Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution

Camille Lévy, sociologue doctorante à l’Irisso (Paris Dauphine) et au Laboratoire Sense (Orange) a présenté ses travaux d’enquête sur l’utilisation du big data dans les RH.

Grâce à une cinquantaine d’entretiens et à ses nombreuses observations du travail, elle met en évidence les 3 dimensions du sujet : technologiques, analytiques et mythologiques.

Décalage entre promesses et possibilités techniques, substitution de données réelles et exactes par celles déclarés via les réseaux sociaux, valorisation de normes de carrière en vigueur et dépendance des modes managériales, appauvrissement du vocabulaire, génération d’inégalités, manque d’interfaçage des données RH, dispersion des outils et manque de budget… les limites du big data RH sont nombreuses et contredisent les discours qui mettent en avant la neutralité et l’objectivité de ces instruments présentés (à tort pour l’instant) comme prédictifs.

Merci à tous les participant(e)s de la qualité des questions et du débat qui a suivi, et où le rôle de Pole Emploi et de Parcours Sup a été abordé.

Aidez-nous à mieux vous connaître !

L’APSE a 20 ans ! Et si vous nous en disiez un peu plus sur vous ?

A l’occasion de l’assemblée générale exceptionnelle qui aura lieu le 19 janvier prochain (n’oubliez pas de venir nombreuses et nombreux ! cliquez ici pour vous inscrire), nous nous proposons de réfléchir ensemble à une actualisation de notre projet associatif, pour imaginer les orientations, activités et identifier les thématiques qui intéressent les différents publics qui fréquentent de près ou de plus loin l’APSE.

Pour aider à la réflexion, nous avons besoin de mieux vous connaître.
Pourquoi vous intéressez-vous à la sociologie de l’entreprise et de manière plus générale aux sciences sociales dans les univers professionnels ? Avez-vous été formé à la sociologie ? Comment et où ? Pour quelle(s) pratique(s) ? Comment l’APSE peut-elle répondre à vos attentes ?

Remplir ce questionnaire devrait vous prendre environ 10 à 15 minutes, et nous sera très utile !

Les réponses sont anonymes.

Si vous souhaitez par ailleurs vous impliquer dans l’association d’une manière ou d’une autre, à Paris mais aussi en régions, n’hésitez pas à vous faire connaître => contact@apse-asso.fr Merci par avance de votre participation !

Je réponds au questionnaire en ligne en cliquant ici

Dialogue(s) en entreprise – Quelles pistes émergentes ?

jeudi 7 février 2019 de 14h à 18h
A Paris (le lieu sera précisé ultérieurement aux participants, en fonction du nombre d’inscrits)

Notre contexte contemporain d’incertitude généralisée, d’accélération et de changement permanent donne lieu à un besoin criant de dialogue sur où l’on veut aller ensemble et comment s’ajuster collectivement pour avancer.
Cependant les travaux empiriques notamment en sociologie montrent que le dialogue sur les « vrais sujets » est rarement au rendez-vous dans l’entreprise. « On parle… mais de quoi on parle ? » est une remontée des terrains d’enquête qui revient en boucle.

En 2017, l’AFCI publiait en partenariat avec l’APSE un livre blanc sur la parole au travail, suite à une série d’entretiens réalisés dans différents environnements professionnels.
Les contributeurs pointaient en particulier l’omniprésence du numérique et des outils dits collaboratifs qui paradoxalement rendent les échanges plus rares par manque de temps et par défaut d’interactions directes.
Dans le même temps, la banalisation des dispositifs d’expression semble jouer un rôle important dans la standardisation des échanges, passés au crible des normes de relation des dispositifs eux-mêmes.
Au total alors, quelle est la place qui peut être faite à la mise en commun de sens qui caractérise le dialogue ? De cette dernière, l’étymologie du mot rend pourtant si bien compte : à travers (dia) le discours (logos). 

S’intéresser de manière précise au dialogue en entreprise devient ainsi un enjeu primordial.
Le présent cycle de rencontres-débats de l’APSE cherche à l’explorer en questionnant sa réalité, ses limites et ses freins, en observant les formes de dialogue en présence, et en identifiant de nouvelles, en émergence.

