Les nouvelles frontières du travail – cycle de conférences-débats

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Pour cette quatrième année de conférences, nous poursuivons le cycle consacré aux nouvelles formes du travail. Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ? Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ? Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production ? Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ? Telles sont les questions auxquelles ces conférences chercheront à apporter des éléments de réponse.

Ouvertes à toutes et tous, étudiants, représentants du personnel, professionnels des RH et salariés, chercheurs, consultants et praticiens des sciences sociales, ces conférences sont organisées autour de la présentation, par leurs auteurs, de récents ouvrages de sciences sociales, consacrés à l’étude des transformations du monde du travail et des pratiques de management dans les établissements français.

Pour aborder cette réflexion, et dans le prolongement des trois premières éditions de ce cycle de conférences, les auteurs invités ont réalisé des travaux de recherche adossés à des enquêtes de terrain approfondies. Ils permettent de ce point de vue de réfléchir d’une part à ce que produisent concrètement les dispositifs de management sur le terrain et d’autre part, à la manière dont la réalité du travail vécu peut permettre l’invention de nouvelles réponses individuelles et collectives. Chaque présentation par les auteurs sera suivie d’une discussion avec le public.

PROGRAMME DES CONFERENCES DE CE CYCLE

11 octobre 2018, 17h30-19h (FEG Marseille)
Thomas Coutrot, Economiste et statisticien du travail, «Libérer le travail, pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer.»

La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant.

Contre les « réformes » néolibérales du travail et l’ubérisation, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d’un souffle nouveau, d’un « avenir désirable ».

La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d’achat au pouvoir d’agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d’abord venues des managers : « l’entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Et si on libérait le travail, vraiment ? C’est possible : ce livre en fait la démonstration !

22 novembre 2018, 17h30-19h (FEG Aix)
Marie-Christine Bureau, chargée de recherche CNRS, chercheur au CNAM et au Lise, «Makers, enquête sur les laboratoires du changement social.»

La révolution technologique dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques a d’abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l’origine d’un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire par soi-même, de consommer et d’apprendre, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.

Cet ouvrage, issu d’une enquête au long cours, nous ouvre les portes d’une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à  l’étranger afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l’impact de leur action.

En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du « faire ensemble », il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l’ordre industriel dominant pour les interroger. A quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?

24 janvier 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Camille Lévy, Université Paris Dauphine, IRISSO, Orange Labs, «Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution.»

Les outils big data sont de plus en plus présentés comme la solution révolutionnaire pour les services RH. Comment ces outils fonctionnent-ils, quelles sont les conséquences organisationnelles et sociales des choix techniques effectués, dans quelle mesure les collectifs de travail dans les services RH s’approprient-ils ces outils ? Il faut pour répondre à ses questions resituer les outils big data RH dans leurs contextes sociaux et organisationnels, voir comment ils s’inscrivent dans l’évolution globale des politiques ressources humaines et dans les transformations propres à une organisation. A travers une enquête qualitative auprès des commanditaires, des concepteurs et des utilisateurs, on peut percevoir le décalage entre la mythologie entourant ces dispositifs, leurs (dys)fonctionnements et leur difficile intégration dans le quotidien des services RH.

21 mars 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Guillaume Gourgues, Maitre de conférences en Science Politique Université de Franche-Comté, «Pourquoi ils ont tué Lip, de la victoire ouvrière au tournant néolibéral.»

Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.

Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.

[Appel à communications] TRAVAILLER DEMAIN ? NORMES, TERRITOIRES ET COMPÉTENCES ?

A l’occasion des 17° et 18° rencontres sur la prospective des métiers (29/30 novembre 2018), nous avons reçu cet appel à communications de la revue Management&Avenir qui peut intéresser notre réseau.


Les transformations actuelles de la société et du monde en général viennent questionner les formes du travail et les modalités de piloter les personnes et les organisations. À l’heure des organisations plus « libérées », des réformes structurelles de la formation professionnelle entre autres, des innovations numériques, des attentes renouvelées des collaborateurs, etc., c’est finalement la question du travail, de ses représentations, de ses enjeux, de ses modalités de pilotage, de ses acteurs, etc. qui se trouve au centre des débats. Les enjeux de demain, dans un monde nouveau, reconfiguré nous interrogent sur les mutations en cours, les adaptations nécessaires, les accompagnements possibles.

