra- tiques culturelles – du passionné d’opéra au fan de séries télévisuelles -, comme dans les revenus, relève encore le cher- cheur, « qui passent de 1 à 2 000, avec des patrons qui ne se payent pas et d’autres qui gagnent des fortunes ».

Du paternalisme à la distance

Multiple, l’identité patronale commune se définit en partie par la négative, « par des adversaires ou des dégoûts com- muns, note Michel Offerlé. Mais celle-ci s’exprime plus ou moins frontalement selon que l’on dirige une entreprise du CAC40 ou une PME. »
La liste est longue des objets de mécontentement, du rap- port à l’Etat ou à l’Urssaf, à l’inspection du travail ou au fonctionnaire (tour à tour « inspecteur » ou « fainéant »), les syndicats (surtout la CGT), et la crainte des Prud’hommes, les banquiers…

« Il y a aussi la complainte vis-à-vis des salariés », complète le sociologue. Les patrons de PME se plaignant de « ne plus trouver de jeunes qui ont envie de travailler »… Ceux du CAC40 ne trouvant pas assez de « soft skills chez les candidats »…

Mais le rapport avec les salariés varie beaucoup selon la taille de l’entreprise. « Certains, à la tête d’une PME, sont hommes orchestre, experts dans leur profession et pilotes d’une équipe mais ne souhaitent pas diriger une ETI, analyse le sociologue. Parmi eux, quelques-uns assument leur rôle de chef, quand d’autres revendiquent une forme de paternalisme, et vont loin dans l’aide à leurs salariés, en cas de handicap ou de deuil »…

Plus la taille de l’en- treprise augmente, moins il est en prise directe avec le social, poursuit le chercheur, « la valorisation des salariés passant par le développement de leurs capacités. Le dirigeant, lui, progresse vers un travail gratifiant et transmet souvent aux RH le « sale boulot » dans la gestion du personnel. Le dirigeant d’un groupe de 50 000 salariés connaît au maximum 200 personnes. »

L’argent, la créativité, le produit

Le plaisir de l’entreprise ? L’argent, pour certains.
« Mais pas seulement, plaide le sociologue. D’autres se passionnent pour leur produit, évoquent la réalisation de soi, la créativité. Avoir du pouvoir sur les autres et sur le monde social est sûrement une motivation. » Mais, devant le sociologue au moins, beaucoup préfèrent parler de la compétition, évoquant « l’esprit d’entreprise à la française », avec cette idée que « nous sommes en train de devenir une nation d’entrepreneurs, qui développe un discours fort et un désir d’entrepreneuriat »…

Cela peut-il aussi concourir au renouvellement de la figure du patron ?

(compte-rendu proposé par Chloé Guillot Soulez et Blaise Barbance ; cette conférence-débat a été organisée en partenariat avec l’iaelyon et le réseau REFERENCE RH)

Retour sur le cabanon socio “l’absentéisme au travail”

Le 6 juin 2019 un cabanon socio APSE s’est déroulé à Marseille sur le thème de l’absentéisme à partir de l’expérience concrète d’une grande entreprise du secteur de l’énergie.

8 personnes invitées par l’APSE ont échangé leurs points de vue en utilisant un protocole d’animation proche du co-développement.

Voici une synthèse de leurs travaux, tout à fait provisoires, à recontextualiser et perfectibles bien entendu, pour alimenter les réflexions des personnes intéressées par le sujet.

Les questions de départ

Dans le cas de l’entreprise présentée, l’objectif de la Direction et de passer de 14 à 8 jours d’absence par an et par agent.

4 questions ont été ciblées :

  • Peut-on réduire l’absentéisme ? En quoi l’entreprise peut-elle agir sur les absences, les arrêts maladie de son personnel ?
  • Comment réduire l’absentéisme ? Quels sont les déterminants de l’absentéisme ? Pourquoi les salariés s’absentent-ils ?
  • Comment mobiliser les directions, les différents niveaux de management sur ce sujet ? Comment traiter ce sujet avec les partenaires sociaux ? Et avec les salariés ?
  • Les nouveaux modèles managériaux ont-ils un impact sur l’absentéisme ? Qu’en est-il de l’influence des tendances actuelles en matière d’aménagement des espaces de travail (open space, flex office) ?

