L’irrésistible ascension des plateformes numériques : horizontal vs vertical ?

Nous faisons suivre ici une annonce de conférence qui pourrait intéresser les membres de notre association.

Le 8 novembre 2017, Jean-Michel Saussois, professeur émérite de ESCP Europe, propose une table ronde consacrée aux plateformes numériques marchandes tentera de répondre aux questions suivantes :
  • Les formes organisationnelles à structure horizontale vont-elles prendre progressivement la place des formes organisationnelles à structure verticale ?
  • Avec le modèle économique des plateformes marchandes,  assiste–t-on à  un retour en arrière évoquant plutôt un modèle pré-capitaliste caractérisé par le “domestic system” ?
  • Quelles sont les réponses de l’Etat en termes de régulation et de nouvelles politiques publiques ?
  • Quelles seront les conséquences de la multiplication des plateformes marchandes numériques sur le salariat mais  aussi sur la structuration de la société ?
Exemple : les grandes entreprises mondiales verticalement intégrées comme le groupe Accor dans le secteur de l’hôtellerie sont-elles condamnées à disparaître face à Airbnb, à l’instar du petit commerce du Second Empire contraint de céder sa place aux grands magasins ?
Interviendront durant cette manifestation :
Aurélien Acquier (Escp Europe), Christophe Benavent (Université Paris 10) et Jean-Michel Saussois (Escp Europe).
Animation par Jean–Philippe Denis (Université Paris Sud ), rédacteur en Chef de la Revue Française de Gestion.
8 novembre 2017, de 17h30 à 19h.

[Emploi] Recherche d’un sociologue spécialiste de l’entrepreneuriat

Nous faisons suivre ici une annonce d’emploi transmise à l’ APSE.

Une jeune agence de communication recherche un sociologue du travail ou de l’entreprise dont le travail et la spécialisation permettent de répondre aux questions suivantes :

• Pourquoi / dans quelle mesure, les français se dirigent-ils de plus en plus vers l’entrepreneuriat et la création d’entreprise ?

• Dans quelle mesure, les entrepreneurs incarnent-ils un rêve pour les jeunes et moins jeunes ?

• Comment l’entrepreneuriat / les entrepreneurs sont-ils perçus ?

La mission consiste dans un premier temps en une demi-journée de discussion centrée sur les points cités ci-dessus.

Dans la mesure où nous remportons le budget communication de notre client, nous aurons besoin de voir le chercheur plusieurs fois et qu’il ou elle fasse une apparition télé pour témoigner sur ces sujets.

Disponible dès que possible à Paris : nous devons délivrer un compte-rendu client le 5 novembre. Rémunération à discuter.

Merci de nous envoyer votre cv et publications à hello@gloryparis.fr

Socio sur Seine du 24 octobre – quelques impressions

Nouvelle session du Socio sur Seine, cycle de déjeuners conviviaux en bord de Seine, organisés par l’APSE.

Avec un nombre volontairement restreint de participants, nous nous sommes donc retrouvés à quinze convives à discuter de l’application des apports de la sociologie dans les univers professionnels. La plupart des nouveaux venus dans l’association.

“Nous avons trouvé l’invitation intéressante – venir discuter sociologie autour d’un déjeuner, ce n’est pas banal !”

Autour de la table, des sociologues praticiens, des étudiants, des consultants, des professionnels du monde de l’entreprise ou de la fonction publique, pour des échanges riches sur des sujets variés : l’impact de la réforme du code du travail sur les CHSCT, les recherches sur les effets des open spaces sur le travail, les “space planners”, les cultures nationales face au travail, la difficulté à rendre les sciences sociales audibles dans des univers de gestion, mais aussi la posture parfois idéologique des sociologues face au monde de l’entreprise…

Pour tous, l’envie de poursuivre les échanges à d’autres occasions proposées par l’APSE !

Vivement le prochain Socio sur Seine !

Dialogues en entreprises – traits et perspectives

Traits et Perspectives du Café Socio du 15/05/17, au Viaduc Café (Paris), par le groupe-atelier APSE “Dialogues en entreprises”.

Quelques traits du café socio du 15 mai…

Avec ce café socio l’APSE inaugurait un atelier dédié à la question du dialogue dans l’entreprise. Vaste sujet ! D’où le choix (i) de conjuguer cet atelier au pluriel avec un « s » à dialogue et un autre à entreprise, et (ii) d’ouvrir le cycle de rencontres en donnant largement la parole au public.

Echanges fertiles et conviviaux en petits groupes et en plénière.

