Les nouvelles frontières du travail – cycle de conférences-débats

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Pour cette quatrième année de conférences, nous poursuivons le cycle consacré aux nouvelles formes du travail. Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ? Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ? Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production ? Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ? Telles sont les questions auxquelles ces conférences chercheront à apporter des éléments de réponse.

Ouvertes à toutes et tous, étudiants, représentants du personnel, professionnels des RH et salariés, chercheurs, consultants et praticiens des sciences sociales, ces conférences sont organisées autour de la présentation, par leurs auteurs, de récents ouvrages de sciences sociales, consacrés à l’étude des transformations du monde du travail et des pratiques de management dans les établissements français.

Pour aborder cette réflexion, et dans le prolongement des trois premières éditions de ce cycle de conférences, les auteurs invités ont réalisé des travaux de recherche adossés à des enquêtes de terrain approfondies. Ils permettent de ce point de vue de réfléchir d’une part à ce que produisent concrètement les dispositifs de management sur le terrain et d’autre part, à la manière dont la réalité du travail vécu peut permettre l’invention de nouvelles réponses individuelles et collectives. Chaque présentation par les auteurs sera suivie d’une discussion avec le public.

PROGRAMME DES CONFERENCES DE CE CYCLE

11 octobre 2018, 17h30-19h (FEG Marseille)
Thomas Coutrot, Economiste et statisticien du travail, «Libérer le travail, pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer.»

La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant.

Contre les « réformes » néolibérales du travail et l’ubérisation, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d’un souffle nouveau, d’un « avenir désirable ».

La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d’achat au pouvoir d’agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d’abord venues des managers : « l’entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Et si on libérait le travail, vraiment ? C’est possible : ce livre en fait la démonstration !

22 novembre 2018, 17h30-19h (FEG Aix)
Marie-Christine Bureau, chargée de recherche CNRS, chercheur au CNAM et au Lise, «Makers, enquête sur les laboratoires du changement social.»

La révolution technologique dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques a d’abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l’origine d’un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire par soi-même, de consommer et d’apprendre, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.

Cet ouvrage, issu d’une enquête au long cours, nous ouvre les portes d’une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à  l’étranger afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l’impact de leur action.

En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du « faire ensemble », il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l’ordre industriel dominant pour les interroger. A quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?

24 janvier 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Camille Lévy, Université Paris Dauphine, IRISSO, Orange Labs, «Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution.»

Les outils big data sont de plus en plus présentés comme la solution révolutionnaire pour les services RH. Comment ces outils fonctionnent-ils, quelles sont les conséquences organisationnelles et sociales des choix techniques effectués, dans quelle mesure les collectifs de travail dans les services RH s’approprient-ils ces outils ? Il faut pour répondre à ses questions resituer les outils big data RH dans leurs contextes sociaux et organisationnels, voir comment ils s’inscrivent dans l’évolution globale des politiques ressources humaines et dans les transformations propres à une organisation. A travers une enquête qualitative auprès des commanditaires, des concepteurs et des utilisateurs, on peut percevoir le décalage entre la mythologie entourant ces dispositifs, leurs (dys)fonctionnements et leur difficile intégration dans le quotidien des services RH.

21 mars 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Guillaume Gourgues, Maitre de conférences en Science Politique Université de Franche-Comté, «Pourquoi ils ont tué Lip, de la victoire ouvrière au tournant néolibéral.»

Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.

Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.

[Appel à communications] TRAVAILLER DEMAIN ? NORMES, TERRITOIRES ET COMPÉTENCES ?

A l’occasion des 17° et 18° rencontres sur la prospective des métiers (29/30 novembre 2018), nous avons reçu cet appel à communications de la revue Management&Avenir qui peut intéresser notre réseau.


Les transformations actuelles de la société et du monde en général viennent questionner les formes du travail et les modalités de piloter les personnes et les organisations. À l’heure des organisations plus « libérées », des réformes structurelles de la formation professionnelle entre autres, des innovations numériques, des attentes renouvelées des collaborateurs, etc., c’est finalement la question du travail, de ses représentations, de ses enjeux, de ses modalités de pilotage, de ses acteurs, etc. qui se trouve au centre des débats. Les enjeux de demain, dans un monde nouveau, reconfiguré nous interrogent sur les mutations en cours, les adaptations nécessaires, les accompagnements possibles.

L’ubérisation du travail, l’explosion des travailleurs indépendants, l’évolution du travail à la carte via des plates-formes numériques, bousculent déjà les formes de travail classiques et soulèvent des questionnements, des craintes quant à l’avenir du travail de demain.