Quelques éléments de clarification du contexte

La DG est clairement mobilisée sur le sujet, même si les résultats de l’entreprise ne sont pas pires que ceux du marché :

  • le coût de l’absentéisme est évalué à 140M€ par an
  • un dossier d’analyse est en cours au niveau DRH Groupe (par âge, sexe, métier…)
  • la question est suivie par la tête du groupe et une attention est portée aux éventuelles évolutions législatives sur le sujet

De nombreuses actions existent déjà ou sont en cours :

  • une information, assez statutaire pour l’instant, des IRP
  • un travail avec des référents RH
  • un outil d’auto-évaluation qui permet une photographie et/ou un état des lieux pour un manager
  • des formations à la prévention de l’absentéisme à destination du management
  • la réalisation d’entretiens de retours (surtout pour les absences supérieures à 3 mois) afin de faciliter le retour et le maintien dans l’emploi
  • un renforcement de contrôles ciblés pour les absences de courte durée (jour de carence)
  • des retours d’expériences dans certaines entités (mais il y a une grande hétérogénéité)
  • l’intégration des résultats liés à l’absentéisme dans la reconnaissance de la performance individuelle et collective
  • la production d’un plan d’actions détaillé et chiffré

Au-delà des actions engagées, qui peuvent se heurter à des résistances ou des effets pervers, 3 grandes difficultés sous-jacentes sont identifiées :

  • le tabou : le sujet est souvent évité. De plus, le secret médical et la limite vie pro/perso ne facilitent pas les choses. Les managers peuvent ne pas se sentir légitimes pour aborder ce sujet avec leurs salariés.
  • le fatalisme : pour ne pas se sentir coupables, beaucoup se retranchent derrière l’idée que l’on ne peut pas faire grand-chose. C’est le salarié qui est absent et il est simple de considérer que c’est de son fait, de sa responsabilité.
  • les stéréotypes : certains abordent le sujet avec des préjugés afin d’éviter toute remise en cause de l’organisation du travail ou de leur posture managériale. Les salariés absents peuvent être rapidement considérés comme des tire-au-flanc, désengagés, qui profitent du système.  

Si l’on regarde le problème dans sa globalité, mais sans généraliser, il peut y avoir un certain confort pour les managers, voire même la structure, à considérer l’absentéisme comme un sujet dépourvu de prise, sur lequel il n’est pas possible d’agir.

Considérer que l’absentéisme est de la seule responsabilité de l’absent permet d’éviter de réinterroger sa propre posture de manager, ainsi que l’organisation du travail et les modes de fonctionnement qui en découlent. 

Quelques propositions du groupe

Les échanges se sont concentrés sur la question des moyens que l’on pourrait donner aux managers de proximité pour se mobiliser sur le sujet de l’absentéisme.

Voici quelques pistes évoquées par les personnes présentes :

  • Sur le tabou (risque : on ne veut rien faire)
    • Simplifier et vulgariser le sujet (termes accessibles dont on peut discuter)
    • Développer les échanges entre pairs sur ce sujet (partages d’expériences concrètes)
    • Intégrer ce sujet de manière « délicate » dans l’entretien annuel d’appréciation
    • Faire prendre conscience des enjeux (coûts, pérennité et qualité de l’emploi, conséquences sur les collègues), responsabiliser
    • Développer la reconnaissance au-delà de l’aspect financier
  • Sur le fatalisme (risque : on ne peut rien faire)
    • Proposer un outil 360° sur le diagnostic absentéisme
    • Relier ce sujet avec la « vraie vie » (ex : gestion des épidémies de grippe)
    • Donner la main aux agents (ex : gestion des plannings)
    • Demander des idées aux managers eux-mêmes
  • Sur les stéréotypes (risque : on ne sait rien faire)
    • Vérifier que le manager n’est pas en difficulté
    • Proposer un jeu d’entreprise qui bat en brèche les idées reçues
    • Libérer la parole en développant la confiance réciproque
    • Attention aux directives trop autoritaires qui génèrent des effets pervers

Le concept de régulation conjointe, au sens de Jean Daniel Reynaud, pourrait être utile afin de provoquer des mises en débats et d’identifier de nouvelles pistes d’actions.