L’ubérisation du travail, l’explosion des travailleurs indépendants, l’évolution du travail à la carte via des plates-formes numériques, bousculent déjà les formes de travail classiques et soulèvent des questionnements, des craintes quant à l’avenir du travail de demain.

Le travail demain : comment ?, pourquoi ? où ? avec qui ? Toutes ces questions liées au sens du travail, aux modalités du travail, aux acteurs, aux lieux et conditions de travail, mais aussi aux compétences nécessaires sont autant de sujets qui conduisent chercheurs et praticiens à se réunir pour en débattre afin d’éclairer au mieux le champ des possibles. Si la loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel dessine les orientations, les modalités pratiques, les ruptures qu’elle génère et les inquiétudes qu’elle suscite doivent nous permettre de poser les bases d’un cadre renouvelé, postmoderne dirons certains, du vivre ensemble et du travailler ensemble. Dans ce contexte, quels rôles pourront /devront jouer les dirigeants, DRH/RRH, managers… Assisterons-nous à une remise en cause des pratiques classiques de gestion au profit de pratiques managériales plus contemporaines plus respectueuses et plus « démocratiques » ?, quels rôles les normes, les territoires, les règles auront à prendre dans ces nouveaux écosytèmes qui structureront le travail de demain ?

À cette occasion, les initiatives des rencontres historiques de Prospective des Métiers et les Rencontres Interdisciplinaires se regroupent afin d’organiser deux journées de réflexion et de construction de pistes d’action opérationnelles autour du thème : Travailler demain. Les déclinaisons de ce thème seront concentrées autour de la problématique des normes et de leurs évolutions, des enjeux de territoire (territorial et thématique) et des enjeux de montée en compétences au regard des mutations du travail. Ce colloque commun sera également l’occasion d’asseoir le groupe interdisciplinaire PIMS (Prospective et Innovations Managériales et Sociales, hébergé à la MRSH Caen Université).

Les principaux thèmes qui pourront être débattus lors de ces rencontres sont les suivants :

– les mutations du travail et les nouveaux paradigmes
– les compétences de demain
– les enjeux des soft skills
– les organisations de demain
– le management et la cybercriminalité
– l’avenir des relations humaines
– l’expérience collaborateur
– le pilotage RH dans une logique de “bien commun”
– le pilotage managérial à l’ère postmoderne
– le manager de demain
– le travail dans les métiers du « care » ;
– les nouvelles formes d’engagement au travail
– les enjeux de carrières et des trajectoires professionnelles
– les organisations de demain et leurs frontières
– le vocabulaire pour parler du travail demain
– les méthodes, outils et pratiques pour penser le travail demain
– les parcours de développement des compétences demain
– les pratiques d’orientation renouvelées sur les métiers et compétences dits de gestion
– les innovations pédagogiques de demain
– les approches de santé et bien-être au travail demain
– les configurations du travail de demain
– les spécificités sectorielles des approches managériales et prospectives
– Les spécificités demain du management public et territorial
– les enjeux de l’interdisciplinarité pour penser le management de demain
– les mots de demain pour penser l’action territoriale –
– management et gouvernance : quelles perspectives demain ? –
– rupture de paradigme sociétal et managérial et visions des collectivités territoriales de demain
– bien commun et management
– New management public et postmodernité – Numérique et intelligence économique territoriale
– les mutations des métiers de l’Administration territoriale – dans les secteurs de l’urbanisme, de la commande publique, de l’aide et de l’action sociales etc.
– normes, droit et management
– les enjeux du territoire pour le travail de demain
– etc.

Remise des communications : 10 octobre 2018
Retour des évaluateurs :
10 novembre 2018

Pour plus d’informations, télécharger l’Appel à communication au format PDF

De l’innovation technologique à la transformation sociale / Journées du Risque (Nantes, 11/12 septembre 2018)

L’APSE est partenaire des Journées du Risque 2018

ESCALES AUTOUR DU NUMÉRIQUE
De l’innovation technologique à la transformation sociale

11 & 12 septembre 2018 à la Cité des Congrès de Nantes

Les Journées du Risque organisées dans le cadre de la Chaire RITE visent à initier des débats interdisciplinaires sur la mesure du risque, ses représentations sociales et les processus de régulation et de décision.

Chercheurs et industriels sont conviés à présenter leurs recherches et faire part des problématiques auxquelles sont confrontées leurs entreprises dans un contexte de transformation du monde du travail.