Le travail demain : comment ?, pourquoi ? où ? avec qui ? Toutes ces questions liées au sens du travail, aux modalités du travail, aux acteurs, aux lieux et conditions de travail, mais aussi aux compétences nécessaires sont autant de sujets qui conduisent chercheurs et praticiens à se réunir pour en débattre afin d’éclairer au mieux le champ des possibles. Si la loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel dessine les orientations, les modalités pratiques, les ruptures qu’elle génère et les inquiétudes qu’elle suscite doivent nous permettre de poser les bases d’un cadre renouvelé, postmoderne dirons certains, du vivre ensemble et du travailler ensemble. Dans ce contexte, quels rôles pourront /devront jouer les dirigeants, DRH/RRH, managers… Assisterons-nous à une remise en cause des pratiques classiques de gestion au profit de pratiques managériales plus contemporaines plus respectueuses et plus « démocratiques » ?, quels rôles les normes, les territoires, les règles auront à prendre dans ces nouveaux écosytèmes qui structureront le travail de demain ?

À cette occasion, les initiatives des rencontres historiques de Prospective des Métiers et les Rencontres Interdisciplinaires se regroupent afin d’organiser deux journées de réflexion et de construction de pistes d’action opérationnelles autour du thème : Travailler demain. Les déclinaisons de ce thème seront concentrées autour de la problématique des normes et de leurs évolutions, des enjeux de territoire (territorial et thématique) et des enjeux de montée en compétences au regard des mutations du travail. Ce colloque commun sera également l’occasion d’asseoir le groupe interdisciplinaire PIMS (Prospective et Innovations Managériales et Sociales, hébergé à la MRSH Caen Université).

Les principaux thèmes qui pourront être débattus lors de ces rencontres sont les suivants :

– les mutations du travail et les nouveaux paradigmes
– les compétences de demain
– les enjeux des soft skills
– les organisations de demain
– le management et la cybercriminalité
– l’avenir des relations humaines
– l’expérience collaborateur
– le pilotage RH dans une logique de “bien commun”
– le pilotage managérial à l’ère postmoderne
– le manager de demain
– le travail dans les métiers du « care » ;
– les nouvelles formes d’engagement au travail
– les enjeux de carrières et des trajectoires professionnelles
– les organisations de demain et leurs frontières
– le vocabulaire pour parler du travail demain
– les méthodes, outils et pratiques pour penser le travail demain
– les parcours de développement des compétences demain
– les pratiques d’orientation renouvelées sur les métiers et compétences dits de gestion
– les innovations pédagogiques de demain
– les approches de santé et bien-être au travail demain
– les configurations du travail de demain
– les spécificités sectorielles des approches managériales et prospectives
– Les spécificités demain du management public et territorial
– les enjeux de l’interdisciplinarité pour penser le management de demain
– les mots de demain pour penser l’action territoriale –
– management et gouvernance : quelles perspectives demain ? –
– rupture de paradigme sociétal et managérial et visions des collectivités territoriales de demain
– bien commun et management
– New management public et postmodernité – Numérique et intelligence économique territoriale
– les mutations des métiers de l’Administration territoriale – dans les secteurs de l’urbanisme, de la commande publique, de l’aide et de l’action sociales etc.
– normes, droit et management
– les enjeux du territoire pour le travail de demain
– etc.

Remise des communications : 10 octobre 2018
Retour des évaluateurs :
10 novembre 2018

Pour plus d’informations, télécharger l’Appel à communication au format PDF

De l’innovation technologique à la transformation sociale / Journées du Risque (Nantes, 11/12 septembre 2018)

L’APSE est partenaire des Journées du Risque 2018

ESCALES AUTOUR DU NUMÉRIQUE
De l’innovation technologique à la transformation sociale

11 & 12 septembre 2018 à la Cité des Congrès de Nantes

Les Journées du Risque organisées dans le cadre de la Chaire RITE visent à initier des débats interdisciplinaires sur la mesure du risque, ses représentations sociales et les processus de régulation et de décision.

Chercheurs et industriels sont conviés à présenter leurs recherches et faire part des problématiques auxquelles sont confrontées leurs entreprises dans un contexte de transformation du monde du travail.

Les Journées seront organisées sous la forme de 7 Escales :

Escale 1 : Industrie du futur : un nouveau monde industriel ? Innovations technologiques et nouveaux modes de production
Escale 2 : Les Organisations à l’ère du numérique
Escale 3 : Le travail à l’ère du numérique
Escale 4 : Numérique et habitat (Recherche-Action menée auprès de 6 organismes d’habitat social)
Escale 5 : Transition industrielle et enjeux éthiques de la “nouvelle économie”
Escale 6 : De la donnée à la connaissance : Big Data et Intelligence Artificielle
Escale 7 : Société de demain : Compétences et nouveaux métiers

Le colloque s’inscrit en préambule de la Nantes Digital Week

Programme détaillé et modalités d’inscription disponibles sur le site des Journées du Risque 2018.