(ce compte-rendu est proposé par Blaise Barbance)

Les nouveaux travailleurs des applis (Marseille, 10 octobre 2019)

jeudi 10 octobre 2019 de 17h30 à 19h

Faculté d’Economie et de Gestion Aix-Marseille Université
Ilot Bernard Dubois (IBD)
5-9 boulevard Maurice Bourdet
Marseille 1er arrondissement
(salle 03)

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences-débats sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ?
Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ?
Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production?
Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ?
Telles sont les questions auxquelles ces conférences-débats cherchent à apporter des éléments de réponse.

Pour la première conférence de ce nouveau cylce, nous recevons Diane Rodet et Luc Sigalo-Santos, pour la présentation de l’ouvrage collectif dirigé par Dominique Méda et Sarah Abdelnour, Les nouveaux travailleurs des applis (PUF, 2019).

Quels impacts les applications numériques et Internet peuvent-elles avoir sur nos manières de travailler et sur nos statuts d’emploi ?

En quoi le fait de commander un véhicule via une application plutôt que par téléphone constituerait la révolution que suggère le terme d’« ubérisation » ?

Le passage en ligne de la commande de travail a fourni l’occasion à de nombreuses entreprises de contourner le code du travail, tout en leur offrant de nouveaux outils de contrôle des travailleurs.

Ces processus sont l’objet d’étude de cet ouvrage de chercheurs en sociologie et en droit, à partir d’enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, les micro-travailleurs ou encore les chefs à domicile.

Les diverses contributions permettent d’envisager les plates-formes numériques non seulement comme une innovation technique, mais aussi comme un nouvel espace où modifier les règles du jeu en matière d’emploi et de travail.

Cette conférence-débat gratuite est ouverte à toutes et tous, merci néanmoins de vous inscrire pour des raisons logistiques.
Inscription en ligne : Cliquer ici

Rencontre APSE à Bordeaux le 18 septembre 2019

A l’occasion de ses 20 ans, l’APSE a initié un tour de France pour aller à la rencontre de celles et ceux qui s’intéressent aux usages des sciences sociales et de la sociologie dans des contextes professionnels.

Nous poursuivons ce tour de France de l’APSE par une étape à Bordeaux le 18 septembre de 18H30 à 20H00.

Bordeaux

Ce premier événement bordelais aura pour objectif d’initier une rencontre entre adhérents et sympathisants de l’APSE dans la région bordelaise, et plus largement avec toutes les personnes (professionnels, consultants, coachs, étudiants, chercheurs…) intéressées par la question des applications concrètes de la sociologie dans l’espace économique et social contemporain.

Venez à notre rencontre pour un moment convivial de découverte de l’APSE, de ses activités et de ses projets ; pour échanger avec d’autres personnes intéressées par les usages de la sociologie dans les univers professionnels, et pour réfléchir ensemble aux activités qui pourraient être développées dans la région de Bordeaux, pour dynamiser un réseau local autour de nos thématiques et favoriser les échanges pluridisciplinaires.

Cette rencontre est gratuite et ouverte à toutes et tous, chacun(e) paye simplement sa consommation auprès de l’établissement qui nous accueille.

Pour des raisons logistiques, merci de vous inscrire en ligne sur le site de l’APSE pour confirmer votre présence – et n’hésitez pas à faire circuler l’invitation dans vos réseaux !

Inscription en ligne : Cliquer ici

Faut-il réinventer le management ? (Paris, 17 septembre 2019)

mardi 17 septembre 2019 de 18h30 à 20h30, Paris 1er

Après notre cycle de conférences-débats organisé en partenariat avec le LEST et les Masters RH de l’Université Aix-Marseille autour de la thématique “le management à l’épreuve du travail”, plusieurs adhérents de l’association ont souhaité prolonger les réflexions sur les formes contemporaines de management et les représentations associées.