Après un « café socio » entre adhérents, deux rencontres ont eu lieu autour de travaux de recherche.

Avec Agnès Vandevelde-Rougalde et Michel Feynie, c’est le rôle du langage dans le dialogue en entreprise qui a été questionné. Quels sont les effets de l’émergence d’une « novlangue » managériale, de « mots qui ne collent pas aux choses », sur le développement d’un dialogue empêché en entreprise ?

Marie-Anne Dujarier quant à elle s’est penchée sur l’activité qui serait de plus en plus pensée à distance de ceux qui la vivent, à travers des dispositifs standardisés, et l’action de « planneurs » qui mettent à distance les logiques de métiers et les savoir-faire pratiques au profit de « rapport social sans relation » et de « management désincarné » où le dialogue n’a simplement plus d’intérêt puisqu’il embarrasserait la tâche de rationalisation et les changements successifs et accélérés.
C’est au total la question du pourquoi qui apparaît évacuée, les dispositifs portant surtout sur eux-mêmes.
Au-delà d’une simple banalisation du dialogue il nous semble que c’est d’une forme de fausse participation, de destruction de l’envie et de la capacité de dialogue qu’il s’agirait. Le cercle, vicieux, peut bien alors se refermer…

Pour le quatrième moment de ce cycle, l’APSE propose d’ouvrir la réflexion pour questionner l’émergence de nouvelles formes de dialogue au travail.
Quel peut être l’apport spécifique de la sociologie de l’entreprise dans sa double dimension théorique et pratique, mais aussi d’autres d’approches en sciences sociales, pour sortir de la banalisation du dialogue dans l’entreprise et en faire, bien au contraire, une ressource stratégique adaptée aux transformations contemporaines et contributive de nouvelles dynamiques de développement social ?

Concrètement, cette rencontre s’articulera dans un premier temps autour de deux témoignages sur des formes émergentes de dialogue en entreprise :

Un premier témoignage portera sur la mise en place d’un dispositif méthodologique d’expression et de concertation (D.I.R.E.C.T), pour développer la qualité de vie au travail, et par là même la qualité du service, dans le département d’un grand groupe du secteur assurances.
Il apportera des éclairages sur une démarche rigoureuse, construite autour d’échanges collectifs, qui jette un pont entre expression et action.
Ce dispositif cherche à développer la capacité à élaborer collectivement à tous les niveaux hiérarchiques une réflexion sur son travail et à dialoguer en trouvant ensemble des réponses.
Il s’appuie sur les travaux théoriques de Gérard Mendel qui montrent que des effets opposés apparaissent en fonction du pouvoir que le sujet a ou non sur ses actes : démotivation et souffrance quand le pouvoir est empêché, plaisir et créativité quand les sujets se le réapproprient.
Ce témoignage sera porté par Catherine Boucher (intervenante, Cyrcée) et Claire Rueff-Escoubes (intervenante Agasp, collectif de recherche fondé par Gérard Mendel)

Un deuxième témoignage portera sur une action collective de développement du leadership à l’échelle d’un département de recherche dans un grand organisme de recherche publique.
Reposant sur un diagnostic sociologique, l’action s’est construite en une réflexion collective et contextualisée sur la notion de leadership, aussi fréquemment utilisée dans le contexte de la recherche que peu travaillée.
Un dialogue dans la durée, systémique et décloisonné, en a émergé au sein du collectif, sur des sujets à forts enjeux tant scientifiques que professionnels et institutionnels.
Ce témoignage sera porté par May Balabane – Parent du Châtelet (précédemment chercheure à l’Inra en charge d’une mission d’accompagnement de la recherche) et Guy Richard (Directeur de la DEPE – Délégation à l’Expertise scientifique collective, à la Prospective et aux Études – à l’Inra ; précédemment chef de département de recherche à l’Inra).

Nous proposerons ensuite des discussions en petits groupes de participants puis en plénière, nourris tant par ces témoignages que par l’expérience de chacun.

Cette rencontre sera animée par May Balabane – Parent du Châtelet (Vice-présidente de l’APSE), Grégory Lévis (Président de l’APSE), Olivia Foli (Maîtresse de conférences, CELSA-Sorbonne université), Catherine Boucher (intervenante, Cyrcée) et Danièle Cerland-Kamelgarn (Vice-présidente de l’APSE).