Les Journées seront organisées sous la forme de 7 Escales :

Escale 1 : Industrie du futur : un nouveau monde industriel ? Innovations technologiques et nouveaux modes de production
Escale 2 : Les Organisations à l’ère du numérique
Escale 3 : Le travail à l’ère du numérique
Escale 4 : Numérique et habitat (Recherche-Action menée auprès de 6 organismes d’habitat social)
Escale 5 : Transition industrielle et enjeux éthiques de la “nouvelle économie”
Escale 6 : De la donnée à la connaissance : Big Data et Intelligence Artificielle
Escale 7 : Société de demain : Compétences et nouveaux métiers

Le colloque s’inscrit en préambule de la Nantes Digital Week

Programme détaillé et modalités d’inscription disponibles sur le site des Journées du Risque 2018.

La sociologie sur commandes ? (Sociologies Pratiques n°36)

SP 36

 

La communauté des sociologues s’interroge de manière quasi permanente sur son utilité, son rôle social, son épistémologie et ses méthodes.
Si ces questionnements sont légitimes, ne convient-il pas aussi d’identifier les demandes qui lui sont adressées ?
Ce numéro traite trois séries d’interrogations :

  • quels sont les objets pour lesquels les sociologues sont sollicités et quels sont ceux qui leur échappent ?
  • À la lumière de leurs productions, quels diagnostics peuvent-ils établir sur leur discipline ?
  • En quoi les demandes faites aux sociologues et leurs réponses éclairent-elles la relation entre la discipline et nos sociétés ?

Entretien avec Alexandre LARGIER
PASCAL THOBOIS

Entretien avec Vincent SPENLEHAUER
LAURENCE OULD-FERHAT

La difficile émergence du marché de la prestation de services sociologiques
GRÉGORI AKERMANN

Réagir, anticiper, soutenir : ce que le monde du travail attend des sociologues
ANNE-CLAUDE HINAULT
FLORENCE OSTY
LAURENCE SERVEL

Evaluation des politiques publiques et sociologie : état des lieux d’une relation distanciée
THOMAS DELAHAIS
AGATHE DEVAUX-SPATARAKIS

Mesurer et comprendre : quelles demandes pour quelles disciplines ?
JULES SIMHA

Valoriser au plan académique une « évaluation »
GÉRALD GAGLIO

Recherche contractuelle et rapport des institutions à la réflexivité
LISE DEMAILLY

Les institutions de la nature : un potentiel de recherche sociologique à développer
ISABELLE ARPIN
ARNAUD COSSON

Histoire d’une demande d’accompagnement sociologique en entreprise
ELSA LAGIER

L’intervention sociologique en association
ELISABETTA BUCOLO
JOSEPH HAERINGER

Disponible :

En format numérique sur www.cairn.info

En version papier sur les Presses de Sciences Po

Abonnement à tarif privilégié avec adhésion APSE

L’entreprise, une affaire de société ?

mardi 29 mai 2018 de 18h30 à 20h30
Café du Pont Neuf
14 Quai du Louvre
75001 Paris

Dans les années 1990, le sociologue Renaud Sainsaulieu notait que l’entreprise était devenue une institution centrale de la société.
Ce début d’année 2018 semble lui donner raison tant l’entreprise est devenue une affaire de société pour reprendre le titre de l’ouvrage qu’il a dirigé aux Presses de Sciences Po.

L'entreprise, une affaire de société

Début 2018, plusieurs rapports (Notat/Sénard, Terra Nova…) ont fait de l’entreprise un « objet d’intérêt collectif » et évoqué l’enjeu d’une « entreprise responsable ».
Doublement responsable vis-à-vis de son environnement et des individus qui y travaillent.
La loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation de l’entreprise) en débat au printemps au Parlement revient sur ce qu’est l’entreprise et la place des parties prenantes, au-delà d’une conception exclusivement financière de l’entreprise.

Ce débat sur la raison d’être et les finalités de l’entreprise, sur sa gouvernance, la place des salariés intéresse tout particulièrement l’APSE et l’Afci (Association française de communication interne).
Il fait écho aux réflexions initiées au sein de nos deux associations sur les bouleversements contemporains de l’entreprise : transformations des organisations, nouveau rapport au travail, évolution du rapport à l’entreprise…

Dans le cadre des 20 ans de l’APSE, c’est donc conjointement avec l’Afci que nous vous invitons à nous rejoindre pour cette soirée-débat entre communicants, chercheurs et praticiens de la sociologie pour évoquer les incidences de ce questionnement du lien entre entreprise et société initié notamment par Renaud Sainsaulieu.