L’atelier APSE thématique “le management à réinventer ?” vous convie donc à un Café socio pour imaginer un nouveau cycle de conférences, de rencontres et de débats autour de ce sujet.

Les cafés socio organisés par l’APSE sont des moments d’échanges entre adhérents et sympathisants de l’association, autour d’une thématique portée par un atelier de réflexion de l’association.

A travers une animation spécifique, le principe est de permettre à chacun d’apporter sa contribution au questionnement, à travers ses lectures, son expérience, son vécu ou ses terrains d’intervention. Dans la bonne humeur et le respect des points de vue de chacun.

L’objectif étant ensuite d’identifier quelques axes qui seront prolongés par l’APSE à travers un cycle d’évènements dédiés en 2020 qui pemettront d’aller à la rencontre de témoins, intervenants en entreprise, chercheurs ou professionnels afin d’amener des éclairages complémentaires issus des sciences sociales.

La question du management contemporain, de ses limites et de ses contradictions vous interpelle ?
Y a-t-il vraiment quelque chose à réinventer dans le management ?
Si oui, pourquoi et pour quoi faire ?

Vous aimeriez confronter vos observations et questionnements avec des adhérents de l’APSE, dans un cadre convivial ?

Venez à notre rencontre à l’occasion de ce Café Socio pour construire ensemble les axes de réflexion pour notre futur cycle d’évènements sur le sujet !

L’occasion également de (re)découvrir notre association et la variété de ses membres !

Cet évènement est ouverte à toutes et tous : sociologues, professionnels en entreprise/association/administration, managers, RH, dirigeants, représentants du personnel, consultants, étudiants… membres ou non de l’APSE – votre avis nous intéresse pour ouvrir un maximum nos réflexions !

Plus d’informations et inscription en ligne : Cliquer ici

Invitation à la conférence annuelle des anciens étudiants du Master Management Travail et Développement Social (MTDS)

L’association des Anciens Etudiants du Master Management Travail et Développement Social (MTDS) de l’Université Paris Dauphine a le plaisir d’inviter les adhérents et sympathisants de l’APSE à sa conférence annuelle le 3 octobre 2019, dans le cadre du partenariat qui lie nos associations.

Lors de cet évènement, un débat sera proposé autour de l’ouvrage « Découvrir l’Intelligence Collective » (InterEditions, 2018) d’Olivier Piazza, en présence de l’auteur.

Olivier Piazza est co-Directeur des D.U. Executive Coaching, Intelligence Collective et Management à l’Université de Cergy Pontoise.

Les échanges, dans un contexte convivial, porteront en particulier sur une meilleure compréhension des concepts d’intelligence collective et la manière dont ceux-ci sont mobilisés par certains dans des approches de management et d’amélioration de la qualité de vie au travail, afin de nourrir les regards croisés et les éventuelles controverses sur le sujet entre les participants à l’évènement.

L’évènement est gratuit et ouvert à toutes et à tous, mais l’inscription préalable est nécessaire.

Plus d’infos et inscription en ligne : Cliquer ici

Soutenez la revue Sociologies Pratiques en vous abonnant

Sociologies Pratiques est une revue de sociologie fondée en 1999 par le sociologue Renaud Sainsaulieu et l’APSE. Aujourd’hui éditée par les Presses de Sciences Po, Sociologies Pratiques est intégrée dans la liste des revues scientifiques reconnues par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES).

Cette revue atypique paraît deux fois par an (hors numéros spéciaux) et donne la parole aux chercheurs et aux praticiens afin de témoigner de réalités sociales émergentes, de comprendre les mouvements de notre monde et de donner à voir une sociologie appliquée.

Le projet éditorial de la revue recherche un équilibre entre monde académique et professionnel, entre compréhension et action, tout en portant un regard sociologique pour comprendre le changement social.

La volonté de croiser témoignages d’acteurs de terrain – qui agissent au cœur des transformations – et réflexions de chercheurs – qui donnent les résultats de leurs enquêtes les plus récentes – fait de Sociologies Pratiques un espace éditorial et intellectuel original qui s’adresse à tout lecteur intéressé par la sociologie en pratique.