Après une brève introduction, les sous-groupes ont réfléchi autour de trois questions :

  1. Qu’est-ce que la question du dialogue en entreprise évoque pour vous ?
  2. En quoi de votre point de vue est-ce d’actualité ?
  3. Quels sont à ce sujet vos observations, questionnements sur la base de vos expériences,  de même que les travaux, auteurs, qui selon vous s’emparent du sujet de manière intéressante, le renouvellent ?

Trois grands thèmes sont ressortis des échanges en petits groupes et de la plénière qui a suivi :

  • Scènes sociales et diversité des formes de dialogues en entreprise (voir ci-dessous)
  • Dialogue en entreprise et temps en/de l’entreprise (« Le dialogue se nourrit du temps. Rôle et importance des échanges informels. Phénomène d’accélération empêche le dialogue et la pensée. Que devient une entreprise qui ne peut pas se poser ? »)
  • Dialogue et « co » : dialogue et confiance (« Le discours d’entreprise préconise beaucoup de « co » – construction, coopération, conversation…- mais dans les actes ? Pas beaucoup de dialogue ! Ce sont des limites mais aussi la voie ouverte » ; « Dia = à travers – et non pas deux-, dialogue pour créer de la confiance et pas forcément pour résoudre des conflits. Ça amène à la question  du sens »).

Parmi les auteurs cités : N. Aubert, TN. Clark, Y. Clot, C. Dejours, AM. Dujarier, F. Dupuy, O. Foli, G. Herreros, Goffman, PY.  Gomez, D. Linhart, M. Revaut d’Alonne, JD. Reynaud, H. Rosa.

Proposition du thème « Scènes sociales et diversité des formes de dialogues en entreprise » comme fil à tirer pour la suite de l’atelier.

Ce thème comprend une large palette de réflexions qui ont nourri les discussions, dont :

– dimensions « verticales et horizontales » du dialogue, « entre pairs et avec la direction de l’entreprise », «  informel et institutionnel », «  institutionnel et dans l’action », « convoqué », « périphérique », « dialogue financier et dialogue métier, chacun avec son langage ; avec des points de basculement, et l’ambivalence d’une ère gestionnaire où l’humain est évacué», :   il y a une multiplicité de formes de dialogues, et toutes ne sont pas cohérentes entre elles. Tout cela « évoque bien les dialogueS au pluriel ! ».

– et dans les start up ? De nouvelles modalités de dialogue ? Des dispositifs innovants ?

– en creux il y a la « parole empêchée ». « Que faire comme intervenante quand un sujet est impossible à évoquer ? Sur des conflits réputés non liés au travail » ; « Il peut y avoir du conflit mais qu’au moins on se parle».

Eclairant cette diversité et les enjeux qui y sont liés, deux champs ont émergé dans les discussions :

  • Le premier fait référence aux travaux sociologiques sur les humains et les non humains. « On ne dialogue pas seulement entre humains, avec des mots, mais aussi avec tout un ensemble d’outils – pas que institutionnels, nos ordinateurs, nos téléphones portables, nos papiers et nos prises de notes etc…».
  • Le second fait référence au concept de scène ; d’une part «  La scène sociale (cf. Goffman), avec les personnes qui changent d’attitude et de type de participation en fonction du contexte, de la scène d’énonciation» ; et d’autre part « l’idée développée par T.N. Clark, entendu au congrès de Montréal, de  renouveler l’analyse sociologique par les scènes,  concept ouvert et complexe, adapté aux changements contemporains, complexes et subtils, et pouvant aider à faire ressortir de nouvelles dynamiques ».

Pourquoi retenir ce thème en particulier ?
Deux raisons principales. La 1ère est qu’il s’agit nous semble-t-il d’un point de vue original et spécifique sur le sujet du dialogue, sujet par ailleurs vaste et très travaillé. Il y a donc là un fort potentiel de plus value. La 2nde tient au fait que ce thème a réellement émergé de la discussion collective, signant par là une dynamique collective qu’il nous semble motivant et prometteur de porter au-delà du café socio.

A bientôt donc pour la suite !

May Balabane – Parent du Châtelet, Catherine Boucher, Danièle Cerland Kamelgarn, Olivia Foli et Grégory Lévis.

Cycle Les nouvelles formes du travail

L’APSE, en partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), organise cette année un nouveau cycle de conférences sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Pour cette 3ème année de conférences, nous inaugurons un nouveau cycle consacré aux nouvelles formes du travail.

– Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations du secteur privé comme du secteur public ?
– Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ?
– Comment contribuent-elles également à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production ?
– Quelles sont les conséquences sur ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ?

Telles sont les questions transversales auxquelles ces conférences chercheront à apporter des éléments de réponse.