Pour nous aider à décrypter les enjeux du débat et échanger avec nous, nous recevrons :

  • Armand Hatchuel, professeur à Mines Paris-Tech, associé aux recherches du Collège des Bernardins sur l’entreprise, co-auteur avec Blanche Segrestin du livre « Refonder l’entreprise » ( Prix Afci du livre en 2012)
  • Martin Richer, directeur du cabinet Management & RSE, auteur du rapport Terra Nova « L’entreprise contributive » 

La séance sera animée conjointement par l’APSE et l’Afci.
Les participants pourront ensuite poursuivre les échanges et faire davantage connaissance, afin de consolider les liens entre nos deux associations.

L’inscription en ligne est obligatoire pour des raisons logistiques, cliquez ici.

Rencontre APSE à Grenoble le 30 mai 2018

mercredi 30 mai de 18h à 19h30

L’Épicerie Comptoir – Europole
4 place Robert Schuman
38000 Grenoble

A l’occasion de ses 20 ans en 2018, l’APSE organise un tour de France pour aller à la rencontre de celles et ceux qui s’intéressent aux usages des sciences sociales et de la sociologie dans les contextes professionnels.

Après des rencontres à Toulouse, Lyon et Marseille, nous avons le plaisir de vous convier à la prochaine étape à Grenoble le 30 mai 2018 de 18H à 19H30 à l’Epicerie Comptoir dans le quartier de la gare.

Grenoble

Les étapes du tour de France de l’APSE ont pour objectif d’initier une rencontre entre adhérents et sympathisants de l’APSE, et plus largement avec toutes les personnes (professionnels, consultants, coachs, étudiants, chercheurs…) intéressées par la question des applications concrètes de la sociologie dans l’espace économique et social contemporain.

Venez à notre rencontre pour un moment convivial de découverte de l’APSE, de ses activités et de ses projets ; pour échanger avec d’autres personnes intéressées par les usages de la sociologie dans les univers professionnels, et pour réfléchir ensemble aux activités qui pourraient être développées dans la région, pour dynamiser un réseau local autour de nos thématiques et favoriser les échanges pluridisciplinaires.

Cette rencontre est ouverte à toutes et tous, chacun(e) paye simplement sa consommation auprès de l’établissement qui nous accueille.

Pour des raisons logistiques, merci de vous inscrire en ligne sur le site de l’APSE pour confirmer votre présence – et n’hésitez pas à faire circuler l’invitation largement dans vos réseaux !

https://www.apse-asso.fr/apse-105-rencontre_apse_a_grenoble.htm

La fabrique de l’homme nouveau : travailler, consommer et se taire ?

mardi 22 mai 2018 de 18h30 à 20h30
café du Pont Neuf
14 Quai du Louvre
75001 Paris
Métro Les Halles, Pont Neuf ou Louvre-Rivoli

Dans le cadre de l’atelier de réflexion APSE “travail et numérique” nous vous proposons de venir à la rencontre de Jean-Pierre Durand, autour de son ouvrage La fabrique de l’homme nouveau (Le bord de l’eau, 2017).

Pour Jean-Pierre Durand, Professeur de Sociologie au Centre Pierre Naville (Université d’Évry Paris-Saclay) et directeur de la Nouvelle Revue du Travail, la conjonction de méthodes d’organisation du type lean management et de la financiarisation de l’économie ont rapidement transformé le travail et la consommation jusqu’à faire apparaître un « homme nouveau  » qui doit s’adapter aux conditions du capitalisme contemporain, en acceptant ce qui était hier inacceptable, par une rétractation des aspirations à la liberté et au bonheur.

L’encadrement des salariés et des travailleurs « indépendants » s’est renforcé, de bas en haut de l’édifice productif dans l’industrie et dans les services privés ou publics.
Par ailleurs, les promesses d’autonomie et de satisfaction dans le travail, malgré les progrès technologiques, ne semblent pas tenues.