L’APSE soutient activement la revue en proposant notamment des évènements réguliers autour de chaque numéro, permettant aux auteurs de prolonger leurs analyses auprès du public, et en relayant les appels à contributions vers les différentes sphères, professionnelles comme académiques.

Pour pouvoir permettre à Sociologies Pratiques de développer sa visibilité et de poursuivre ce projet éditorial atypique, la revue a besoin de soutien, à travers les abonnements.

Si vous le pouvez, nous vous invitons donc à vous abonner à la revue sur le site des Presses de Sciences Po grâce au lien suivant :
S’abonner en ligne à la revue Sociologies Pratiques

Les prochains numéros à paraître :
N° 39 : Entreprise et religions (diffusion mi-octobre 2019)
N° 40 : Renouveler la critique des outils d’évaluation chiffrés : le détour par l’observation ethnographique (diffusion : mi-avril 2020)
N° 41 : Peut-on manger sans risque ? Acteurs et instruments de la sécurité sanitaire (diffusion mi-octobre 2020)

Peut-on manger sans risque ? (appel à contributions)

La revue Sociologies Pratiques propose un appel à contributions pour son numéro 41 à paraître en 2020.

La revue Sociologies pratiques s’adresse aux chercheurs académiques et universitaires tout autant qu’aux professionnels, intervenants, consultants qui mobilisent la sociologie pour leurs travaux.

Les articles attendus peuvent être de deux natures.
D’une part, des analyses réflexives et sociologiques fondées sur des recherches empiriques récentes (analyses de témoignages, études de cas, débats critiques, etc.).
D’autre part, des analyses de pratiques professionnelles (témoignages de pratiques et réflexion sur les conditions de l’action, les justifications de l’action et les conséquences sur l’action).
Dans l’un comme dans l’autre cas, les articles doivent être analytiques et traiter de l’une ou de plusieurs des questions soulevées dans l’appel.
Les articles qui croisent différents axes développés dans l’appel sont les bienvenus.

Les intentions d’article (5.000 signes espaces compris) sont à adresser avant le 30 août 2019 par voie électronique à socioprat41@gmail.com
Elles devront contenir une présentation du questionnement sociologique, du terrain, de la méthodologie et des résultats proposés. Après examen, la revue retournera son avis aux auteurs le 30 septembre 2019. Les auteurs devront alors proposer une première version complète de leur article (27.000 signes espaces compris, bibliographie non comprise) pour le 20 novembre 2019. La revue paraîtra en octobre 2020. Toute intention d’article, comme tout article, est soumis à l’avis du Comité de lecture de la revue, composé des deux coordinateurs, des membres du Comité de rédaction et d’un relecteur externe qui œuvre en « double aveugle ». L’acceptation de l’intention d’article ne présume pas de l’acceptation de l’article. Le comité de rédaction se réserve le droit de demander des modifications aux versions successives et ce sans préjuger d’une publication finale.

Peut-on manger sans risque ?
Acteurs et instruments de la sécurité sanitaire

Coordination scientifique : Laure Bonnaud, IRISSO, INRA-CNRS-Université Dauphine, PSL
Coordination éditoriale : François Granier

Crise dite du « concombre tueur » (qui concernait des graines germées de fenugrec) en 2011 ; scandale européen des lasagnes de cheval en 2013 ; présences de salmonelles dans le lait infantile produit par une usine du groupe Lactalis en 2017-18 ; controverses récurrentes sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes ou sur l’interdiction du dioxyde de titane utilisé comme additif dans les bonbons… : la longue liste des crises et scandales alimentaires en Europe ces dernières années montre la permanence des fraudes et des risques sanitaires de l’alimentation. Pourtant, en 2002, l’adoption par l’Union européenne de la General Food Law Regulation entendait tirer les conséquences des crises des années 1990, en particulier de la crise de la vache folle. L’encéphalite spongiforme bovine, ou ESB, avait provoqué des décès dus au nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt Jakob, mis à mal la filière de la viande bovine en Europe, l’organisation des services de contrôle et la solidarité entre États-membres. La Food Law, puis l’ensemble des règlements européens du Paquet hygiène, entré en vigueur en 2006, marquaient une évolution des principes de l’action publique européenne (séparation de l’expertise et de la décision, nécessaire communication sur les risques), transformait les institutions en charge de la sécurité de l’alimentation (création des agences, dont l’European Food Safety Authority –EFSA, au niveau européen) et annonçait une nouvelle répartition des rôles entre acteurs économiques et autorités publiques, avec l’affirmation de la responsabilité des industries de l’alimentation quant aux produits qu’elles mettent sur le marché. Près de vingt ans après cette réorganisation de l’ensemble du dispositif de sécurité sanitaire des aliments, on peut se demander comment a évolué l’action publique de ce secteur, comment les acteurs publics et privés ont modifié leurs pratiques et leurs métiers, dans quelle mesure les consommateurs ont fait évoluer leurs comportements, et pour quelles raisons le dispositif existant produit la répétition des crises sanitaires et des fraudes alimentaires.