Ce cycle de rencontres APSE est réalisé en partenariat avec le CELSA-Sorbonne Université et Nonfiction.

Inscription en ligne : Cliquer ici

Le big data RH, enquête sur une (non) révolution

jeudi 24 janvier 2019 de 17h30 à 19h

Faculté d’Economie et de Gestion d’Aix-Marseille
Campus Marseille-Centre
Site Colbert
14, rue Puvis de Chavannes
13231 Marseille

(Amphi B)

Les outils big data sont de plus en plus présentés comme la solution révolutionnaire pour les services RH.

Comment ces outils fonctionnent-ils, quelles sont les conséquences organisationnelles et sociales des choix techniques effectués, dans quelle mesure les collectifs de travail dans les services RH s’approprient-ils ces outils ?

Il faut pour répondre à ses questions resituer les outils big data RH dans leurs contextes sociaux et organisationnels, voir comment ils s’inscrivent dans l’évolution globale des politiques ressources humaines et dans les transformations propres à une organisation.

A travers une enquête qualitative auprès de commanditaires, de concepteurs et d’utilisateurs, on peut percevoir le décalage entre la mythologie entourant ces dispositifs, leurs (dys)fonctionnements et leur difficile intégration dans le quotidien des services RH.

Pour nous aider à y voir plus clair, nous recevons Camille Lévy, Université Paris Dauphine, IRISSO, Orange Labs.

Inscription en ligne en cliquant ici

On n’a pas tous les jours 20 ans ! (Assemblée Générale)

samedi 19 janvier 2019 de 11h à 17h
Espace Cléry
17 rue de Cléry
75002 Paris
 
Je m’inscris !

Le Conseil d’Administration vous invite à venir célébrer les 20 ans de l’APSE lors d’une Assemblée Générale Extraordinaire, qui se tiendra le samedi 19 janvier 2019.

Et puisqu’on n’a pas tous les jours 20 ans, même pour une association, nous vous proposons de prendre le temps d’échanger et de réfléchir ensemble sur le projet de l’association pour les années à venir, avec un format convivial entre les formalités administratives habituelles de l’association, un repas pour faire davantage connaissance et des ateliers d’échange pour actualiser les orientations de l’association et imaginer les activités à proposer à nos adhérents et sympathisants.

L’ordre du jour de cette assemblée générale :
 

11 : 30 – 12 : 30    Rapport moral et financier, validation des comptes, quitus de gestion du bureau actuel

12 : 30 – 13 : 45    Déjeuner sous forme de buffet pour mieux nous connaître

13: 45 – 16 : 30    Point d’étape de 20 années de l’APSE et échanges en ateliers conviviaux sur le futur de l’APSE : quelle actualisation du projet associatif ? quelles activités ? quelles thématiques ?

16 :30 – 17 :00    Renouvellement des mandats du Conseil d’Administration pour porter ce projet associatif actualisé

17 :00               Clôture de l’Assemblée Générale

Cette assemblée générale extraordinaire est ouverte à toutes et à tous, adhérent(e)s ou non.
Venez nombreuses et nombreux pour réfléchir au projet de l’association pour les années à venir !
Ce moment de rencontre est l’occasion de faire davantage connaissance et de fédérer les énergies pour promouvoir les usages de la sociologie et des sciences sociales dans les univers professionnels.

Quelques informations importantes : 

– Pour pouvoir participer aux votes, les adhérents doivent être à jour de leur cotisation au moment de l’AG.
Cliquez ici pour adhérer (ou ré-adhérer) en ligne en quelques clics
 (les adhésions sont valables un an de date à date).

– Les personnes souhaitant se présenter comme membre du Conseil d’Administration sont invitées à se faire connaitre auprès du secrétariat de l’association (contact@apse-asso.fr) avant le 10 janvier 2019 ; merci de bien vouloir dans ce cas nous transmettre un CV et vos motivations pour rejoindre le Conseil d’Administration de l’APSE ; chaque candidature fera l’objet d’un vote des adhérents lors de l’assemblée générale. Les administrateurs sont élus pour une durée de 3 ans et s’engagent à participer pleinement au fonctionnement interne de l’association, en particulier pour l’organisation des évènements.