Pour l’auteur, il en est exactement de même dans la consommation où les engagements des offreurs sont aujourd’hui rarement remplis, en particulier dans les services : le consommateur doit subir l’impersonnalité des dispositifs informatiques et automatisés, devant ainsi se soumettre à une dégradation de la qualité du service.

Alliant des analyses micro-sociologiques à des causes macro-économiques, Jean-Pierre Durand déconstruit les concepts et les pratiques de l’évaluation, de la reconnaissance, du travail des clients, etc. et conclut sur deux scénarios, l’un de régression sociale et l’autre d’un futur au contraire enchanté.

L’atelier “numérique et travail” de l’APSE vous invite à venir échanger avec l’auteur pour découvrir et débattre autour de son analyse, dans un cadre convivial et décontracté.

L’évènement est gratuit et ouvert à toutes et tous, membres ou non de l’APSE. Venez nombreux !

inscription en ligne en cliquant ici

Des usines à colis. Trajectoire ouvrière des entrepôts de la grande distribution.

Dans les entrepôts de la grande distribution alimentaire, l’introduction d’un nouvel outil de travail, le guidage par commande vocale, a considérablement modifié le travail des préparateurs de commande.

Auparavant caractérisée par l’absence d’enchaînement et la possibilité de prendre de l’avance, l’activité de préparation a évolué vers une temporalité restrictive comparable à celle d’un ouvrier sur chaîne.

Sous guidage vocal, « le nez dans le micro », le savoir-faire des préparateurs est réduit à un engagement physique.

L’usage du corps constitue alors une ressource en tant mode d’appropriation du sens au travail, mais également un rempart lorsque des pathologies font apparaître les limites de l’intensification.

Dans le cadre du cycle de conférences consacré aux nouvelles formes du travail, l’APSE, en partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), vous propose de venir échanger sur cette thématique avec David Gaborieau, docteur en sociologie de l’Université Paris 1.

Cette conférence-débat est gratuite et ouverte à toutes et tous, membres ou non de l’APSE… Venez nombreuses et nombreux !

Jeudi 29 mars 2018 de 17h30 à 19h30

Faculté d’Economie et de Gestion
campus Marseille Colbert Ferry
14 rue Puvis de Chavannes (1er arr.)
Marseille

Inscription en ligne en cliquant ici.

Cycle “dialogues en entreprises” 2018

Tout le monde parle du dialogue en entreprise mais les travaux contemporains montrent que, malgré l’enjeu affiché de transparence dans les organisations et la banalisation des dispositifs d’expression, la qualité du dialogue au travail et sur le travail n’est pas forcément au rendez-vous. Ceci pose problème dans un contexte où salariés et managers font part de difficultés insolubles, dans leur activité comme dans les débats autour des moyens et finalités partagées. Selon les travaux empiriques auxquels nous nous référons, les échanges se font à la fois plus rares (par manque de temps et d’interactions directes), plus standardisés (car passés au crible des normes de relation imposées par les dispositifs d’expression) et moins pertinents (car ils ne portent pas forcément sur les « vrais problèmes » entachant la coopération). Les travaux analysant les causes de « mal-vivre au travail » aujourd’hui en France pointent de façon centrale les défaillances des ajustements collectifs et les dégâts causés par l’isolement et l’hyper-responsabilisation des individus. Inventer des nouveaux types de dialogue, par exemple relevant de la « controverse professionnelle » préconisée par exemple Yves Clot, est un enjeu collectif primordial.

C’est cette question centrale que nous mettrons au travail à l’occasion d’un cycle de rencontres-débats.

Ainsi, à la suite de nos échanges du « Café-socio » APSE du 15 mai 2017 , nous vous invitons à poursuivre la réflexion à travers trois évènements : deux  rencontres-débats en mars et mai 2018, présentées ci-dessous, puis un évènement autour des expérimentations ou nouvelles modalités de dialogues menées en entreprises, au dernier trimestre 2018 – les modalités seront précisées ultérieurement.

1-    LE DIALOGUE AU TRAVAIL, UN ENJEU POLITIQUE ? (Paris, 22 mars 2018 à 18h30)

A partir l’ouvrage de Marie-Anne Dujarier, Le management désincarné. Enquête sur les nouveaux cadres au travail (La Découverte, 2015).