Les transformations du travail seront questionnées du point de vue des différents processus dont elles résultent, qu’il s’agisse de l’impact de la révolution numérique sur les modalités d’organisation du travail, de la diffusion de nouvelles normes managériales d’encadrement du travail salarié, ou encore de l’évolution des cadres juridiques et organisationnels à partir desquels se construisent les relations de travail.

Ouvertes à toutes et tous, étudiants, représentants du personnel, professionnels des RH et salariés, ces conférences sont pour cela organisées autour de la présentation, par leur auteurs, de récents ouvrages de sciences sociales, consacrés à l’étude des transformations du monde du travail et des pratiques de management dans les établissements français.

9 novembre 2017, FEG Aix-Ferry Amphi A, 17h30 – 19h30 (14 av. J. Ferry ) : Mélanie Guyonvarc’h, Maître de conférence en sociologie à l’université d’Evry, Centre Pierre Naville, Performants… et licenciés. Enquête sur la banalisation des licenciements.
Le licenciement est aujourd’hui devenu ordinaire. Les restructurations d’entreprises sont diffuses, en temps de crise comme de prospérité. Il est attendu des salariés qu’ils s’adaptent à cette nouvelle donne.
A partir d’une enquête sur des plans de licenciements concernant des domaines de pointe, des salariés dits performants et a priori adaptés à ces nouvelles exigences, dans des entreprises gagnantes au regard des normes en vigueur, l’ouvrage interroge tout à la fois le rôle des acteurs RH dans la banalisation idéologique et gestionnaire du licenciement, et sur le nouveau rapport au travail qu’il induit pour des salariés tiraillés entre une adhésion exacerbée aux valeurs de l’entreprise et une perte profonde d’attaches.

23 novembre 2017, FEG Marseille, Amphi B, 17h30 – 19h30 (14 rue Puvis de Chavannes 1er arr.) : Maud Simonet, chargée de recherche CNRS, IDHES-Université de Nanterre Paris X, Le travail bénévole, engagement citoyen ou gratuit ?
Généralement célébré comme un espace d’engagement désintéressé, le monde associatif ne se résume cependant pas à cette seule dimension. Il constitue également un espace de travail en pleine expansion, qu’il soit réalisé par des bénévoles ou bien par des salariés, aux statuts très variés. Le développement de dispositifs tels que le service civique contribue précisément à brouiller la frontière entre travail et bénévolat, et justifie de s’interroger sur les enjeux sociaux et politiques de ce que l’auteure qualifie de « travail bénévole ». Ses travaux s’appuient pour cela sur plusieurs enquêtes de terrain sur le bénévolat et le volontariat en France et aux Etats-Unis. Il s’intéresse aux usages multiples de ce travail invisible, du point de vue des pouvoirs publics qui le soutiennent, des organisations dans lesquelles il s’exerce et des acteurs qui l’investissent, comme un travail libre et idéal pour les uns, ou comme un tremplin obligatoire et contraint vers l’emploi pour d’autres. Ses enquêtes mettent alors en lumière le rapport ambivalent que le travail bénévole entretient avec le travail salarié, qui interroge sur les contradictions de l’engagement et sa capacité à produire de la précarité.

25 janvier 2018, FEG Aix-Ferry, Amphi A, 17h30 – 19h30 (14 av. J. Ferry ): Sarah Abdelnour, maître de conférences en sociologie à l’université Paris Dauphine, IRISSO, Moi, petite entreprise ? Les auto-entrepreneurs, de l’utopie à la réalité.
« Faire de la France un pays d’entrepreneurs », tel a été l’un des objectifs des politiques menées ces dernières années, dont le point d’orgue est le régime d’auto-entrepreneur, qui a suscité depuis 2008 plus d’un million d’inscriptions. Une analyse du modèle
du « tous entrepreneurs » met en lumière l’origine
libérale de ce type de politiques mises en place par des opposants au modèle salarial. Il en ressort également qu’au-delà de l’autonomie parfois recherchée, la promotion de l’auto-entrepreneuriat séduit notamment en se présentant au service de ceux qui veulent s’en sortir. La fragilité des auto-entrepreneurs est pourtant patente, puisque 90 % d’entre eux gagnent moins que le SMIC et que tous perdent les acquis sociaux du salariat dans une société en voie d’ubérisation. Quel est le sens politique de cette nouvelle injonction à être entrepreneur de sa vie ? En quoi cela vient-il bousculer le modèle social français ? Comment expliquer la mise à leur compte si rapide de plus d’un million d’individus et comment les vies de ces travailleur-se-s s’en sont-elles trouvées modifiées ? Que signifie cette nouvelle injonction à être entrepreneur de sa vie ? Pour le comprendre, cet ouvrage s’appuie sur une enquête sociologique menée à partir de données statistiques et d’une soixantaine d’entretiens, qui permettent notamment de restituer le parcours et le quotidien de ces travailleurs d’un nouveau genre.