– si vous ne pouvez pas participer à cette assemblée générale, vous pouvez transmettre un pouvoir à la personne de votre choix ou à un membre du bureau, afin que votre vote soit pris en compte. Dans ce cas, merci de nous écrire à contact@apse-asso.fr

Nous souhaitons que cette assemblée générale extraordinaire soit le reflet de la diversité de notre association, des multiples regards portés depuis 20 années sur le monde de l’entreprise, du travail et la société dans son ensemble, et l’exploration de pistes prospectives pour les années à venir à destination de nos différents participants : sociologues praticiens, chercheurs, doctorants, enseignants, étudiants, consultants, professionnels et toutes les personnes qui s’intéressent aux usages de la sociologie pour mieux comprendre et transformer les environnements professionnels.

Pour cela, nous avons besoin d’énergie, de bonne humeur et de réflexions pour les années à venir !
Vous aimeriez vous investir dans l’organisation de l’APSE ?
Vous avez des idées d’évènements, de thématiques ?
Vous aimeriez tout simplement apporter votre soutien à l’association ?
Vouz n’avez jamais eu l’occasion de participer à nos évènements ?
Vous avez perdu le contact avec l’association ?
Venez participer à cette assemblée générale extraordinaire des 20 ans de l’APSE !

Une participation aux frais d’organisation, de location du lieu pour nos échanges et de repas est à régler lors de l’inscription (5 euros pour les adhérents, 25 euros si vous ne souhaitez pas cotiser à l’association).

Si vous n’êtes pas à Paris ou pas disponible le 19 janvier, n’oubliez pas également qu’une manière de soutenir le projet que nous portons – et ainsi de contribuer à la visibilité de la sociologie de l’entreprise – est d’adhérer (ou ré-adhérer) à l’APSE.
Le montant de l’adhésion de chacun nous permet de financer les évènements pour les rendre accessibles au plus grand nombre et de permettre la communication de l’association. Votre soutien est très important pour nous !

Cliquez ici pour (ré)adhérer en ligne à l’APSE en quelques clics

Inscription en ligne :Cliquer ici

Sociologies Pratiques n° 37 – Des sociologues sur le fil de la demande

Quand les sociologues répondent à des commandes, comment y répondent-ils ?
Les reformulent-ils pour faire émerger ce qu’ils considèrent comme des demandes sous-jacentes ?
Sont-ils au contraire instrumentalisés ?
Quelles pratiques d’enquête et de restitutions proposent-ils pour répondre aux commanditaires ?
Celles-ci favorisentelles les échanges entre les sociologues et les acteurs de terrain, les décideurs, les citoyens… ?
La sociologie y trouve-t-elle l’occasion de moderniser ses théories et concepts et de consolider sa pertinence en écho aux interrogations de nos sociétés ?

Entretien avec Annie THÉBAUD-MONY
PIERRE MOISSET

Entretien avec Michel WIEVIORKA
FRANÇOIS GRANIER

Sociologie et recherche inclusive : prospective collaborative pour un agenda de recherche sur l’eau
CHARLES DE GODOY LESKI
VINCENT MARQUET
DENIS SALLES

L’expertise en sciences sociales : une affaire politique ?
DANIEL BENAMOUZIG
OLIVIER BORRAZ
JEAN-NOËL JOUZEL
DANIELLE SALOMON

Le chercheur au chevet de la démocratie ?
RÉMI LEFEBVRE
MARTINE LEGRIS

La place de la sociologie au sein d’une recherche-action collaborative
ÉRIC BOUTROY
BASTIEN SOULÉ

Une pédagogie impliquée. Les défis d’une coopération citoyenne sur les enjeux urbains
AGNÈS DEBOULET
CLAUDETTE LAFAYE

La recherche-action dans le champ de la lutte contre les exclusions
MARIE LOISON-LERUSTE
ANNE PETIAU

Mettre en place une pédagogie rationnelle
SANDRINE GARCIA
ANNE-CLAUDINE OLLER

Comment faire de la sociologie publique ?
MONIQUE HIRSCHHORN

Disponible :

En format numérique sur www.cairn.info

En version papier sur les Presses de Sciences Po  

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Les nouvelles frontières du travail – cycle de conférences-débats

En partenariat entre les Masters RH de la Faculté d’Economie Gestion (Université Aix-Marseille) et le LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail), l’APSE organise cette année un nouveau cycle de conférences sur les enjeux et les problématiques actuelles du travail.