Marie-Anne Dujarier propose dans son ouvrage les résultats d’une enquête menée pendant 10 ans dans des grandes organisations publiques et privées sur ces nouveaux cadres qu’elle désigne comme « planneurs » : Ceux qui, au nom de leur faculté théorique à rationaliser l’activité, pensent, diffusent, enrôlent et mettent en œuvre les dispositifs qui encadrent le travail des opérationnels, au détriment des logiques de métiers fondées sur des normes et savoir-faire établis par la pratique. Ce type d’encadrement structure « un rapport social sans relation » sans rencontre, qui « met à distance ce qui embarrasserait sa tâche et pourrait même la paralyser » produisant ainsi un management désincarné.

Marie-Anne Dujarier – sociologue du travail, professeure à l’université de Paris 7 Diderot, chercheuse du laboratoire LCSP et associée du LISE – articule sociologie et approche clinique du travail. Elle a publié L’Idéal au travail (PUF, 2006) et Le travail du consommateur (La Découverte, 2008).

Animation APSE : Catherine Boucher, Elisabeth Grosse (à confirmer)

Plus d’informations et inscription en ligne sur le site de l’APSE (cliquez ici).

2- LA NOVLANGUE MANAGERIALE : « Quand les mots ne collent pas aux choses » (Paris, 24 mai 2018 à 18h30)

Rencontre-débat autour de l’ouvrage d’Agnès Vandevelde-Rougalde, La novlangue managériale. Emprise et résistance (Eres, 2017) et du livre de Michel Feynie, Le « as if » management (Le bord de l’eau, 2012).

Expression formatée, euphémismes, anglicismes codés : la langue de bois managériale comme discours dominant dans les organisations promeut une vision auto-référencée, éloignée du travail réel et hermétique au débat. Quelle est sa fonction ? Est-elle une mise en scène du pouvoir ou un artefact utile au lissage des relations ? Quels sont les mécanismes qui contribuent à la fabrication et à la diffusion de ce discours ? Qu’est ce qui produit chez les récepteurs cette sensation de lien perdu au « réel » et qui anesthésie le dialogue ?

Ethnologue indigène sur son terrain, immergé en tant que salarié au sein de la branche commerciale d’une grande entreprise publique, Michel Feynie nous raconte son enquête minutieuse au pays du « as if » management, c’est-à-dire du management qui fait comme si tout allait bien, qui ignore les problèmes. Au travers des mots employés, il décrit le discours standardisé des dirigeants, porteur d’une fiction idéale de l’entreprise et révèle l’émergence d’une « communauté de langage », des injonctions d’exigence qu’elle véhicule, ainsi que son décalage avec les pratiques quotidiennes des salariés. Il s’intéresse au mal-être au travail généré par cette langue de bois qui « assomme » les salariés et il esquisse des pistes pour s’en protéger.

Michel Feynie est psychologue du travail et docteur en anthropologie. Chargé de cours à l’Université Bordeaux Ségalen, il a publié Les maux du management (Le bord de l’eau, 2010). Il anime des ateliers de réflexion sur le travail et les pratiques de management au sein de l’association Anthropologia.

Agnes Vandevelde-Rougale s’interroge sur les ressorts de l’intériorisation d’un discours managérial dominant par ses destinataires et en analyse les conséquences. Reprenant le terme de « novlangue » avancé par George Orwell dans 1984, elle utilise également l’image d’un virus pour caractériser l’incorporation de ce newspeak gestionnaire, à l’instar de Victor Klemperer qui, en son temps, proposait la métaphore de l’empoisonnement des esprits : « les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps l’effet toxique se fait sentir ». Au-delà du mal-être, Agnès Vandevelde-Rougalde analyse comment l’imaginaire peut être bridé, les émotions et la critique empêchées de s’exprimer.

Agnès Vandevelde-Rougalde, diplômée de l’Ecole supérieure des sciences commerciales d’Angers et docteure en anthropologie et sociologie, est chercheuse associée au Laboratoire du Changement Social et politique (université Paris-Diderot-Paris 7), membre du Comité de rédaction de la revue Interrogations ?, membre du  Réseau International de Sociologie Clinique, membre du réseau thématique « sociologie clinique » de l’Association française de sociologie.

Animation APSE : Olivia Foli (maîtresse de conférences, CELSA-Sorbonne université), Catherine Boucher

Plus d’informations et inscription en ligne sur le site de l’APSE (cliquez ici).

Ce cycle de rencontres APSE est organisé en partenariat avec le CELSA et Nonfiction.