29 mars 2018 FEG Marseille, Amphi B, 17h30 – 19h30 (14 rue Puvis de Chavannes 1er arr.) : David Gaborieau, Docteur en sociologie à l’université de Paris 1, Des usines à colis. Trajectoire ouvrière des entrepôts de la grande distribution.
Dans les entrepôts de la grande distribution alimentaire, l’introduction d’un nouvel outil de travail, le guidage par commande vocale, a considérablement modifié le travail des préparateurs de commande. Auparavant caractérisée par l’absence d’enchaînement et la possibilité de prendre de l’avance, l’activité de préparation a évolué vers une temporalité restrictive comparable à celle d’un ouvrier sur chaîne. Sous guidage vocal, « le nez dans le micro », le savoir-faire des préparateurs est réduit à un engagement physique. L’usage du corps constitue alors une ressource en tant mode d’appropriation du sens au travail, mais également un rempart lorsque des pathologies font apparaître les limites de l’intensification.

Renseignements et inscription en ligne (à partir d’un mois avant chaque évènement) sur le site de l’APSE.

Vous faites quoi dans la vie ?

— Vous faites quoi dans la vie ?
— Ben, je tâche de m’occuper.
— Et ça marche ?
— Ah ça, il faut demander aux autres !

Ce que l’on fait dans la vie, c’est un peu ce que l’on fait de sa vie, pour la vie des autres.
C’est ce que les auteurs de ce livre ont essayé de saisir au cours des rencontres avec leurs interlocuteurs.
Ils leur ont proposé de parler de leur travail et ça n’allait pas tout à fait de soi…

Qu’est-ce qui mérite d’être dit du travail sur la place publique ? Qui est pertinent pour en dire quoi ?
Qu’est ce qu’une personne est capable de dire de son propre travail ? Qu’est-ce qu’elle a envie de dire ?
Qu’est-ce que ça lui fait de dire son travail ? Qu’est ce que ça fait à son lecteur ?

Autant de questions certes pas vraiment nouvelles, mais qui sont revisitées d’une façon plutôt inédite à l’occasion de ce projet éditorial : recueillir des récits du travail écrit à la première personne, issus de tous secteurs professionnels, pour en composer un livre.

Comment procéder pour aboutir à ce type de « récit du travail » ?
Quelle méthodologie pour que, de l’interaction entre un auteur et un éditeur, émerge l’engagement subjectif d’une personne dans son activité ?
Les textes rassemblés dans ce livre ne sont pas la description générique d’un métier, dans une démarche documentaire, pas non plus des reportages, dans une démarche journalistique, pas plus l’analyse d’une activité, dans une démarche scientifique.
C’est un projet politique, porté par les deux auteurs, porté par la structure qu’ils animent, à statut coopératif : faire circuler une parole sur le travail comme contribution à la transformation sociale, à l’émancipation de celles et ceux qui y contribuent.

« Ce sont des récits engagés, qui expriment un point de vue personnel et assumé, une façon de faire le travail à sa main, comme on croit bien le faire, comme on sait le faire. Mais c’est aussi l’affaire de tous : le pilote d’avion nous transporte, l’ouvrière ramasse les pommes que l’on réduira en compote, le facteur nous livre le courrier, le chef de projet immobilier configure la ville dans laquelle on circulera demain, la femme de ménage fait le lit de l’hôtel dans lequel on couchera ce soir. » (dossier de presse)

C’est pour débattre avec vous de toutes ces questions que nous vous invitons à venir échanger avec les auteurs le 19 octobre 2017…

Patrice Bride assure des prestations d’accompagnement à l’écriture et la publication sur le travail, anime des formations sur des questions ayant trait à l’écriture professionnelle, de l’élaboration à l’édition. Il a été professeur en collège, formateur, rédacteur en chef de la revue Les Cahiers pédagogiques.

Pierre Madiot est l’auteur de L’école enfin expliquée aux parents (Stock), Enseignants, parents, réussite des élèves. Quel partenariat ? (CNDP), co-auteur de Sel, sable et soleil au pays de Guérande (Institut Culturel de Bretagne). Le travail d’écriture et de réécriture ainsi que la réflexion sur la chose écrite ont toujours été au centre de ses activités professionnelles et associatives.

Cette rencontre-débat est ouvert à toutes et à tous, adhérent(e)s ou non de l’APSE – venez nombreuses et nombreux !

Inscriptions en ligne en cliquant ici