Pour cette quatrième année de conférences, nous poursuivons le cycle consacré aux nouvelles formes du travail. Comment les principes et les modalités d’organisation de l’activité de travail se transforment-elles aujourd’hui dans les organisations ? Comment contribuent-elles à modifier les conditions de l’activité des salariés et les modalités de l’engagement dans leur travail ? Comment contribuent-elles à déplacer les frontières traditionnelles du monde du travail et les rapports sociaux de production ? Quelles sont les conséquences de ces nouvelles formes de travail sur celles et ceux qui le réalisent comme sur celles et ceux qui l’encadrent ? Telles sont les questions auxquelles ces conférences chercheront à apporter des éléments de réponse.

Ouvertes à toutes et tous, étudiants, représentants du personnel, professionnels des RH et salariés, chercheurs, consultants et praticiens des sciences sociales, ces conférences sont organisées autour de la présentation, par leurs auteurs, de récents ouvrages de sciences sociales, consacrés à l’étude des transformations du monde du travail et des pratiques de management dans les établissements français.

Pour aborder cette réflexion, et dans le prolongement des trois premières éditions de ce cycle de conférences, les auteurs invités ont réalisé des travaux de recherche adossés à des enquêtes de terrain approfondies. Ils permettent de ce point de vue de réfléchir d’une part à ce que produisent concrètement les dispositifs de management sur le terrain et d’autre part, à la manière dont la réalité du travail vécu peut permettre l’invention de nouvelles réponses individuelles et collectives. Chaque présentation par les auteurs sera suivie d’une discussion avec le public.

PROGRAMME DES CONFERENCES DE CE CYCLE

11 octobre 2018, 17h30-19h (FEG Marseille)
Thomas Coutrot, Economiste et statisticien du travail, «Libérer le travail, pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer.»

La moitié des Français expriment un mal-être au travail. Une organisation néo-taylorienne soumise au rendement financier est en train de détruire notre monde commun. Cette machine à extraire le profit écrase le travail vivant.

Contre les « réformes » néolibérales du travail et l’ubérisation, on a raison de lutter. Mais pour défendre les conquêtes du salariat et prendre soin du monde, il nous faut repenser le travail. Nous avons besoin d’un souffle nouveau, d’un « avenir désirable ».

La gauche politique et syndicale a trop longtemps privilégié le pouvoir d’achat au pouvoir d’agir dans le travail. Paradoxalement, les innovations dans ce domaine sont d’abord venues des managers : « l’entreprise libérée » inspire des initiatives patronales souvent futiles et parfois stimulantes. Et si on libérait le travail, vraiment ? C’est possible : ce livre en fait la démonstration !

22 novembre 2018, 17h30-19h (FEG Aix)
Marie-Christine Bureau, chargée de recherche CNRS, chercheur au CNAM et au Lise, «Makers, enquête sur les laboratoires du changement social.»

La révolution technologique dont l’imprimante 3D n’est qu’un des vecteurs les plus médiatiques a d’abord été portée dans des espaces qui ressemblent davantage à des garages qu’à des laboratoires de pointe. Animés par une même volonté de bricoler, détourner, récupérer, inventer, leurs promoteurs, les makers, sont à l’origine d’un mouvement culturel de transformation, par la pratique, des manières de faire, de produire par soi-même, de consommer et d’apprendre, inspirées par un principe de libre accès aux outils et aux savoirs, ils ambitionnent de transformer leur environnement, leur vie quotidienne, voire la société tout entière.

Cet ouvrage, issu d’une enquête au long cours, nous ouvre les portes d’une trentaine de hackerspaces, fab labs, hacklabs et autres tiers-lieux en France et à  l’étranger afin de comprendre ce que font concrètement les makers et l’impact de leur action.

En analysant les valeurs communes comme les tensions qui structurent le monde du « faire ensemble », il prend au sérieux ses promesses de rupture avec le capitalisme et l’ordre industriel dominant pour les interroger. A quelles conditions ces nouveaux modèles de travail et de coopération constituent-ils une alternative durable pour la société de demain ?