1/ La qualité de l’alimentation : un problème public en constante expansion ?

Les travaux d’historiens publiés au début des années 2000 ont mis en évidence le souci constant des autorités publiques de garantir une nourriture de qualité pour les populations qu’elles gouvernent. La répartition des responsabilités entre acteurs publics et privés a cependant souvent variée, si l’on songe à la forte implication des guildes au moyen-âge, à l’intérêt marqué des Etats à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ou à la corégulation actuellement en place dans l’union européenne. De nombreuses recherches ont été menées sur les institutions nouvellement instaurées au début des années 2000, en particulier sur les agences d’expertise ou sur la définition des nouveaux instruments d’action publique, par exemple la méthode H.A.C.C.P (Hazard Analysis – Critical Control Point), ou la mise en place de la traçabilité… Elles ont cependant souvent concerné les premiers temps de ces réformes et de nouveaux travaux seraient indiscutablement utiles pour mieux analyser leur impact à moyen terme. De plus, certaines crises récentes ont porté l’attention sur de nouveaux enjeux, par exemple le lobbying de certains acteurs industriels, le rôle d’alerte des associations de victimes ou le décalage entre l’expertise des agences et la décision réglementaire, la qualité des aliments distribués par les organisations caritatives… Enfin, alors que les crises des années 1990 ont généralement impliqué des dangers microbiologiques ou liées aux maladies animales (ESB, tuberculose), l’attention semble s’élargir à de nouveaux types de risques, comme les résidus chimiques (pesticides, additifs alimentaires), ou les nanomatériaux, et à leurs conséquences en termes de maladies chroniques. L’analyse de la gouvernance de la sécurité sanitaire de l’alimentation mérite donc d’être approfondie dans ce contexte renouvelé. Le rôle des associations environnementales, de victimes ou de consommateurs pour la sécurité de l’alimentation, l’interpellation des pouvoirs publics, la gestion de crise ou l’information de la population pourrait également être l’objet de propositions d’articles. Enfin, en France, la fusion départementale des services vétérinaires et de la répression des fraudes illustre ce nouveau cadrage de l’action publique, tournée vers la qualité de l’alimentation, quelle que soit l’origine des dangers et des risques qui la menace. Néanmoins, les origines de cette réforme, ainsi que les référentiels réglementaires ainsi établis n’ont pas encore fait l’objet de publications quant aux rationalités à l’œuvre ou aux implications en termes d’action publique. De tels travaux seraient particulièrement les bienvenus pour ce numéro.

2/ Vers une reconfiguration des métiers de la sécurité sanitaire de l’alimentation ?