24 janvier 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Camille Lévy, Université Paris Dauphine, IRISSO, Orange Labs, «Les outils big data RH, enquête sur une (non) révolution.»

Les outils big data sont de plus en plus présentés comme la solution révolutionnaire pour les services RH. Comment ces outils fonctionnent-ils, quelles sont les conséquences organisationnelles et sociales des choix techniques effectués, dans quelle mesure les collectifs de travail dans les services RH s’approprient-ils ces outils ? Il faut pour répondre à ses questions resituer les outils big data RH dans leurs contextes sociaux et organisationnels, voir comment ils s’inscrivent dans l’évolution globale des politiques ressources humaines et dans les transformations propres à une organisation. A travers une enquête qualitative auprès des commanditaires, des concepteurs et des utilisateurs, on peut percevoir le décalage entre la mythologie entourant ces dispositifs, leurs (dys)fonctionnements et leur difficile intégration dans le quotidien des services RH.

21 mars 2019, 17h30-19h (FEG Marseille)
Guillaume Gourgues, Maitre de conférences en Science Politique Université de Franche-Comté, «Pourquoi ils ont tué Lip, de la victoire ouvrière au tournant néolibéral.»

Cet ouvrage propose de suivre l’hypothèse d’une mise à mort politique de l’entreprise horlogère, en la réinscrivant dans un tournant néolibéral qui la dépasse et l’explique. Engagés dans un travail commun, explorant des séries d’archives inédites, Claude Neuschwander et Guillaume Gourgues retracent ici méticuleusement cet épisode majeur de l’histoire du capitalisme français qu’a été la relance de Lip.

Considérer la fin de Lip comme le résultat d’une stratégie délibérée débouche sur une lecture nouvelle de l’ordre néolibéral actuel qui s’enracine précisément dans cette seconde moitié des années 1970. Cet ouvrage rappelle que le fonctionnement de l’économie se fonde largement sur des choix politiques, et que les licenciements n’ont pas toujours été considérés comme une inévitable loi du marché ou une variable d’ajustement nécessaire de la compétitivité des firmes.

[Appel à communications] TRAVAILLER DEMAIN ? NORMES, TERRITOIRES ET COMPÉTENCES ?

A l’occasion des 17° et 18° rencontres sur la prospective des métiers (29/30 novembre 2018), nous avons reçu cet appel à communications de la revue Management&Avenir qui peut intéresser notre réseau.


Les transformations actuelles de la société et du monde en général viennent questionner les formes du travail et les modalités de piloter les personnes et les organisations. À l’heure des organisations plus « libérées », des réformes structurelles de la formation professionnelle entre autres, des innovations numériques, des attentes renouvelées des collaborateurs, etc., c’est finalement la question du travail, de ses représentations, de ses enjeux, de ses modalités de pilotage, de ses acteurs, etc. qui se trouve au centre des débats. Les enjeux de demain, dans un monde nouveau, reconfiguré nous interrogent sur les mutations en cours, les adaptations nécessaires, les accompagnements possibles.

L’ubérisation du travail, l’explosion des travailleurs indépendants, l’évolution du travail à la carte via des plates-formes numériques, bousculent déjà les formes de travail classiques et soulèvent des questionnements, des craintes quant à l’avenir du travail de demain.

Le travail demain : comment ?, pourquoi ? où ? avec qui ? Toutes ces questions liées au sens du travail, aux modalités du travail, aux acteurs, aux lieux et conditions de travail, mais aussi aux compétences nécessaires sont autant de sujets qui conduisent chercheurs et praticiens à se réunir pour en débattre afin d’éclairer au mieux le champ des possibles. Si la loi sur la liberté de choisir son avenir professionnel dessine les orientations, les modalités pratiques, les ruptures qu’elle génère et les inquiétudes qu’elle suscite doivent nous permettre de poser les bases d’un cadre renouvelé, postmoderne dirons certains, du vivre ensemble et du travailler ensemble. Dans ce contexte, quels rôles pourront /devront jouer les dirigeants, DRH/RRH, managers… Assisterons-nous à une remise en cause des pratiques classiques de gestion au profit de pratiques managériales plus contemporaines plus respectueuses et plus « démocratiques » ?, quels rôles les normes, les territoires, les règles auront à prendre dans ces nouveaux écosytèmes qui structureront le travail de demain ?