La mise en œuvre du Paquet Hygiène a donné lieu, depuis le début des années 2000, à des recherches sur le travail dans les services en charge du contrôle de la sécurité sanitaires des aliments, dans une perspective articulant sociologie du travail, sociologie du droit et sociologie de l’action publique. Les abattoirs ont constitué un lieu privilégié d’observation, y compris les enjeux en termes de santé au travail pour les agents de l’Etat en charge de l’inspection. Les recherches abordent les pratiques et l’organisation de travail, le rapport au droit des inspecteurs, notamment la façon dont ils articulent sanction et accommodement des règles, ainsi que la nature et les conditions des interactions entre contrôleurs et contrôlés, dans un contexte parfois tendu avec les professionnels inspectés. La déclinaison concrète des nouveaux principes de la Food Law dans les services d’inspection, par exemple la communication sur les risques, a également été objet de quelques publications, qui pourraient cependant être enrichies d’analyse sur le travail de prévention à destination des consommateurs et les tentatives de modifications de leurs comportements. Certaines dimensions du travail des agents de l’Etat, en particulier la formation, la gestion de crise et d’alerte, la nécessaire évolution des savoirs et des méthodes d’inspection dans une économie de flux, sont moins bien connus. Par ailleurs, l’impact des réformes de l’Etat sur l’action publique de sécurité sanitaire des aliments mériterait d’être davantage investigué. La Cour des comptes a déjà publié à deux reprises, en 2014 et 2018, des alertes sur la perte de maîtrise, par l’Etat, de son système de sécurité sanitaire de l’alimentation. Elle met notamment en évidence les effets des réductions massives d’emplois dans les services territoriaux. De nouvelles analyses du travail des agents de l’Etat, dans leur diversité (experts, enseignants et formateurs, fonctionnaires des administrations centrales comme des services déconcentrés) sont particulièrement attendues.

3/ Les entreprises agroalimentaires, seules responsables de la sécurité de l’alimentation ?

Avec la Food Law, les entreprises agroalimentaires, réglementairement responsables des produits qu’elles mettent sur le marché, sont les acteurs incontournables de la sécurité sanitaire de l’alimentation. On entend ici entreprises agroalimentaires au sens large, depuis les producteurs fermiers jusqu’aux multinationales du secteur. De façon générale, le dispositif européen de sécurité sanitaire de l’alimentation semble recomposer la frontière entre ce qui relève de l’État et ce qui relève des entreprises, y compris dans la mise en œuvre d’une politique réglementaire. Ainsi en est-il de la reconnaissance, par les autorités publiques, d’un certain nombre de contrôles des entreprises agroalimentaires, selon des modalités très diverses : autocontrôles, éventuellement avec obligation de communication des résultats aux services de contrôle ; projet de délégation des contrôles à des sociétés d’audit en remise directe (restaurants, commerces de proximité…) ou aux abattoirs pour les productions industrielles ; définition par l’administration de variation de l’intensité des contrôles officiels en fonction de l’obtention de certaines certification par les entreprises agroalimentaires, etc. De plus, la mise en œuvre des réglementations existantes suppose une grande implication des entreprises. Or le fonctionnement interne des entreprises agroalimentaires en matière de prévention et de gestion des risques reste mal connu, en particulier pour les plus importantes d’entre elles.

Pour cet appel à articles, le type d’entreprises concerné par la prévention et la gestion des dangers de l’alimentation peut être élargi au-delà du seul secteur de l’agroalimentaire. Les entreprises de production d’additifs, d’emballage, de la logistique, les laboratoires d’analyse, les acteurs de la distribution, etc. peuvent également contribuer à la sécurité de l’alimentation et donc faire l’objet de propositions d’articles. En tenant compte de cet tel élargissement, les contributions pourrait concerner le fonctionnement interne des établissements ou des filières en faveur de la sécurité de l’alimentation (dont la mise en œuvre de la traçabilité ou des systèmes HACCP), mais aussi l’analyse de l’information et de la communication, de la promotion de produits nouveaux, ou reformulés (notamment l’étiquetage des produits, par exemple « sans » pesticides, additifs, etc.), des campagnes de publicité autour de l’alimentation saine, de l’articulation entre des données d’entreprises et des logiques sanitaires (comme le contact des clients avec les cartes de fidélité lors des procédures de retrait-rappel), etc. Les travaux à ce sujet restent peu nombreux et la revue accueillera avec beaucoup d’intérêt la présentation de nouvelles recherches dans ce domaine.

4/ Des outils sociotechniques au service des consommateurs pour garantir la qualité de l’alimentation ?

La prévention et la gestion de la sécurité sanitaire des aliments supposent que les acteurs sociaux qui en sont chargés soient équipés : des prélèvements et tests de laboratoire sont régulièrement effectués, impliquant parfois une analyse ADN lorsqu’il s’agit de garantir une origine ; la traçabilité n’est pas envisageable sans support informatique dans une économie mondialisée ; certains militants développent des sites internet ou des applications pour déclarer des toxi-infections alimentaires (exemple de https://iwaspoisoned.com/). Les applications pour smartphones qui proposent des informations sur la composition des aliments, pour manger mieux ou manger sain, ou supprimer certains ingrédients ou additifs semblent se multiplier. Face à cette évolution du rapport à l’alimentation, les services de l’Etat ne sont pas sans réaction. La mise en place de l’application Alim’confiance, qui permet de consulter les résultats des contrôles avant de choisir un restaurant, va également dans le sens d’un déploiement d’outils qui permettent aux consommateurs de participer à la sécurité sanitaire du système alimentaire. Le travail d’innovation autour de ces outils, y compris la délicate question de la propriété des données, ainsi que l’usage de ces services par les consommateurs, sont encore mal connus et des éclairages sociologiques de ces pratiques serait les bienvenus. Plus généralement, les évolutions du travail que ces outils impliquent, dans les entreprises comme dans les services de contrôle, restent pour le moment un impensé des analyses sociologiques, une lacune que notre dossier pourrait contribuer à lever.

Présentation de la revue

Sociologies pratiques est une revue de sociologie fondée en 1999 par Renaud Sainsaulieu et l’Association des professionnels en sociologie de l’entreprise (APSE). Elle est aujourd’hui éditée par les Presses de Sciences Po. La revue est intégrée dans la liste des revues scientifiques reconnues par le Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES). Elle est répertoriée sur les bases Francis et Cairn. Sociologies pratiques paraît deux fois par an. Ses numéros thématiques (environ 200 pages) donnent la parole à des chercheurs et à des praticiens afin de témoigner de réalités sociales émergentes et de comprendre les mouvements de notre monde. Le projet éditorial de la revue rend compte d’une sociologie appliquée. En ce sens, il recherche un équilibre entre monde académique et monde professionnel, entre compréhension et action, tout en portant un regard clairement sociologique pour comprendre le changement social. La volonté de croiser témoignages d’acteurs de terrain – qui agissent au cœur des transformations – et réflexions de chercheurs – qui donnent les résultats de leurs enquêtes les plus récentes – fait de Sociologies pratiques un espace éditorial et intellectuel original qui s’adresse à tout lecteur intéressé par la sociologie en pratique.

Appel à contribution permanent

Outre le dossier thématique composé des articles retenus à partir de l’appel à contributions, Sociologies pratiques propose d’autres rubriques ; par exemple : Sociologies d’ailleurs, Le Métier, Lectures, Échos des colloques, Bonnes feuilles des Masters. Des varia peuvent aussi être publiés.

Rubrique « Échos des colloques »

Qui n’est pas un jour passé à côté d’un colloque auquel il serait bien allé ? « Sociologies Pratiques » propose à ses lecteurs une rubrique « Échos des colloques ». Il s’agit d’évoquer sous une forme concise et personnelle (7.000 signes maximum), les colloques auxquels des lecteurs, désireux de faire partager à d’autres leurs impressions, ont participé.

Rubrique « Le métier »

La rubrique « Le métier » est l’un des marqueurs éditoriaux de Sociologies pratiques, revue ouverte sur les usages non académiques de la sociologie. En valorisant l’expérience d’une sociologie appliquée (recherche-action, étude, expertise, conseil, évaluation de politiques publiques…), cette rubrique offre à des intervenants qui « font » de la sociologie, mais aussi la « déforment » du fait de leurs usages, l’opportunité de rendre compte de leur pratique et de signifier ce qu’apporte le détour sociologique aux organisations pour lesquelles ils travaillent. Il est attendu des auteurs qu’ils fassent preuve de réflexivité et qu’ils exposent, outre leur terrain et leurs résultats saillants, les stratégies qu’ils parviennent (ou non) à mettre en place pour faire accepter leur approche sociologique, qui déconstruit souvent les certitudes des commanditaires et va à l’encontre des discours convenus dans les organisations.

____________________