À cette occasion, les initiatives des rencontres historiques de Prospective des Métiers et les Rencontres Interdisciplinaires se regroupent afin d’organiser deux journées de réflexion et de construction de pistes d’action opérationnelles autour du thème : Travailler demain. Les déclinaisons de ce thème seront concentrées autour de la problématique des normes et de leurs évolutions, des enjeux de territoire (territorial et thématique) et des enjeux de montée en compétences au regard des mutations du travail. Ce colloque commun sera également l’occasion d’asseoir le groupe interdisciplinaire PIMS (Prospective et Innovations Managériales et Sociales, hébergé à la MRSH Caen Université).

Les principaux thèmes qui pourront être débattus lors de ces rencontres sont les suivants :

– les mutations du travail et les nouveaux paradigmes
– les compétences de demain
– les enjeux des soft skills
– les organisations de demain
– le management et la cybercriminalité
– l’avenir des relations humaines
– l’expérience collaborateur
– le pilotage RH dans une logique de “bien commun”
– le pilotage managérial à l’ère postmoderne
– le manager de demain
– le travail dans les métiers du « care » ;
– les nouvelles formes d’engagement au travail
– les enjeux de carrières et des trajectoires professionnelles
– les organisations de demain et leurs frontières
– le vocabulaire pour parler du travail demain
– les méthodes, outils et pratiques pour penser le travail demain
– les parcours de développement des compétences demain
– les pratiques d’orientation renouvelées sur les métiers et compétences dits de gestion
– les innovations pédagogiques de demain
– les approches de santé et bien-être au travail demain
– les configurations du travail de demain
– les spécificités sectorielles des approches managériales et prospectives
– Les spécificités demain du management public et territorial
– les enjeux de l’interdisciplinarité pour penser le management de demain
– les mots de demain pour penser l’action territoriale –
– management et gouvernance : quelles perspectives demain ? –
– rupture de paradigme sociétal et managérial et visions des collectivités territoriales de demain
– bien commun et management
– New management public et postmodernité – Numérique et intelligence économique territoriale
– les mutations des métiers de l’Administration territoriale – dans les secteurs de l’urbanisme, de la commande publique, de l’aide et de l’action sociales etc.
– normes, droit et management
– les enjeux du territoire pour le travail de demain
– etc.

Remise des communications : 10 octobre 2018
Retour des évaluateurs :
10 novembre 2018

Pour plus d’informations, télécharger l’Appel à communication au format PDF

De l’innovation technologique à la transformation sociale / Journées du Risque (Nantes, 11/12 septembre 2018)

L’APSE est partenaire des Journées du Risque 2018

ESCALES AUTOUR DU NUMÉRIQUE
De l’innovation technologique à la transformation sociale

11 & 12 septembre 2018 à la Cité des Congrès de Nantes

Les Journées du Risque organisées dans le cadre de la Chaire RITE visent à initier des débats interdisciplinaires sur la mesure du risque, ses représentations sociales et les processus de régulation et de décision.

Chercheurs et industriels sont conviés à présenter leurs recherches et faire part des problématiques auxquelles sont confrontées leurs entreprises dans un contexte de transformation du monde du travail.

Les Journées seront organisées sous la forme de 7 Escales :

Escale 1 : Industrie du futur : un nouveau monde industriel ? Innovations technologiques et nouveaux modes de production
Escale 2 : Les Organisations à l’ère du numérique
Escale 3 : Le travail à l’ère du numérique
Escale 4 : Numérique et habitat (Recherche-Action menée auprès de 6 organismes d’habitat social)
Escale 5 : Transition industrielle et enjeux éthiques de la “nouvelle économie”
Escale 6 : De la donnée à la connaissance : Big Data et Intelligence Artificielle
Escale 7 : Société de demain : Compétences et nouveaux métiers

Le colloque s’inscrit en préambule de la Nantes Digital Week

Programme détaillé et modalités d’inscription disponibles sur le site des Journées du Risque 2018.